Mois: février 2017

Chaque semaine, Sève propose une parole biblique que chacun reçoit comme si elle lui était adressée personnellement pour éclairer sa vie aujourd’hui. Les membres de Sève méditent chaque jour cette parole et la partagent lors de leurs réunions régulières, pour se laisser transformer personnellement et ensemble.

du 27 février au 5 mars

« Dieu créa l’homme à son image, à son image Il le fit, homme et femme Il les créa. »
Gn 1, 27

Évangile du dimanche 5 mars 2017

Évangile selon saint Matthieu 4, 1-11

 « En ce temps-là, Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le diable.
Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim.
Le tentateur s’approcha et lui dit :« Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. »
 Mais Jésus répondit :
« Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain,
mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »

Alors le diable l’emmène à la Ville sainte, le place au sommet du Temple et lui dit :
« Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et :    Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. »
Jésus lui déclara : « Il est encore écrit :
Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »
 Le diable l’emmène encore sur une très haute montagne et lui montre tous les royaumes du monde et leur gloire. Il lui dit : « Tout cela, je te le donnerai, si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi. » 
Alors, Jésus lui dit :« Arrière, Satan ! car il est écrit : C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, à lui seul tu rendras un culte. »
Alors le diable le quitte. Et voici que des anges s’approchèrent, et ils le servaient. »

Nous sommes toujours exposés aux tentations du désert qui ont assailli le Christ. (…) Nous sommes tous tentés soit de faire de Jésus-Christ une divinité au ciel, soit de faire de Lui un homme sur la terre.
« Donne donc du pain à manger » : tu es un homme, satisfais la faim des hommes, la faim matérielle des hommes, fais du « social ». Telle est la première tentation du Malin.
« Tu n’es pas un homme, tu es une divinité, jette-toi en bas, fais des prodiges, des miracles. Tu échappes aux lois de la condition humaine ». Telle est la seconde tentation.
Nous sommes toujours tentés, dans nos vies, soit de faire simplement du pur « social », du pur « humain », soit de faire du pur « religieux », au lieu de vivre une vie spirituelle qui est fondamentalement « spirituelle et humaine ». Je crois que le spirituel est la plus grande dimension de l’humain. Il n’est ni en dehors de l’humain, ni en contradiction avec lui. C’est l’Esprit qui prend vie dans la réalité humaine.
La troisième tentation est plus subtile : « Tu n’y connais rien dans les affaires de ce monde, je vais t’aider à réussir ta mission » suggère le Malin. C’est la tentation qui consiste à prendre les moyens des hommes pour bâtir le Royaume de Dieu. C’est la tentation de la perversion des moyens, et cela au nom du bien. St Paul nous recommande les « armes de lumière ». Les tentations de Jésus au désert sont significatives de celles qui, sournoisement, assaillent et égarent si souvent le peuple de Dieu !
Marguerite Ph. Hoppenot
Extrait du Bulletin 158

« Convertissez-vous et croyez à l’Évangile » Mc 1, 15

Le problème de la conversion chrétienne pourrait se poser de la façon suivante.
Se convertir, est-ce seulement changer peu à peu sa mentalité ? Est-ce modifier progressivement sa manière d’agir en conformité avec une morale type ? Est-ce poser des actes de religion ? Est-ce pratiquer un culte rendu à un Dieu extérieur à l’homme et appelant hommage, sacrifice et soumission absolue ?

Ou bien se convertir, est-ce avoir reconnu Celui qui est la source de sa vie, le principe vivant et l’accomplissement de son être, et se laisser saisir par lui du dedans afin que, s’ouvrant peu à peu au mystère divin qui, en puissance, habite déjà tout homme, on retourne progressivement son coeur ?

Marguerite Ph. Hoppenot
N’éteignez pas l’Esprit

Évangile du dimanche 26 février 2017

« Ne vous faites pas de souci pour demain. » Mt 6, 24-34

Édifier le Royaume… travailler au règne du Christ… être les ouvriers de la vigne, non pas en paroles mais effectivement. Essayons d’entrevoir ce que ces mots peuvent recouvrir pour nous de réalité vécue jour après jour.
Pour nous tous, travailler sans relâche à édifier le Royaume, c’est faire converger tous nos efforts afin que règnent la lumière et l’amour, où que nous soyons, dans le détail de notre cœur comme dans le détail de notre vie ; être partout cette présence d’amour qui rend transparent ce qui est opaque entre les êtres, pur ce qui est mêlé, qui réconcilie ce qui est divisé, qui relie, unit, rassemble tout, à cause de Jésus-Christ.
N’est-ce pas déjà faire pressentir le Royaume ?
Sans faire de théologie, je crois que le Royaume des Cieux ne sera pas, comme si souvent on l’imagine, une « récompense » sans rapport avec notre cheminement.
Non, la logique de Dieu est implacable. Il ne peut pas être moins logique pour son surnaturel Royaume que pour la nature sortie de ses mains.
Le Royaume des cieux qui sera le couronnement de l’œuvre ne pourra être que l’achèvement, le parachèvement, la plénitude de l’œuvre, la transfiguration de l’œuvre, établie dans son éternité.
Or l’œuvre de Dieu, réalisée par son Fils est une œuvre d’amour.
C’est à cette œuvre que le Christ associe, dans l’Eglise, les chrétiens de tous les temps. C’est à cette œuvre que le Mouvement vous associe, c’est pour cela qu’il nous rassemble et fait converger nos efforts jour après jour. »

Marguerite Hoppenot
Extrait de « Vers le Royaume »

 

Notre expérience au masculin et au féminin

Dieu est Amour et l’être humain, homme-femme appelé à se vivre à l’image de ce Dieu qui est Foyer d’Amour, en communion relationnelle nous apparaît comme un chemin essentiel pour nous rapprocher de notre appel à vivre en unité. Lorsque nous nous sentons désunis, perturbés au plan relationnel, nous avons appris que nous ne pourrons nous rencontrer sans d’abord faire en chacun de nous le chemin de retour à notre être profond, ce lieu porteur de ce que Marguerite Hoppenot a appelé ce germe de vie divine en tout être humain. Et alors, nous nous sentons capables de nous rencontrer, de nous mettre à l’écoute l’un de l’autre sans désir de gagner, de dominer l’autre. Et alors l’œuvre de l’amour en chacun peut nous unifier intérieurement pour refaire l’unité entre nous. Nous avons expérimenté cela à de nombreuses reprises.
Dans notre relation conjugale, nous sentons que la présence de l’autre nous permet de vivre un état de complétude amplifié. Nous nous accueillons dans nos charismes masculins et féminins en les recevant comme des dons de création enracinés dans l’Être divin dont nous sommes appelés à devenir progressivement l’image :
« Homme et femme il  le fit, à son image et  ressemblance. »

Richard et Christiane

Évangile du dimanche 19 février 2017

« Aimez vos ennemis. » Mt 5, 38-48

Depuis deux mille ans d’expérience vécue à la lumière du christianisme, comment peut-on parfois dire encore que « Dieu a voulu » la mort de son Fils unique pour « racheter » les péchés des hommes, et donc pour apaiser son courroux ? Alors que le pardon est le commandement majeur et absolu de Celui qui est l’Amour vivant… le Sauveur du monde. « Il vous faut pardonner non pas sept fois, mais septante fois sept fois » c’est à dire toujours, nous dit Jésus.
Dieu est l’amour absolu… l’amour sans limites. Il ne peut donc jamais se limiter, se reprendre ni se refuser. Il est don d’amour infini… par-don d’amour sans limites.
Ce n’est donc pas Dieu qui ne donne pas son pardon. C’est nous qui nous fermons à son pardon en n’ouvrant pas notre cœur à sa vie d’amour et qui nous privons de lui. Le soleil brille toujours et donne toujours sa lumière ; si nous fermons nos volets, nous ne la recevons pas. Ainsi, ce n’est pas Dieu qui ne pardonne pas, c’est nous qui ne nous pardonnons pas, si l’on peut dire ! Quelle découverte éblouissante, combien responsabilisante et dynamique ! »

Marguerite Hoppenot
Extrait de « N’éteignez pas l’Esprit »

Que se passe-t-il donc sur notre terre ?

Le visage du Christ n’est-Il plus assez attachant ?
Sa proposition d’Amour n’est-elle plus assez saisissante pour le coeur humain, cependant toujours avide d’aimer et d’être aimé ?
Les hommes d’aujourd’hui peuvent-ils au moins pressentir à travers le peuple de Dieu le visage de Celui qu’ils cherchent ? Peuvent-ils recevoir des chrétiens cette assurance d’être aimés et ce pressant appel à aimer et à s’unir comme étant, à n’en pas douter, le sens unique du chemin de leur existence ?
…En un seul mot « Amour », le Verbe (le Christ, Fils de Dieu) résuma pour nous la Loi et les Prophètes, précisa le visage du Tout-Puissant, la logique de sa vie et nous remit la clé du Royaume fraternel qu’il nous fallait édifier pour le rendre visible à nos frères.

Marguerite Ph. Hoppenot
Le temps du feu

Évangile du dimanche 12 février 2017

« Il a été dit aux Anciens. Eh bien ! moi, je vous dis »  Mt 5, 17-37

Cette Parole est nécessairement inscrite dans une lettre. Toutefois, par-delà cette lettre, elle est d’abord esprit et vie. C’est pourquoi la plus grande erreur des hommes serait de figer à jamais en elle l’élan de l’esprit, que la lettre est destinée à nous livrer en langage humain, mais qui toujours la transcende. C’est ce qu’inlassablement le Christ répète à ses apôtres. «Qui a des oreilles, pour entendre ce langage, entende », « Qui a des yeux pour voir, voie ». Il s’agit d’entendre au-delà des paroles, de voir au-delà des images et des signes, de voir avec les yeux de l’esprit et de la vie.(…)
Pourrait-il être question de prendre du large par rapport à la Parole de Dieu ? Non, il s’agit de la recevoir en plein cœur, toute vivante de son Esprit dans l’aujourd’hui du monde, comme dans celui de notre propre vie.
De même que pas un iota de la loi ancienne ne fut annulé par la loi nouvelle –appelée cependant à la transcender- parce qu’elle devait en être à jamais la référence et le garant, de même la lettre doit être le garant de l’esprit mais non son geôlier.
En effet, comment la lettre pourrait-elle requérir une obéissance aveugle, alors que l’esprit qu’elle porte en elle est appelé à faire œuvre de liberté ?

Marguerite Hoppenot
Extrait de « Cette vie qui m’est donnée »