Mois: février 2020

Témoignage des membres de Sève du Canada

Notre engagement au Christ a précédé notre engagement au Mouvement Sève, mais la vocation engendrée en Marguerite Hoppenot nous a permis d’éclairer notre intelligence du christianisme et de désirer la partager à ceux et celles qui portent des soifs d’aller plus loin.
La vocation Sève nous est apparue comme une formation précieuse à la vie chrétienne, nous invitant à épouser la grande cause qu’elle met en lumière : faire advenir, dans notre monde, la civilisation de l’amour…Et justement, nous continuons à expérimenter dans notre vie conjugale et dans l’accompagnement de couples les chemins d’incarnation visant à solidifier l’unité dans nos vies conjugales, sociales et ecclésiales pour l’avènement d’un monde plus fraternel.
Nous sommes toujours fascinés de constater que même auprès de croyants ayant un long cheminement de foi, la vocation Sève apporte des lumières sur l’essence même d’un christianisme adulte et fécond.
Et dans la vie de nos équipes ici au Québec, nous découvrons que cette vocation et ce Mouvement apportent une dimension sous-alimentée dans nos milieux d’Église : celle de la fraternité se vivant dans le don de soi, l’accueil de l’autre, afin de vivre une communion enracinée dans le Christ par l’Esprit d’Amour. La vocation Sève ne serait re-née ici au Québec que pour cette seule raison, qu’elle aurait répondu à un besoin urgent…
Nous nous joignons en esprit à cette célébration d’engagement du 25 janvier 2020.
Puisse-t-elle  contribuer à ouvrir de nouvelles terres d’incarnation pour la vocation et le Mouvement en ouvrant les esprits et les cœurs à l’urgence de redonner au Christ la place centrale pour l’avènement d’un monde nouveau.                         Richard et Christiane

Le mystère de la vie…Le problème de la femme dans l’Église…

Deux erreurs en puissance m’apparaissent en ce qui concerne la « place » de la femme dans l’Église :
– d’une part, celle de laisser grandir la revendication féminine, en raison de la soif commune des femmes d’être « reconnues » dans ce qu’elles « sont » et dans leur désir d’exister comme l’homme.
Le revendication est toujours négative car elle tend à durcir ; elle suscite alors la lutte sur tous les plans : lutte des classes, lutte des races, lutte des religions, lutte des sexes…alors que Jésus est venu tout unir, car la vie ne naît que de l’unité des diversités. La revendication de la femme tend en outre à faire « comme lui » donc à la masculiniser.
– d’autre part, celle d’être infidèle à la nature de la vie de Dieu qui est communion, en ne réalisant pas l’unité des charismes masculins-féminins au sein de l’être-Église.
Il faut promouvoir la femme dans l’Église en épanouissant toutes les virtualités qui sont en elle, le don de Dieu, et en lui donnant la possibilité de s’exercer, de se manifester, en un mot de contribuer à l’engendrement de la vie de Dieu dans son peuple et à Sa Gloire.
La place de la femme dans l’Église n’est pas seulement une question de revendication humaine. C’est un problème de justice qui nous dépasse, celle de Dieu.
Ce problème se fait sentir actuellement d’une façon pressante, en raison des méfaits que révèle davantage chaque jour l’absence de charismes féminins dans l’Église et dans le monde.
J’ai la conviction que l’ère qui s’ouvre verra l’heure de la femme, pour une plus grande « humanisation » et donc « spiritualisation » de l’Église et du monde.
Il s’agit de « l’égalité d’être » de l’homme et de la femme, dans le respect et la richesse de leurs diversités mutuellement complémentaires, pour être en vérité image de Dieu, si peu que ce soit, essence de son « Être Amour ». Et lorsque j’affirme cette conviction, il n’est nullement question de place, de fonction, voire de sacerdoce féminin. Je n’ai pas actuellement la grâce de cette vue. Il s’agit d’un appel à ne pas gaspiller les énergies divines dans le cœur des femmes, à ne pas trahir les vues de Dieu, à ne pas laisser se dénaturer son œuvre de vie, à ne pas être infidèle au mystère de la Vie de Dieu Trinité révélé par Jésus-Christ, Dieu communauté d’amour, Dieu Foyer d’Amour qui engendre la Vie.
Marguerite Hoppenot
Ecrits personnels – janvier 1985

du 24 au 1er mars

Je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en plénitude.
Jn 10, 10

Sève et l’accompagnement des malades

Je suis bénévole au sein de l’équipe de l’aumônerie de la maison médicale de soins palliatifs de Jeanne Garnier.
Ce qui m’a tout de suite interpelée à Sève, c’est ce regard du  Christ posé sur l’homme qui REDONNE VIE . Vous allez me dire qu’en soins  palliatifs les malades viennent mourir.  C’est vrai, mais je peux largement vous témoignez qu’à bien des reprises des malades arrivent à la maison médicale dans un état physique, psychique et spirituel très grave jusqu’à demander l’euthanasie.
Petit à petit, ils reprennent VIE psychiquement, spirituellement et même physiquement pendant un temps avec l’accompagnement progressif de l’équipe des médecins, infirmières et bénévoles. Grâce au regard d’amour de Jésus-Christ. La pédagogie du Mouvement Sève me donne des clés pour me mettre en attitude de rencontrer les êtres. Ces trois P. nos balises : Préjugé favorable, Pureté d’intention, Pauvreté de soi.
J’ai été témoin à plusieurs reprises de chemins magnifiques :

  • Je pense à Michel qui nous a confié ne jamais avoir été aimé comme cela, il a fallu qu’il « en arrive à ce point » pour comprendre qu’il est aimé. Du coup il passait son temps à dire aux siens qu’il les aimait avant de nous quitter.
  • Je pense à Juliette qui s’était enfermée dans sa maladie depuis des années, coupée de sa famille et de ses amis : cancer généralisé visible sur son visage depuis longtemps. Petit à petit elle a fait un chemin qui l’a emmenée non seulement à ne plus vouloir l’euthanasie mais à mourir en paix avec le Christ.
  • Je pense à Marie, mère de deux fillettes, qui en peu de temps, s’est laissé transformer par le Seigneur, ces échanges de cœur à cœur avec elle m’ont bouleversée.
  • Je pense à ce jeune père qui ne voulait plus voir son fils de 9 ans ; il se voyait tellement dégradé et n’acceptait pas son état. Progressivement, avec beaucoup de patience ce regard d’amour posé sur lui, lui a permis d’accepter de vivre le dernier mois de sa vie en présence de son fils.

Je pourrais continuer longtemps…
Quand j’arrive à Jeanne Garnier, je pense à cette phrase de l’évangile de Marc ch12 « Il le regarda et l’aima. »
Comme le dit Marguerite Hoppenot  « le plus souvent, le regard d’amour du Christ s’incarne dans le regard d’un frère. »
Je sais que c’est le Christ qui regarde et qui me regarde, très souvent, je repars avec ce supplément d’amour, de vie, et renouvelée dans ma Foi et Espérance.
Myriam

du 17 au 23 février 2020

Je vais droit de l’avant, tendu de tout mon être et je cours vers le but.
Ph 3, 13-14

Sève et la vie professionnelle

Au début des années 80, l’âge de la fin de l’adolescence, l’acheminement, la pédagogie de Sève et la grâce des rencontres avec Madame Hoppenot, m’ont nourri et permis d’envisager la vie avec une toute autre dimension: celle d’un commencement et d’un chemin, celle des prises de conscience et des découvertes faites en équipe, en particulier que chacun porte en lui un germe divin. C’est depuis une clef de vie essentielle et éternelle dans ma famille et auprès de mes amis.
Il y a ensuite des années d’une vie dite active où, toujours chemin faisant, nous nous demandons comment, au-delà du «faire à 100 %», au-delà d’un projet de carrière, d’un développement, y compris personnel, il est possible d’avancer dans cet environnement professionnel qui n’est pas toujours hostile mais pas non plus toujours favorable :
– Comment je regarde ceux avec qui je travaille ?
– Quelle attitude en cas de conflit ?
– Est-ce que je construis, nous construisons un projet ensemble ?
– Ce projet a-t-il un sens ? Lequel ?
Il y a 7 ou 8 huit ans maintenant, un conseil proposé lors d’une formation professionnelle a tout changé.
En cas de difficulté relationnelle au Bureau, il peut être positif de simplement poser une question, droit dans les yeux, à la personne avec laquelle il y une difficulté.
Cette question est : Qu’est-ce que tu proposes ?
La conviction avec laquelle cette question est posée et le regard avec lequel elle est posée offrent à la personne de pouvoir donner sa réponse à une difficulté.
Cette question – qu’est-ce que tu proposes ? – a agi comme un révélateur.
Les découvertes faites il y a plusieurs années lors de l’acheminement s’incarnent aussi, au-delà du cercle familial et amical, dans la vie professionnelle. Et en plus, comme fruit, cela permet d’être en accord entre ce que je suis chez moi et ce que je suis au boulot : un lien d’unité entre la vie personnelle et la vie professionnelle.
Comme un nouveau clin d’œil, c’est peu de temps après que j’ai été accueilli par l’équipe Sève en entreprise et que nous avons cheminé et réfléchi, aidé par beaucoup d’entre vous ici présents.
Pourquoi et comment proposer un chemin de Sève, pleinement en Sève, incarné dans la vie professionnelle : ce qui est devenu Sève dans la vie professionnelle.
Les 80 ans du Mouvement nous ont aussi poussés, provoqués même, à concrétiser une proposition d’un chemin de Sève incarné dans cette vie professionnelle.
Ce chemin alors c’est quoi ?
C’est la devise de Sève, vécue en 5 étapes avec toujours ce lien entre la prise de conscience, l’appel et son terrain d’incarnation :
– Homme qui es-tu, qui es-tu dans la vie professionnelle ?
– Appel à être, appel à être dans la vie professionnelle
– Appel à aimer, appel à aimer dans la vie professionnelle
– Appel à servir, appel à servir dans la vie professionnelle
– Appel à unir, appel à unir dans la vie professionnelle.
Après une première session au Gaillardin le 15 mars 2019 qui a agi comme une confirmation que cela « est possible », pour Paris 12 personnes ont choisi de suivre ce chemin proposé de Sève dans la vie professionnelle. 5 réunions de 2h le mercredi soir sont fixées d’octobre à mai.
Une session au Gaillardin viendra ponctuer ces étapes et permettra de rassembler ceux ayant participé à ce chemin dans les différentes villes de France.
Il ne s’agit pas d’un acheminement comme nous l’avons connu pour la plupart d’entre nous, mais plus de prises de consciences personnelles essentielles incarnées dans la vie professionnelle pour un nouveau chemin ouvert à tous dans la vie professionnelle certes, mais aussi dans la vie personnelle.
Olivier

————————————–

La vie professionnelle est un champ d’expériences où, à côté de quelques moments de grâce, les problèmes sont particulièrement concentrés : Croissance peu soutenable, conflits sociaux, relations tendues avec l’actionnaire, difficultés à atteindre les objectifs fixés, réorganisation subie, manque de sens, manque d’une direction claire, sentiment plus personnel d’inutilité, solitude professionnelle, manque de sincérité, choc des égos, mauvaise communication, banquiers peu enclins à prêter, législation toujours plus contraignante, contentieux divers et variés, enjeux environnementaux… La liste pourrait être encore très longue.
Chez Sève Vie Professionnelle, nous nous attelons à expérimenter comment les 4 piliers du Mouvement, Être, Aimer, Servir, Unir peuvent nous aider à faire face à tous les challenges du monde du travail, en transformant le regard que nous portons sur nos vies professionnelles et en leur donnant du sens.
Chacune de nos réunions est un temps de rencontre unique, où, unis de l’intérieur, nous relisons d’une certaine façon notre vie professionnelle du mois écoulé. Que l’on soit juge, médecin, ingénieur, chef d’entreprise, instituteur, acteur de l’économie sociale et solidaire, notaire, experts des RH et du marketing dans de grandes organisations, un simple partage évangélique, pourtant loin a priori de l’exercice de nos métiers si variés, installe l’Esprit d’amour entre nous et révèle petit à petit, prise de conscience par prise de conscience, un sens dans ce que nous vivons au travail.
Nous qui sommes souvent des maniaques de l’action et de la réaction, nous découvrons aussi ensemble qu’il existe des attitudes, des manières d’être fondamentales qui permettent de faire face à toutes les situations. Ça ne diminue pas bien sûr ni le nombre ni l’intensité des problèmes auxquels nous sommes confrontés mais ça change complètement notre façon de les regarder, de les vivre, de les solutionner, et de les relativiser aussi. Et nous prenons petit à petit conscience que ce que nous appelons des « problèmes » sont généralement des opportunités profondes de progrès de notre vie intérieure, sans lesquels notre vie extérieure ne peut manifester tous ses fruits.
Ces attitudes reviennent toujours à une attitude fondamentale d’être amour. Pourtant amour et vie professionnelle ne semblent pas a priori former l’accord parfait. On penserait plutôt qu’il s’agit d’un paradoxe parfait. Mais si je vous dis écoute, regard bienveillant, être bien ancré dans le présent, ne pas bloquer sur les erreurs, ne pas juger ou alors préjuger favorablement, chasser les arrières pensées, rester calme en toutes circonstances, ne pas se prendre trop au sérieux, être dans la joie pour la transmettre autour de soi, favoriser les choses simples, poser clairement nos désaccords dans une ambiance sereine, établir la confiance, faire prendre conscience aux autres de leur potentiel, faire preuve de gratitude et de reconnaissance, sortir de sa zone de confort, regarder les problèmes en face, ne pas prendre les choses personnellement, qu’en pensez-vous ? Voilà des choses qui facilitent grandement les relations au travail et qui sont toutes des manifestations de l’amour.
Pour nous professionnels, Jésus Christ, l’incarnation terrestre de l’amour divin, est une source d’inspiration infinie. Il a fondé une entreprise (pas au sens économique mais au sens d’une aventure) toujours en vie 2000 ans après et qui rassemble dans une belle mosaïque de chrétiens, 2,5 milliards de ‘followers’. Personne n’a réussi un tel exploit depuis. En l’espace de 3 petites années, confronté à des problèmes d’une rare intensité, il ne s’est pas jeté dans l’action avec l’objectif démesuré de rassembler un tiers de l’humanité. Il s’est attaché chaque jour à être pleinement qui il était, pleinement homme et pleinement Dieu. Il s’est attaché à être pleinement amour. Il s’est attaché à être pleinement au service des humains vivant près de lui à cette époque et à les unir dans une même foi dans notre Dieu – Amour.
Luc

Sève et nos engagements dans l’Eglise

Comment cette lumière de Sève nous porte dans nos engagements dans l’Église ?J’aimerais témoigner de la manière dont les écrits de Marguerite Hoppenot et ce que je vis à Sève éclaire ma vie de chrétien, mon espérance et mes activités au sein de l’Église.Sève me porte dans la relation aux autres. Les 3 P. (Préjugé favorable, Pureté d’intention et Pauvreté de soi, dans le sens de se distancier de son ego) permettent d’ouvrir une relation en vérité et laisse une place à Jésus-Christ quand je rencontre quelqu’un. Marguerite Hoppenot parlait de « circulation d’amour » pour évoquer l’Esprit Saint, je tâche de laisser cette circulation agir entre l’autre et moi.
Pour donner un exemple, cette approche de l’amour vécu imprègne mon engagement scout. Responsable d’un groupe, je cherche à contribuer à l’épanouissement des enfants, des adolescents et des jeunes adultes. Récemment, une jeune adulte me confiait de manière touchante « Lorsque tu m’as proposé de devenir cheftaine, je ne savais pas si j’en étais capable, mais ta confiance en moi, à travers cette demande, m’a permis de m’affirmer dans ces responsabilités. » Cette étudiante s’est véritablement révélée dans ce rôle auprès des jeunes qu’elle encadre. « Tu portes en toi plus grand que toi. » Cette parole de Marguerite Hoppenot résonne en moi. Elle élargit la dimension humaine vers une perspective divine dans toute relation : à soi-même, aux autres et à Dieu.
Je crois que c’est cela que Sève apporte à l’Église : placer l’amour vécu au centre. Dans nos associations, nos communautés paroissiales et dans le monde, l’incarnation concrète de l’Évangile éclairée par l’esprit et la pédagogie de Sève nous amène à construire le Royaume là où nous sommes.
Bertrand

du 10 au 16 février

« Je sais tes oeuvres : tu n’es ni froid ni bouillant. Que n’es-tu froid ou bouillant ! »
Ap 3, 15

du 3 au 9 février 2020

« Restez en tenue de service et tenez vos lampes allumées. »
Lc 12, 35