Mois: septembre 2015

Chaque semaine, Sève propose une parole biblique que chacun reçoit comme si elle lui était adressée personnellement pour éclairer sa vie aujourd’hui. Les membres de Sève méditent chaque jour cette parole et la partagent lors de leurs réunions régulières, pour se laisser transformer personnellement et ensemble.

du 28 septembre au 4 octobre 2015

C’est le Christ que nous annonçons, avertissant chacun, instruisant chacun en toute sagesse, afin de rendre chacun parfait en Christ.

– Col 1, 28

Evangile du 4 octobre 2015

Mc 10, 2-16
Des Pharisiens s’avancèrent et, pour lui tendre un piège, ils lui demandaient s’il est permis à un homme de répudier sa femme. Il leur répondit : « Qu’est-ce que Moïse vous a prescrit ? » Ils dirent : « Moïse a permis d’écrire un certificat de répudiation et de renvoyer sa femme. » Jésus leur dit : « C’est à cause de la dureté de votre cœur qu’il a écrit pour vous ce commandement. Mais au commencement du monde, Dieu les fit mâle et femelle ; c’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme, et les deux ne feront qu’une seule chair. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a uni. » A la maison, les disciples l’interrogeaient de nouveau sur ce sujet. Il leur dit : « Si quelqu’un répudie sa femme et en épouse une autre, il est adultère à l’égard de la première ; et si la femme répudie son mari et en épouse un autre, elle est adultère. »
Des gens lui amenaient des enfants pour qu’il les touche, mais les disciples les rabrouèrent. En voyant cela, Jésus s’indigna et leur dit : « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le Royaume de Dieu est à ceux qui sont comme eux. En vérité, je vous le déclare, qui n’accueille pas le Royaume de Dieu comme un enfant n’y entrera pas. » Et il les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains.

Ils ne feront qu’une seule chair …

Lorsqu’il s’agit des épousailles de créatures humaines, marquées de la ressemblance divine, comment pourrions-nous limiter le dessein de Dieu à la seule procréation de l’espèce humaine, comme toute autre espèce, alors que la vie humaine est appelée à partager progressivement la vie divine afin de la refléter et qu’elle soit totalement orientée à sa gloire !
Dans cette perspective, le mariage chrétien apparaît davantage comme une vivante approche et un humain reflet de la vie trinitaire.
Le libre engagement d’amour dont les époux doivent être réciproquement le sujet et l’objet l’un envers l’autre fait d’abord du mariage chrétien le vivant apprentissage de l’éternelle communion d’Amour à laquelle sont destinés tous les enfants du Père.
Cette communion, pour parvenir à sa plénitude, suppose le labeur de toute une vie. Elle entraîne peu à peu les époux vers l’accomplissement d’un foyer, au sens propre du terme. Foyer d’amour, ce lieu de la fusion, image et approche du foyer parfait : le foyer trinitaire, ce foyer de Vie divine auquel nous sommes tous surnaturellement destinés. […]
C’est avant tout à cette lumière que je comprends pourquoi le mariage donne lieu à un sacrement et pourquoi la consécration de son union devant Dieu, l’éternel Amour, marque le couple chrétien de son sceau indélébile. Car en même temps qu’elle lui impose la fidélité absolue de son amour et l’indissolubilité de son union, elle lui assure le secours de l’Eternel et le soutien de son Eglise.

Marguerite Ph. Hoppenot
LE TEMPS DU FEU :
Au nom de Dieu ?

du 21 au 28 septembre 2015

Ne vous conformez pas au monde présent mais soyez transformés par le renouvellement de votre intelligence, pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bien, ce qui lui est agréable, ce qui est parfait.

– Rm 12, 2

Evangile du 27 septembre 2015

Mc 9, 38-43, 45, 47-48

Jean lui dit : « Maître, nous avons vu quelqu’un qui chassait les démons en ton nom et nous avons cherché à l’en empêcher parce qu’il ne nous suivait pas. » Mais Jésus dit : « Ne l’empêchez pas, car il n’y a personne qui fasse un miracle en mon nom et puisse, aussitôt après, mal parler de moi. Celui qui n’est pas contre nous est pour nous. Quiconque vous donnera à boire un verre d’eau parce que vous appartenez au Christ, en vérité, je vous le déclare, il ne perdra pas sa récompense.
« Quiconque entraîne la chute d’un seul de ces petits qui croient, il vaut mieux pour lui qu’on lui attache au cou une grosse meule, et qu’on le jette à la mer. Si ta main entraîne ta chute, coupe-la ; il vaut mieux que tu entres manchot dans la vie que d’aller avec tes deux mains dans la géhenne, dans le feu qui ne s’éteint pas. Si ton pied entraîne ta chute, coupe-le ; il vaut mieux que tu entres estropié dans la vie que d’être jeté avec tes deux pieds dans la géhenne. Et si ton œil entraîne ta chute, arrache-le ; il vaut mieux que tu entres borgne dans le Royaume de Dieu que d’être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne, où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas.

Quel détachement ?

Il n’est pas question ici des exercices de détachement pratiqués comme mesure d’hygiène de l’âme, ainsi que le sont, dans l’ordre physique, les exercices de gymnastique pour l’assouplissement du corps. Non, c’est du détachement considéré comme un chemin de vie spirituelle que nous parlerons ici. […]
Dans une vie spirituelle, le détachement ne saurait être qu’un état transitoire : soit qu’il conditionne le passage à un attachement supérieur, soit qu’il en soit la manifestation.
En tout état de cause, condition ou manifestation, un détachement de croissance ne peut être que le moyen ou l’expression d’un plus grand amour en nous. […]
Dans ces perspectives, certains attachements se révèlent progressivement à nous comme un douloureux obstacle à la croissance du Christ en nous. Cette souffrance nous pousse alors, presque d’elle-même, à nous en libérer.
Exigence libératrice, condition de notre plus intime communion à Celui qui, en nous, veut devenir notre vie. […]
Détachement et attachement sont les deux temps inséparables d’un même acte, qui est une victoire de l’amour en nous.
N’oublions jamais que le Seigneur est le Dieu des vivants et non le Dieu des morts, et que la greffe de Jésus-Christ ne peut prendre sur une mort que nous lui abandonnerions, mais sur une vie que nous lui offrons pour avoir part à sa sève.

Marguerite Ph. Hoppenot
VERS LE ROYAUME :
Détachement de croissance

L’actualité nous interpelle

En cette rentrée, comme chacun d’entre vous, nous sommes touchés et questionnés par la violence de l’actualité : la survie de notre planète, l’afflux de réfugiés de guerre à toutes les portes de l’Europe balaient toutes nos certitudes et nos indifférences…

Aujourd’hui, recevons ce passage écrit par Christian de Chergé, à Tibhirine :

Dieu a tant aimé les hommes qu’Il leur a donné son Unique : et le verbe s’est fait FRÈRE, frère d’Abel et aussi de Caïn, frère d’Isaac et d’Ismaël à la fois, frère de Joseph et des onze autres qui le vendirent, frère de la plaine et frère de la montagne, frère de Pierre, de Judas et de l’un et l’autre en moi.

Et aussi celui de Marguerite Hoppenot :

A l’heure actuelle du monde où l’on cherche toutes les énergies de remplacement, on méconnait la source d’énergie fantastique contenue dans le cœur de l’homme… J’ai la conviction que si un atome peut désagréger le monde, un atome d’une autre nature pourrait être « agrégateur du monde ! »

Puissions-nous nous reconnaître frères et sœurs de ceux qui nous paraissent le plus lointain et ne jamais renoncer à l’espoir de réconciliation au cœur de tout conflit.
Que nous apprenions à nous détourner de l’ennemi de la paix qui est aussi en nous afin que nous puissions construire un monde plus juste et plus fraternel.

Devant un tel enjeu, quel que soit le terrain qui nous est imparti ou les circonstances dans lesquelles nous nous trouvons, c’est l’affaire de tous. Alors croyons-nous vraiment en la puissance et aux promesses de l’Esprit Saint ?

La communauté fondamentale

du 14 au 20 septembre 2015

Forts de ce même esprit de foi dont il est écrit : j’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé, nous croyons nous aussi, et c’est pourquoi nous parlons.

– 2 Co 4, 13

Évangile du 20 septembre 2015

Mc 9, 30-31
Partis de là, ils traversaient la Galilée et Jésus ne voulait pas qu’on le sache. Car il enseignait ses disciples et leur disait : « Le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, lorsqu’il aura été tué, trois jours après il ressuscitera. » Mais ils ne comprenaient pas cette parole et craignaient de l’interroger.
Ils allèrent à Capharnaüm. Une fois à la maison, Jésus leur demandait : « De quoi discutiez-vous en chemin ? » Mais ils se taisaient, car, en chemin, ils s’étaient querellés pour savoir qui était le plus grand. Jésus s’assit et il appela les Douze ; il leur dit : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » Et prenant un enfant, il le plaça au milieu d’eux et, après l’avoir embrassé, il leur dit : « Qui accueille en mon nom un enfant comme celui-là, m’accueille moi-même ; et qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. »

Etre le premier …

Nous voulons bien aimer Dieu – notre prochain, c’est déjà plus difficile – mais en continuant à nous préférer nous-mêmes et tous nos avoirs.
Ah ! le partage de notre cœur… C’est la pierre d’achoppement de notre christianisme. Nous voulons profiter des avantages de toutes les situations. Nous n’acceptons pas le risque de la foi et de l’amour. Nous ne jouons pas le jeu. […]
Dieu sait que l’homme a besoin de bonheur et de sécurité. N’a-t-il pas voulu nous donner bien plus que toutes nos fausses sécurités ?

Marguerite Ph. Hoppenot
VERS LE ROYAUME :
Si le sel ne sale plus

Evangile du 13 septembre 2015

Mc 8, 27-35

Jésus s’en alla avec ses disciples vers les villages voisins de Césarée de Philippe. En chemin, il interrogeait ses disciples : « Qui suis-je, au dire des hommes ? » Ils lui dirent : « Jean le Baptiste ; pour d’autres, Elie ; pour d’autres, l’un des prophètes. » Et lui leur demandait : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? » Prenant la parole, Pierre lui répond : « Tu es le Christ. » Et il leur commanda sévèrement de ne parler de lui à personne.
Puis il commença à leur enseigner qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit mis à mort et que, trois jours après, il ressuscite. Il tenait ouvertement ce langage. Pierre, le tirant à part, se mit à le réprimander. Mais lui, se retournant et voyant ses disciples, réprimanda Pierre ; il lui dit : « Retire-toi ! Derrière moi, Satan, car tes vues ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »
Puis il fit venir la foule avec ses disciples et il leur dit : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même et prenne sa croix, et qu’il me suive. En effet, qui veut sauver sa vie, la perdra ; mais qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile, la sauvera.

« Qui dites-vous que je suis ? »

La première réponse : Prophète ou Messie annoncé ? La majorité des hommes répond, et répond encore prophète. […]
La deuxième réponse : Le Messie, le Fils du Dieu Vivant, venu révéler aux hommes le visage de Dieu. […]
La troisième réponse : Jésus-Christ venu révéler le visage de son Père mais venant aussi révéler l’homme à lui-même. Pleinement homme, pleinement Dieu, Jésus-Christ porte en Lui la double révélation et du visage humain de Dieu et du visage divin de l’homme. Jésus-Christ venu appeler les hommes à se laisser engendrer, à sa suite, par l’Esprit de Dieu afin de devenir fils de Dieu, des fils imparfaits bien sûr, à la suite du Fils parfait. Jésus-Christ appelant les hommes à prolonger jusqu’à la fin des temps, à leur petite échelle humaine, mais alors tous ensemble, le mystère de l’incarnation de la vie de Dieu dans le monde.
Jésus-Christ est donc non seulement le messager mais encore le message vivant.

Marguerite Ph. Hoppenot
Bulletin Sève n° 151

du 7 au 13 septembre 2015

De même que la pluie et la neige descendent des cieux et n’y retournent pas sans avoir arrosé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer pour fournir la semence au semeur et le pain à manger, ainsi en est-il de la parole qui sort de ma bouche, elle ne revient pas vers moi sans effet, sans avoir accompli ce que j’ai voulu et réalisé l’objet de sa mission.

– Is 55, 10-11