Mois: mars 2020 (Page 1 sur 2)

NOUVELLES DE PONTAILLAC

Avec les nouvelles technologies, hier, 27 mars 2020, « Pontaillac » s’est réuni…
Échanges, dialogues d’une exceptionnelle profondeur avec le texte:
« Vie contemplative » (extrait de La Main de Dieu) qui était soutenu par quelques questions :

– Contemplation passive – Contemplation d’action
– Qu’évoquent pour moi, ces 2 termes ?

« … je compris par une sorte d’intuition vitale que Dieu seul pouvait donner Dieu… et qu’il ne se donnait qu’au désert. »

– Que signifie pour moi le mot « désert » ? Quelle expérience en ai-je ?
– Quels en sont les fruits ?
– Servent-ils « le bien commun », la fraternité universelle ?

Étonnant ! c’est notre aînée, 92 ans… qui a le mieux saisi le bon fonctionnement de notre nouvelle communication… cela a alimenté notre joyeuse complicité .

Nous avons décidé de faire nôtre cette intention partagée afin de nourrir notre communion pour l’apporter vers un univers élargi.
« Que ces temps extra-ordinaires,au sens propre, qui par ailleurs se superposent au carême de cette année 2020, soient pour chacun un temps de retour à l’essentiel, mais aussi de fécondité et d’ouverture aux autres (ces « autres » que paradoxalement nous ne pouvons plus fréquenter ni embrasser…). Cela nous fait comprendre que nous ne sommes plus dans des relations « mondaines », mais vitales.

L’équipe de Pontaillac qui vous salue !

Qu’est-ce donc que la prière ?

Vais-je vous scandaliser ?
Je reçois des messages qu’on me demande de publier à mon tour. Je ne peux pas publier car je ne suis pas d’accord. Pourtant ce qu’on me demande peut paraître bien.
Ce qu’on me demande : faire une chaîne d’un million de « Je vous salue Marie » pour qu’arrête l’épidémie du coronavirus. Derrière cela, ne voit-on pas encore un Dieu Tout Puissant qu’il faut être un grand nombre à prier pour qu’Il décide enfin de nous exaucer ?
Est-ce un Etre d’Amour qui veut le bonheur de ses enfants et pourtant qu’il faut supplier en multipliant les prières pour qu’Il agisse enfin. Dieu pourrait arrêter les guerres, détruire les virus et ne ferait rien sans être supplié ? N’est-ce-pas, comme dit une grande spirituelle, Marguerite Hoppenot , c’est « plutôt Dieu qui nous supplie » de ne pas détruire notre planète, de ne pas nous entre détruire.

Qu’est-ce donc que la prière ? N’est-ce-pas avant tout d’être à l’écoute de ce que notre cœur nous inspire, ce lieu où on peut rencontrer sa Présence aimante en nous ? Peut-être que, sans le savoir, des incroyants peuvent être à son écoute plus que des croyants. Pourquoi tant de gens ne croient pas en Dieu ? Je crois que c’est très souvent à cause du visage qu’on leur a fait voir de Dieu, un Etre Tout Puissant qui décide tout, qui domine et qui punit.
Et si Dieu était cette force intérieure plus grande que nous qui nous entraîne à donner notre vie pour les autres, pour une fraternité de plus en plus universelle, si Dieu était cette capacité d’aimer qui nous dépasse en nous et nous rend capable de donner notre vie… Le fondateur de Taizé, le frère Roger Schutz disait : « Dieu n’a que la puissance d’aimer ». Une autre grande spirituelle, Etty Hillesum, étant dans les camps de concentration, écrivait : « Je vois bien que Dieu est impuissant à nous aider (devant ce que les Allemands alors étaient en train de faire). C’est plutôt à nous d’aider Dieu en protégeant sa demeure en nous, en refusant d’y laisser entrer la haine ».

Alors, réciter des prières sert à quoi ? Cela sert si c’est une façon pour nous d’être en état de réceptivité, d’accueil de sa Présence, d’écoute des intuitions profondes pour ensuite travailler à bâtir un monde plus juste…Si réciter des « Je vous salue Marie » nous met dans cet état d’accueil et d’écoute intérieure, d’ouverture aux inspirations, c’est merveilleux.

Ghyslain Jullien, prêtre
​​​​​​​​du Canada

Annonciation – 25 mars 2020

Nous voilà confinés entre nos murs, loin de ceux qu’on aime et de ceux avec qui on travaille. Situation inimaginable au vrai sens du terme qui dépasse la fiction et qui nous laisse dans un état de sidération inconcevable.
Le calendrier, lui, avance et nous donne un rendez-vous avec la fête de l’Annonciation. Peut-on parler de fête dans ces conditions ? A-t-on le cœur disposé à fêter quelque chose ou quelque bonne nouvelle ? Nous osons répondre « oui » à ces questions.
Laissons-nous rejoindre par cet écrit de Marguerite Hoppenot
:

« L’étape initiale de la présence du Dieu vivant parmi nous, première page terrestre de son mystère de vie, s’ouvre en effet lors de l’Annonciation à Marie, lorsque la Parole éternelle s’adressant à elle lui fit entendre simplement : « Veux-tu ? »……
Veux-tu que ma vie vienne habiter ta vie ?
Veux-tu ouvrir ta vie limitée au don de ma vie qui va en faire éclater les limites ?
Veux-tu que ma vie divine passe par ta vie humaine pour être livrée au monde ?

La réponse de Marie : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon sa volonté » est le point de départ de l’irruption du Dieu vivant dans le monde des hommes.
Ce « oui » prononcé dans la foi nue est le consentement donné, dans la dépendance absolue de l’Amour à Celui en qui on croit, qu’on veut suivre et à qui on fait confiance, dans l’ignorance totale des conséquences de ce « oui ».
L’avènement du Fils de Dieu en ce monde, cet évènement historique et universel, fut donc suspendu à un « oui » humain…..

A la suite de Marie, il nous faut donc vivre à notre tour la première face cachée du mystère, notre réponse à l’appel intime de l’Esprit vivant en nous, le « oui » de notre Annonciation…..
L’Annonciation, annonce de la promesse tenue, porte d’entrée du Christ en ce monde à travers un cœur ouvert et disponible, est suivie d’une succession de secrètes annonciations auxquelles tout au long de sa vie Marie répond « oui »….
Ainsi en est-il pour l’aventure du Christ en notre propre vie. Comme pour Marie, il y a l’annonciation première, décisive puisqu’elle nous introduit au seuil du chemin.
Toutefois, c’est au long d’une succession d’appels, inhérents aux exigences de la route et requérant indéfiniment notre consentement, que se dévoilent progressivement en nous toutes les étapes du mystère.»
​​​​​​​​Marguerite Hoppenot, 1966
​​​​​Extrait de « Cette vie qui m’est donnée »

Seigneur, aide-moi à prendre aujourd’hui la décision d’être attentif à ces petites annonciations que Tu veux me faire entendre afin de m’engendrer peu à peu à Ta vie de fils de Dieu. Cette vie que Tu veux me communiquer et qui me fera devenir peu à peu, en vérité, frère de mes frères.

Méditation du « Notre Père »

Nous nous joignons à l’appel du Pape François à tous les chrétiens de prier ensemble le « Notre Père » le 25 mars avec cette méditation de Marguerite Hoppenot

Voulez-vous que nous méditions le « Notre Père » ?
Cette prière que Jésus-Christ nous enseigna lui-même pour cheminer vers son Royaume.
Elle résume et éclaire à jamais, pour tous les hommes, le dessein de Dieu, celui que nous avons essayé de découvrir un peu mieux afin de pouvoir le vivre et le servir toujours plus fidèlement.
Nous pouvons dire :
« Notre Père »…
Et pas seulement « mon » Père puisque nous sommes tous devenus fils, si peu que ce soit,
alors nous sommes tous frères et nous pouvons dire « notre Père » en vérité.
« Qui es aux cieux »…
Dans l’au-delà infini, dans celui de l’Amour sans limites, donc au-delà de tous nos « moi » indéfiniment, indéfiniment au-delà de tous nos « moi ».
C’est là que nous nous retrouverons toujours.
« Que ton nom soit sanctifié »…
Que ton nom qui est « Amour sans limites » et « Unité de diversités » soit vécu par tes enfants.
Qu’il nous sanctifie, qu’il nous engendre sans cesse davantage à la vie de fils et de filles en vérité.
« Que ton règne vienne »…
C’est ainsi qu’adviendra le règne de l’amour, ton règne, Seigneur, à travers la communion fraternelle des hommes qui nous appelle à parachever ta création.
« Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel »…
Ta volonté essentielle, ton ultime volonté, ton unique volonté, c’est ta Vie, Seigneur !
Celle qui est vécue en plénitude au-delà du voile.
Que ta volonté d’amour et de communion devienne progressivement la nôtre pour que nous soyons artisans de ton ultime prière pour tes enfants : «Père qu’ils soient un comme nous sommes un»…
« Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour »…
Oui, Seigneur, nous sommes si faibles, donne-nous le soutien qui est celui de ta vie en nous.
Aide-nous à y être attentifs. Donne-nous le soutien de cette grâce, de ta grâce, jour après jour…
« Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés »…
Là, il nous faut retourner notre prière. Aide-nous à pardonner, à ré-ouvrir notre cœur à l’amour afin que nous puissions, nous, recevoir ton pardon.
Nous ne pourrons recevoir ton pardon que si nous pardonnons, puisque Toi, tu nous donnes ton pardon, toujours. Tu es comme le soleil : il donne toujours sa lumière. Si nous fermons nos volets, nous ne pouvons pas la recevoir.
Alors, pardonnons, ré-ouvrons notre cœur à l’amour et nous recevrons ton pardon, mon Dieu, celui que tu ne cesses jamais de nous donner puisque ton don d’amour est sans limites…infini !
« Ne nous soumets pas à la tentation »…
Cette parole est aussi quelque peu ambigüe car Dieu ne nous soumet pas volontairement à la tentation. Il ne nous tend pas des pièges pour éprouver notre fidélité.
« Ne nous soumets pas à la tentation » signifie pour moi :
Seigneur, que les appels de ton amour et ses exigences en nous ne soient pas pour nous l’objet de découragement, qu’ils ne nous arrêtent pas sur le chemin de l’amour que nous avons choisi de vivre.
Et alors peut-être, sur un plan plus mystique, celui du mystère de Dieu dont nous avons pris conscience, en découvrant que c’est le Christ vivant, le fils de Dieu en nous, qui est le seul objet des attaques du Malin.
Alors, Seigneur, que ces attaques du Malin ne soient pas trop fortes pour la faiblesse de ton enfant.
« Mais délivre-nous du mal »
Sois, en nous, Seigneur, la présence de l’amour libérateur.
Délivre-nous du plus grand mal qui puisse nous arriver…nous séparer de l’Amour, nous séparer de toi, Christ vivant.
Alors, sois en chacun de nous, comme en chacun de nos foyers, chacune de nos équipes, chacune de nos paroisses, et dans ton Eglise tout entière, l’amour vivant, vivifiant, vivificateur :
NOTRE SAUVEUR !

​​​​​​​​​Marguerite Hoppenot
​​​​​​​Extrait du livre « Prier c’est aimer »

Vie contemplative

Dans les circonstances actuelles, comment recevons-nous cet écrit de Marguerite Hoppenot ?

Contemplation  passive

Demeurer là, immobile, dans la sécheresse ou la douceur, dans les ténèbres ou la lumière, silencieuse, ouverte, vide, adorante, disponible, offerte au soleil de la Présence : Présence de « Quelqu’un ».
Me laisser baigner, pénétrer, imprégner de ce que Dieu « Est », de ce qu’Il veut à sa manière à Lui, sans mots, comme une fleur s’offre en s’abandonnant aux rayons du soleil. Indicible attrait pour cette attitude contemplative dès mon plus jeune âge, aussitôt après ma première communion.

Contemplation d’action

Ce à quoi l’Esprit Saint m’initia, sans nul intermédiaire humain et auquel je fus introduite par la grâce, ne vint que longtemps, très longtemps après.Comme toujours, je ne connus et ne compris que très progressivement ce que, par la grâce, je faisais depuis longtemps déjà. A peine le réalisais-je assez clairement aujourd’hui pour pouvoir peut-être l’exprimer. Le Seigneur veuille m’y aider.

« Demeurez en moi et moi en vous » Jn 15,4.

 Ce mode de contemplation suppose déjà que le Christ soit devenu « Quelqu’un » pour nous : Personne vivante, invisible, mais éternellement vivante et présente. Elle suppose aussi que tous les gestes, toutes les paroles du Christ aient pour nous une portée éternelle, toujours actuelle.

Je voudrais passer ma vie à passer dans ta vie…
Cette nouvelle voie de contemplation s’ouvrit au cœur de mon inextinguible soif d’union à Dieu ! Au sein même de ma vie mangée au moment où, lasse de mes échecs pour atteindre Dieu, si peu que ce soit, par mes propres efforts humains, je compris par une sorte d’intuition vitale que Dieu seul pouvait donner Dieu…et qu’Il ne se donnait qu’au désert.

La pauvreté intérieure, le vide progressif du « moi » m’apparurent peu à peu la condition essentielle à une vie contemplative authentique qui ne soit ni illusion, ni évasion, ni projection de soi-même.Dès lors, il y eut toujours un rapport étroit entre la réalité de la vie du Christ et de la mienne. Ma nouvelle voie de contemplation devint en quelque sorte l’interpénétration de ces deux vies, dans une communion née d’un regard d’amour, une sorte d’imprégnation de la vie du Christ dans ma pauvre vie, mais aussi une sorte de transposition de ma vie dans la sienne.

Toutes les circonstances de ma vie me servirent désormais de point d’appui pour essayer de saisir une parcelle de la réalité infinie vécue par le Christ. Heures de solitude, d’échec, de compassion, de souffrance, de travail pénible, de lassitude, d’attente des âmes, d’incompréhension
J’essaie ainsi, grâce au pauvre tissu de ma vie quotidienne, de rejoindre le Christ dans un aspect du mystère de sa vie.
Contemplation complètement désintéressée dont le Christ est l’objet.

La réalité humaine vécue au départ m’aide à me projeter dans la réalité infinie, à me perdre en elle !

Mon autre mode de contemplation a, au contraire, ma vie pour objet. Je m’efforce alors de la regarder avec le regard du Christ, de la baigner à la lumière que projetterait sur elle la confrontation brûlante du mystère du Christ et de son Evangile.
Dans ce dernier cas, c’est le Christ qui vient me rejoindre. Dans l’autre, c’est moi qui, à l’aide de ma vie, m’efforce d’accéder, si peu que ce soit, à la sienne.

Sur le chemin qui conduit à cette communion d’amour : Prière, Parole de vie, Pain de vie, Humilité, Pauvreté, Fidélité, Amour.
Marguerite Hoppenot
La main de Dieu, tome I p. 75

du 27 avril au 3 mai

C’est trop peu que tu sois pour moi un serviteur en relevant les tribus de Jacob, et en ramenant les rescapés d’Israël ; je t’ai destiné à être la lumière des nations, afin que mon salut soit présent jusqu’à l’extrémité de la terre.
Is 49,6

du 20 au 26 avril 2020

Consacre-les par la vérité : ta parole est vérité. Comme tu m’as envoyé dans le monde, je les envoie dans le monde. Et pour eux je me consacre moi-même, afin qu’ils soient eux aussi consacrés par la vérité.
Jn 17, 17-19

du 13 au 19 avril 2020

Désormais je ne suis plus dans le monde ; eux restent dans le monde, tandis que moi je vais à toi. Père saint, garde-les en ton nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un comme nous sommes un.
Jn 17,11

du 6 au 12 avril 2020

Jésus vient vers les disciples et les trouve en train de dormir, et il dit à Pierre : « Ainsi vous n’avez pas eu la force de veiller une heure avec moi ! Veillez et priez afin de ne pas tomber au pouvoir de la tentation. L’esprit est plein d’ardeur mais la chair est faible. »
Mt 26, 40-41

du 30 mars au 5 avril 2020

« Celui qui fournit la semence au semeur et le pain pour la nourriture, vous fournira aussi la semence, la multipliera, et fera croître les fruits de votre justice. »
2 Co 9, 10

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