Ce qui manque dans l’Église, c’est la réalité vivante de Jésus-Christ. On semble perdre le secret de ce mystère chrétien.
Seule la Présence vivante de l’Esprit est source de vie qui demeure. Autrement, c’est construire sur le sable.
Il faut que le mystère de Jésus Christ soit vivant au cœur de l’Église. Le mystère de l’Église n’est pas autre que le fruit du mystère de l’incarnation de Jésus Christ, c’est-à-dire de l’incarnation de l’amour, qui engendre cette réalité vivante du mystère de communion.
Si l’Église n’est pas vivante de la réalité substantielle qu’elle doit exprimer, elle est comme ces magnifiques arbres, dont le cœur est mort et qui, peu à peu, rongés par le dedans, se dégradent et tombent en poussière. Tout pourrit par le cœur. Tout vit par le cœur.
De main d’homme, on édifie une solide organisation ecclésiastique et non le corps vivant de Jésus Christ.
Il y a actuellement un trop grand déficit, un trop grand manque de vie surnaturelle dans l’Église du Maître.
Le mystère du Christ n’est pas suffisamment vécu, alors son corps vivant ne s’élabore pas et l’aspect institutionnel de l’Église prend le pas sur le mystère de vie qu’elle doit exprimer.
L’ Être Église, à l’heure actuelle, étant malade, c’est l’Être Église qu’il faut restaurer par une plongée dans la vie des profondeurs de l’Église.

Marguerite Hoppenot, 1971