Mois: mars 2017

Chaque dimanche, un évangile commun est proposé à tous par les églises chrétiennes. Pour ceux qui souhaitent approfondir, voici un éclairage de Marguerite Ph. Hoppenot.

Évangile du dimanche 2 avril 2017

Jn 11, 1-45 Lecture brève 11, 3-7.20-27.34-35

« Les sœurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. »
Dès qu’il l’apprit, Jésus dit : « Cette maladie n’aboutira pas à la mort, elle servira à la gloire de Dieu : c’est par elle que le Fils de Dieu doit être glorifié. » Or Jésus aimait Marthe et sa sœur et Lazare. Cependant, alors qu’il savait Lazare malade, il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait. Après quoi seulement, il dit aux disciples : « Retournons en Judée. » (…)
Lorsque Marthe apprit que Jésus arrivait, elle alla au-devant de lui, tandis que Marie était assise dans la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te le donnera. » Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » — « Je sais, répondit-elle, qu’il ressuscitera lors de la résurrection, au dernier jour. » Jésus lui dit : « Je suis la résurrection et la vie : celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? »— « Oui, Seigneur, répondit-elle, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde. » (…) Il dit : « Où l’avez-vous déposé ? » Ils répondirent : « Seigneur, viens voir. » Alors Jésus pleura. »

La mort – la nôtre ou celle des êtres aimés qui établit entre eux et nous un silence irrémédiable – ne pose-t-elle pas en effet à chacun de nous, si nous sommes conscients, cette question capitale :
Fin ou commencement ?
Mort définitive ou résurrection ?
Néant ou ultime mutation de la vie ?
De ceux qui, aujourd’hui comme hier, demeurent spectateurs de la vie du Christ, ou même de ceux qui le suivent prudemment, rationnellement, en ne croyant que ce qu’ils voient, comment l’événement scandaleux et déconcertant de sa mort ne menacerait-il pas la foi ? Et comment la surprenante nouvelle de la Résurrection trouverait-elle crédit en eux ?
Par contre, à ceux qui, dans leur fidélité juvénile ou adulte, ont humblement ouvert leur cœur à Jésus-Christ afin de vivre sans réserve dans l’intimité de sa vie, une preuve irréfutable qui transcende la raison est, à l’heure nécessaire, donnée du dedans, tant il est vrai que le don de l’intelligence est très spécialement accordé à l’Amour.

Marguerite Ph. Hoppenot
Cette Vie qui m’est donnée
ch. La vie qui demeure

du 27 mars au 2 avril 2017

« Quand je vois tes cieux, œuvre de tes doigts, la lune et les étoiles que tu as fixées, qui est donc l’homme pour que tu penses à lui, l’être humain pour que tu t’en souviennes. »
Ps 8

Évangile du dimanche 26 mars 2017

Évangile  selon saint Jean 9, 1-41
« En passant, Jésus vit un homme aveugle de naissance. (…)
Ayant ainsi parlé, Jésus cracha à terre, fit de la boue avec la salive et l’appliqua sur les yeux de l’aveugle ; et il lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé » — ce qui signifie Envoyé. L’aveugle y alla, il se lava et, à son retour, il voyait.
Les gens du voisinage et ceux qui auparavant avaient l’habitude de le voir — car c’était un mendiant — disaient : « N’est-ce pas celui qui était assis à mendier ? » Les uns disaient : « C’est bien lui ! » D’autres disaient : « Mais non, c’est quelqu’un qui lui ressemble. » Mais l’aveugle affirmait : « C’est bien moi. » (…)
On conduisit chez les Pharisiens celui qui avait été aveugle. Or c’était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue et lui avait ouvert les yeux. A leur tour, les Pharisiens lui demandèrent comment il avait recouvré la vue. Il leur répondit : « Il m’a appliqué de la boue sur les yeux, je me suis lavé, je vois. » Parmi les Pharisiens, les uns disaient : « Cet individu n’observe pas le sabbat, il n’est donc pas de Dieu. » Mais d’autres disaient : « Comment un homme pécheur aurait-il le pouvoir d’opérer de tels signes ? » Et c’était la division entre eux. Alors, ils s’adressèrent à nouveau à l’aveugle : « Et toi, que dis-tu de celui qui t’a ouvert les yeux ? » Il répondit : « C’est un prophète. » (…)
Ils ripostèrent : « Tu n’es que péché depuis ta naissance et tu viens nous faire la leçon ! » ; et ils le jetèrent dehors.
Jésus apprit qu’ils l’avaient chassé. Il vint alors le trouver et lui dit : « Crois-tu, toi, au Fils de l’homme ? » Et lui de répondre : « Qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? » Jésus lui dit : « Eh bien ! Tu l’as vu, c’est celui qui te parle. » L’homme dit : « Je crois, Seigneur » et il se prosterna devant lui.

Choisir, non pas seulement le Christ des noces de Cana, de la multiplication des pains, le Christ de toutes les guérisons, de tous les miracles, de toutes les résurrections, mais aussi le Christ en qui se dessinent maintenant le Jardin des Oliviers et le Calvaire; le Christ de l’échec apparent et de la mort incompréhensible! Christ devenu, comme il l’avait annoncé, pierre de scandale et signe de contradiction.
Oui, c’est bien ce Christ-là qu’il nous faut aussi choisir, si nous voulons le suivre fidèlement et ne pas risquer de l’abandonner en chemin.
Car Jésus-Christ n’est pas seulement le Dieu des miracles extérieurs à qui nous nous accrochons parfois désespérément, ou le Dieu des miracles de la foi à qui nous aspirons de toutes les forces de notre être…
Mais il est, au-delà de tout, le Dieu du suprême miracle, du miracle de l’Amour, qui, pour nous faire accéder à la Vie, consentit à mourir par nous et pour nous par amour.
Marguerite Ph. Hoppenot
Vers le Royaume

du 20 au 26 mars 2017

« L’Ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi, prends avec toi l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte ; restes-y jusqu’à nouvel ordre, car Hérode va chercher l’enfant pour le faire périr. » Joseph se leva, prit avec lui l’enfant et sa mère de nuit, et se retira en Égypte. »
Mt 2, 13-14

Évangile du dimanche 19 mars 2017

Évangile selon saint Jean 4, 5-42
« C’est ainsi qu’il parvint dans une ville de Samarie appelée Sychar, non loin de la terre donnée par Jacob à son fils Joseph, là même où se trouve le puits de Jacob. Fatigué du chemin, Jésus était assis tout simplement au bord du puits. C’était environ la sixième heure. Arrive une femme de Samarie pour puiser de l’eau. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. » Ses disciples, en effet, étaient allés à la ville pour acheter de quoi manger. Mais cette femme, cette Samaritaine, lui dit : « Comment ? Toi, un Juif, tu me demandes à boire à moi, une femme samaritaine !» Les Juifs, en effet, ne veulent rien avoir de commun avec les Samaritains. Jésus lui répondit : « Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : “Donne-moi à boire”, c’est toi qui aurais demandé et il t’aurait donné de l’eau vive. » La femme lui dit : « Seigneur, tu n’as pas même un seau et le puits est profond ; d’où la tiens-tu donc, cette eau vive ? Serais-tu plus grand, toi, que notre père Jacob qui nous a donné le puits et qui, lui-même, y a bu ainsi que ses fils et ses bêtes ? » Jésus lui répondit : « Quiconque boit de cette eau-ci aura encore soif ; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; au contraire, l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissant en vie éternelle. » La femme lui dit: « Seigneur, donne-moi cette eau pour que je n’aie plus soif et que je n’aie plus à venir puiser ici. » Jésus lui dit : « Va, appelle ton mari et reviens ici. » La femme lui répondit : « Je n’ai pas de mari. » Jésus lui dit : « Tu dis bien : “Je n’ai pas de mari” ; tu en as eu cinq et l’homme que tu as maintenant n’est pas ton mari. En cela tu as dit vrai. »— « Seigneur, lui dit la femme, je vois que tu es un prophète. Nos pères ont adoré sur cette montagne et vous, vous affirmez qu’à Jérusalem se trouve le lieu où il faut adorer. » Jésus lui dit : « Crois-moi, femme, l’heure vient où ce n’est ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l’heure vient, elle est là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; tels sont, en effet, les adorateurs que cherche le Père. Dieu est esprit et c’est pourquoi ceux qui l’adorent doivent adorer en esprit et en vérité. » La femme lui dit : « Je sais qu’un Messie doit venir — celui qu’on appelle Christ. Lorsqu’il viendra, il nous annoncera toutes choses. » Jésus lui dit : « Je le suis, moi qui te parle. »
Sur quoi les disciples arrivèrent. Ils s’étonnaient que Jésus parlât avec une femme; cependant personne ne lui dit «Que cherches-tu?» ou «Pourquoi lui parles-tu ?» La femme alors, abandonnant sa cruche, s’en fut à la ville et dit aux gens : « Venez donc voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Christ ?» Ils sortirent de la ville et allèrent vers lui. Entre-temps, les disciples le pressaient :« Rabbi, mange donc.» Mais il leur dit :«J’ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas.» Sur quoi les disciples se dirent entre eux:« Quelqu’un lui aurait-il donné à manger ?» Jésus leur dit :«Ma nourriture, c’est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre. Ne dites-vous pas vous-mêmes : “Encore quatre mois et viendra la moisson” ? Mais moi je vous dis : levez les yeux et regardez; déjà les champs sont blancs pour la moisson ! Déjà le moissonneur reçoit son salaire et amasse du fruit pour la vie éternelle, si bien que celui qui sème et celui qui moissonne se réjouissent ensemble. Car en ceci le proverbe est vrai, qui dit :“L’un sème, l’autre moissonne.” Je vous ai envoyés moissonner ce qui ne vous a coûté aucune peine ; d’autres ont peiné et vous avez pénétré dans ce qui leur a coûté tant de peine. » Beaucoup de Samaritains de cette ville avaient cru en lui à cause de la parole de la femme qui attestait : « Il m’a dit tout ce que j’ai fait. » Aussi, lorsqu’ils furent arrivés près de lui, les Samaritains le prièrent de demeurer parmi eux. Et il y demeura deux jours. Bien plus nombreux encore furent ceux qui crurent à cause de sa parole à lui ; et ils disaient à la femme : « Ce n’est plus seulement à cause de tes dires que nous croyons ; nous l’avons entendu nous-mêmes et nous savons qu’il est vraiment le Sauveur du monde. »
La rencontre de Jésus avec la Samaritaine. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire ». Extraordinaire ! Jésus, le Messie, demande quelque chose à cette Samaritaine. Il commence par demander avant de donner. Il a besoin de l’autre.
Et voilà que Jésus lui dit : « Si tu connaissais le don de Dieu ». Le don de Dieu, c’est cette source vive en ton cœur, ce germe divin qui est le don gratuit, munificent de Dieu à l’être humain, à tout être humain, sa grâce d’être.
Alors posons-nous la question, que signifie la définition : la foi est un don de Dieu ? Ce n’est pas notre foi qui est un don de Dieu. La foi n’est pas un petit privilège que Dieu fait à certains. Le don de Dieu est fait à tous les êtres humains. C’est cette aptitude à le découvrir qui est au cœur de chacun de ses enfants : ce germe de vie divine qui est appelé à germer en vie de fils de Dieu et à devenir, peu à peu, foi vivante, notre foi.
« Si tu connaissais le don de Dieu et quel est Celui qui te parle, c’est toi qui lui aurais demandé à boire, et Il t’aurait donné de l’eau vive ». Qu’est-ce que l’eau vive ? L’eau vive, c’est l’eau d’une source… inépuisable. Jésus Christ fait jaillir l’eau vive de la source qui est en toi. « J’ouvrirai dans ton cœur une source jaillissante en vie éternelle ». La source est en toi, dans ton cœur. Elle est le secret de ton aspiration la plus essentielle, celle qui te dépasse, indéfiniment, celle de ta vie qui ne finit pas… ta vie éternelle ! Ton être d’éternité.
Alors, la Samaritaine fait une prise de conscience émerveillée : ‘je n’ai plus besoin de me fatiguer et de me disperser pour chercher Dieu partout… Je découvre que la source est au fond de mon cœur’. Saint-Augustin : ‘Tu me cherchais dehors et j’étais dedans’.
Marguerite Ph. Hoppenot
Extrait de Pèlerinage aux sources

du 13 au 19 mars 2017

« Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas être enceinte, tu enfanteras un fils et tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé fils du Très Haut. »
Lc 1, 30-32

Évangile du dimanche 12 mars 2017

Évangile selon saint Matthieu 17, 1-9

« En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmena à l’écart, sur une haute montagne.
Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière.
Voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui.
Pierre alors prit la parole et dit à Jésus :« Seigneur, il est bon que nous soyons ici !
Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »
Il parlait encore, lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre, et voici que, de la nuée, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! »
Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre et furent saisis d’une grande crainte.
Jésus s’approcha, les toucha et leur dit : « Relevez-vous et soyez sans crainte ! »
Levant les yeux, ils ne virent plus personne, sinon lui, Jésus, seul.
En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : « Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. « 

Comment voir cet évangile pour qu’il soit tout à fait dynamique pour nous, et qu’il ne suscite pas simplement de notre part de l’admiration, mais nous accule à une décision ?
« O hommes sans intelligence, vous avez des yeux et vous ne voyez pas, vous avez des oreilles et vous n’entendez pas ». Jésus Christ est transfiguré. Il est transparent de Dieu, Il est, Il ne va pas changer. Ce sont les hommes qui n’ont pas d’yeux pour le voir. Seul le Fils de Dieu, qui est en affinité avec Dieu, a des yeux pour voir ce qui est de Dieu. Me comprenez-vous ? « Seul le Fils connaît le Père », pas simplement le Fils là-haut, mais le fils qui se forme en nous. Nous ne pouvons voir Jésus Christ transfiguré, c’est-à-dire transparence de Dieu, que si nous avons déjà en nous quelque chose de Dieu pour le voir. Cet évangile nous met dans l’admiration parce que les apôtres ont vu. Avons-nous, nous, des yeux pour voir ? Si nous n’avions pas la nuque raide, nous aurions des yeux pour voir et des oreilles pour entendre. Nous ne serions pas installés dans notre savoir avec l’impression que nous n’avons plus rien à découvrir. Mettons-nous en creux.
Cet évangile est passionnant à faire découvrir, si nous comprenons ce que c’est que de faire le passage de l’extérieur à l’intérieur. Ce n’est pas Jésus Christ qui change, qui se montre puis se cache. Il est révélé, mais la révélation ne se produit que peu à peu en nous. Voilà encore un contresens que l’on fait. On dit : « la révélation, c’est fait ». Oui, c’est fait en Jésus Christ, Il est la Révélation. Mais Il se révèle à nous, Il se dévoile au fur et à mesure que nous avons des yeux pour Le voir et des oreilles pour L’entendre. Or cette révélation dure toute la vie. On n’en a jamais fini. On peut indéfiniment revenir sur la Parole de Dieu, c’est inépuisable et c’est pour cela que c’est enthousiasmant.
Marguerite Ph. Hoppenot
Extrait du Bulletin 153

du 6 au 12 mars 2017

Le Seigneur dit : « Il n’est pas bon pour l’homme d’être seul. Je vais lui faire une aide qui lui soit accordée » .
Gn 2, 18