Mois: avril 2020 (Page 1 sur 2)

VERS LA PANDÉMIE D’AMOUR

Un tout petit virus invisible à l’œil nu nous a envahis et mis l’humanité à genoux, nous faisant tous expérimenter notre vulnérabilité que plusieurs en étaient venus à oublier. La révolution technologique, fruit de la science à laquelle nous avons accordé tous les droits, a alimenté notre sentiment d’invulnérabilité et, par voie de conséquence, notre suffisance. Nous avons cru pouvoir tout obtenir automatiquement et immédiatement en un clic. Mais voilà que notre monde et notre vie ont été complètement chamboulés. Habitués à voir se développer nos capacités d’accéder aux confins de la terre voire de l’univers, nous voilà confinés chez nous et placés devant l’univers le plus négligé, celui de notre vie intérieure où tout à coup une solitude nouvelle s’invite à notre table.

Tous, qui que nous soyons, sommes forcés, sauf exceptions, à mettre de côté le faire et confrontés à regarder l’univers de notre être personnel, conjugal, familial, social et ecclésial. Au-delà des personnes affairées aux services essentiels, nous faisons l’expérience de notre inutilité apparente en étant appelés au courage et à la solidarité de rester chez nous. Nous sommes invités à apprendre à être en amont de nos élans à faire.

A la fois, une belle occasion nous est offerte de rester chez nous pour entrer en nous, en soi pour se regarder et regarder les nôtres en nous questionnant sur notre être ensemble. A quelle vie aspirons-nous ? A quel monde ? Que sommes-nous devenus personnellement et ensemble ?

Pour nous, membres de Sève, ne serait-ce pas le temps de revisiter la pertinence de la vocation dans laquelle nous sommes engagés ? Comme certains l’ont déjà fait lors de la célébration du 25 janvier dernier à Paris. Ne serait-ce pas le temps de nous questionner sur la pertinence de la merveilleuse devise qui nous a été transmise pour devenir les pierres d’assise sur notre chemin ?

Devant cette vulnérabilité nouvelle, que sommes-nous appelés à devenir personnellement et ensemble ? Comment sommes –nous interpelés à aimer pour devenir ces êtres d’amour issus des mains et du coeur de notre Créateur qui n’est qu’Amour et non ce Dieu punisseur qui nous infecte pour nous punir de nos infidélités ? Comment nous mettre au service de cet être amour en soi et entre nous pour faire advenir cette civilisation de l’amour ? Et alors, alimenter l’unité tant recherchée au travers et au-delà de la diversité de nos êtres uniques.

Et parmi ceux et celles qui déjà laissent libre cours aux élans de leur générosité pour venir en aide aux plus vulnérables, ne retrouve-t-on que des croyants imbus de piété ou plutôt la diversité des êtres de toutes croyances manifestant que tout être humain porte en lui ce germe d’amour appelé à germer ?

Découvrirons-nous, tous ensemble,  qu’il y aurait un autre « virus », celui de l’amour incarné qui pourrait envahir notre monde au cœur même de son humanité aussi blessée soit-elle, pour nous acheminer vers une nouvelle pandémie, celle de l’amour ? Notre liberté est questionnée : à quelle fidélité sommes-nous appelés ? Et chacun de nous est placé devant la question si percutante que Marguerite Hoppenot  nous a exprimée en posant sur nous son regard si perçant : « Veux-tu ? »

 Richard, responsable de Sève au Canada

du 27 avril au 3 mai 2020

C’est trop peu que tu sois pour moi un serviteur en relevant les tribus de Jacob, et en ramenant les rescapés d’Israël ; je t’ai destiné à être la lumière des nations, afin que mon salut soit présent jusqu’à l’extrémité de la terre.
Is 49,6

du 20 au 26 avril 2020

Consacre-les par la vérité : ta parole est vérité. Comme tu m’as envoyé dans le monde, je les envoie dans le monde. Et pour eux je me consacre moi-même, afin qu’ils soient eux aussi consacrés par la vérité.
Jn 17, 17-19

ET NOTRE RESURRECTION ?

Oui, Christ est ressuscité. Alors, nous pouvons entendre : « Je suis la Vie…Je suis venu pour vous donner la vie en plénitude ». « Le Christ ressuscité est avec l’homme jusqu’à la fin des temps. Mais Jésus-Christ n’est pas une divinité en haut. Il vit. Il est en expansion dans l’homme fidèle, dans le chrétien, autre Christ…jusqu’à la fin des temps pour le Christ total » (Parce que l’impossible est possible, p.228).

Il ne suffit pas de commémorer joyeusement la Résurrection sans laisser la trace précise de la rédemption qu’elle comporte  jalonner notre vie tout entière.

Il faut que cette commémoration atteste que le mystère pascal continue de se vivre, à l’intime de la vie de chaque chrétien, comme le nécessaire et progressif passage de la mort à la vie. C’est cette mystérieuse mutation qui creuse indéfiniment au cœur de notre être son sillage de vie ressuscitée jusqu’à la plénitude de l’éternelle résurrection.

​​​​​​​​​Marguerite Hoppenot 1969
​​​​​​​​​Cette vie qui m’est donnée

​​La résurrection, pour moi, c’est une mutation, c’est la mutation hors l’espace et le temps. Mourir vivant, c’est ça que ça veut dire. C’est ça la résurrection. On ressuscite tous les jours à partir du moment où l’on vit dans cette optiquelà le mystère de Jésus-Christ. On ressuscite tous les jours, c’est-à-dire que chaque jour certaines morts se produisent, certaines morts d’amour se produisent, pour une résurrection de vie. Un jour, alors, c’est la sortie de l’espace et du temps et l’on EST.

Comme on est Amour, on retourne dans la plénitude de l’Amour, on connait la plénitude de l’Amour au-delà de l’espace et du temps, hors limites. Ce que j’appelle le hors-limites de la vie. C’est une communion d’amour sans dissolution de la personne. Voilà ce que je vois.

 Marguerite Hoppenot, 1979
​​​​​​​​​Parce que l’impossible est possible (éd Salvator)

Le mystère du Christ est un dévoilement intérieur :

Qu’est-ce qui, en ce temps pascal, s’est dévoilé pour moi?
Puis-je re-connaître des moments où la vie a été re-suscitée en moi ?

LE CHRIST RESSUSCITÉ ET MARIE-MADELEINE

Avec Marie-Madeleine devant le tombeau vide, efforçons-nous de revivre aujourd’hui, avec un cœur nouveau capable d’émerveillement, l’évènement qui, en quelques instants vint illuminer sa vie et, à sa suite, révéler à l’humanité tout entière la dimension de son propre destin.
Je voudrais ajouter le dialogue, chargé de tendresse, de Jésus Ressuscité apparaissant soudain à Marie-Madeleine demeurée là, en pleurs, en prière, auprès du tombeau vide, fixée par sa foi inébranlable en Jésus. Sa foi était bien simplement son espérance invincible en l’amour sans limites, cette qualité d’amour, inconnue jusqu’alors que Jésus avait révélée à son amour humain.
Rien n’est jamais fini pour l’Amour !
N’est-ce-pas surprenant que Jésus ait choisi de révéler sa résurrection à cette grande pécheresse ?… Marie-Madeleine, cette femme qui avait beaucoup aimé, mise au ban de la société par les bien-pensants, les justes, tous ceux qui sont extérieurement en ordre avec la loi et qui échappent ainsi au jugement du monde !…
Mais le scandale des «bien-pensants», des «justes» touche alors à son comble. Que ce soit à Marie-Madeleine, cette pécheresse publique, qu’Il ait confié la première annonce de sa résurrection aux hommes : «va dire»…va, cours vite ! Cours annoncer ma résurrection à l’humanité des pauvres pécheurs, ces bien-aimés de Dieu. Va dire que son Fils est ressuscité et que l’Amour sauveur est à jamais vivant ! Va cours annoncer ma Bonne Nouvelle.
Décidément Jésus n’en finira jamais de nous surprendre.

​​​​​​​​​Marguerite Hoppenot
​​​​​​​Pèlerinage aux sources 23 mars 1987

Or, le Christ nous précise lui-même : « Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs » (Mt 9,13) Il est venu sauver ces êtres qui, se connaissant pécheurs, ont soif de vie. De plus, la qualité d’Amour de Marie-Madeleine présentait une certaine affinité avec celui de son Maître car, quelque soient par ailleurs ses fautes et ses faiblesses humaines, en Marie-Madeleine rayonnait la munificence de l’Amour. Tout calcul raisonnable et toute parcimonie – qui si souvent rétrécissent et paralysent le cœur humain – étaient inconnus de la pécheresse. Nous le constatons dans l’épisode du parfum répandu (Lc 7,38).
Sans doute est-ce à cet Amour munificent que le Seigneur voulut manifester et confirmer l’évènement de la Résurrection. C’est à cet Amour-là, aussi, vivant au cœur de Marie-Madeleine, qu’Il confie la mission de propager la Bonne Nouvelle, peut-être afin que l’apparente folie dont ce message était porteur ne coure pas le risque d’être aussitôt désamorcée par la sagesse trop humaine d’un cœur raisonnable ou la redoutable complexité d’un cœur parcimonieux.

Marguerite Hoppenot 1969
​​​​​​​​​Cette vie qui m’est donnée

Suis-je, comme Marie-Madeleine, dans une telle joie, un tel émerveillement qu’elle courut annoncer la Bonne Nouvelle ?
Qu’est-ce-qui m’empêche de courir pour annoncer la Bonne Nouvelle ?

DIMANCHE DE PÂQUES – LA RESURRECTION

C’est l’amour qui roule la pierre qui ferme nos tombeaux. Après cette semaine sainte où nous avons cheminé avec Jésus-Christ, entrons avec Lui dans l’éblouissement du mystère de Pâques. 

« C’est en témoignant de l’amour sans limites que Jésus-Christ manifesta la vérité de Dieu. C’est ainsi qu’Il révéla aussi le secret de l’homme nouveau, unique artisan possible du monde nouveau promis, et qu’Il fut le message vivant de la filiation divine pour l’humanité toute entière.

C’est alors que Jésus-Christ, incarnation de l’amour sans limites, paraît comme le Sauveur du monde, son Rédempteur.

 C’est alors que Dieu Père ressuscita visiblement son Fils Jésus-Christ. Il confirma ainsi sa divinité : tous les prophètes étaient morts, seul le Christ est mort et ressuscité.

Je comprends aujourd’hui dans une vive lumière, que Jésus-Christ ne voulait pas prouver Lui-même sa divinité, mais révéler l’identité de son Père. C’était sa mission essentielle.

La contemplation intime de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ me révèle, dans l’émerveillement, la suprême fidélité de l’Esprit d’amour du Fils pour le Père et du Père pour le Fils.

Jésus-Christ glorifia son Père en le révélant à travers sa mort : l’Amour infini.

Le Père alors glorifia son Fils : en le ressuscitant, Il manifesta sa divinité. Il était bien le Fils de Dieu.

Subitement et non sans émotion surgit à mon esprit cette parole du Christ : « Si je me glorifie moi-même, ma gloire n’est rien » (Jn 8,54).

​​​​​​​Marguerite Hoppenot
​​                             Pèlerinage aux sources , 23 mars 1987

SAMEDI SAINT – LA VIE QUI DEMEURE

C’est au Calvaire, lorsque Jésus fit passer l’Amour du côté de « l’impossible à l’homme seul », qu’Il vainquit le péché du monde. Il assura définitivement le triomphe de la Vie sur la mort et nous donna le secret de la vie qui demeure.

Au pied de la croix, c’est Marie et Jean que nous trouvons.

L’espérance de ces deux êtres était déjà tissée d’immortalité. C’est pourquoi, lorsque survinrent les grandes ténèbres du Calvaire, ils étaient là, « debout » comme dit l’Evangile, fermes dans leur foi (Jn 19,25-27).

En eux, la réalité du mystère d’Amour, si pleinement vécu jusqu’au terme avec Jésus-Christ, ne laissait pas de place au doute. Certes, ils ne savaient pas ce qui était encore un secret de Dieu, mais en eux l’espérance était vive de cette foi qui laisse toutes ses chances à l’Amour et donc à la Vie.

C’est ainsi que, crucifiés eux-mêmes dans leur cœur de chair avec Celui qu’ils aimaient, mais pleinement debout dans leur foi et leur espérance, Marie et Jean reçurent ensemble les dernières recommandations qui tombèrent pour eux des lèvres du  Fils de Dieu : « Femme, voici ton Fils... » « Fils, voici ta mère … ».

Le lien vital qu’à travers ces ultimes paroles Jésus venait de tisser publiquement entre Marie et Jean prend, au pied de la croix une immense signification.

Il nous fait entrevoir l’autre aspect, visible celui-ci, de la Vie qui doit demeurer. Par la consécration de cette première communauté d’amour réalisée entre sa mère et l’apôtre bien-aimé, le Christ venait de faire connaître le germe vivant de toute cellule d’Eglise.

C’est la fidélité de l’Eglise à ce principe de communauté d’amour qui ferait d’elle, fondée sur Pierre et les apôtres, le vivant prolongement de la vie du Christ au milieu des hommes, l’anticipation du Royaume.….

La fidélité inébranlable de l’Eglise à vivre Jésus-Christ, l’Amour incarné, dans la totalité du mystère de sa vie, tel est bien l’unique secret de la Pâque dont elle a la mission et la responsabilité d’être pour le monde, et jusqu’à la fin des temps, l’annonce vivante.

 ​​​​​​​​​            Marguerite Hoppenot, 1969
​​                             Cette vie qui m’est donnée 

​​​​​​​​La mort – la nôtre ou celle d’êtres aimés – ne pose-t-elle pas à chacun de nous cette question capitale :   fin ou commencement ? mort définitive ou résurrection ? néant ou ultime mutation de la vie ?                                                 

VENDREDI SAINT –  AU CALVAIRE

Nous allons maintenant rejoindre Jésus et l’accompagner douloureusement sur le chemin de son calvaire, celui où la brûlure de son amour et l’incandescence de sa lumière lui font connaître un désert de solitude…cette solitude essentielle que nous pouvons percevoir à travers l’expression spontanée, déchirante, de sa souffrance humaine, qu’Il livra en quelques mots : « Mon âme est triste à en mourir » (Mt 26,38).

« Pour Jésus-Christ, la mort à laquelle Il s’est soumis fut révélatrice de Dieu, l’Amour sans limites.

Au Calvaire, parvenu au sommet de sa double passion d’amour et de souffrance, devant la mort – qui n’était pas la volonté de Dieu, son Père, mais qui était dûe au rejet des hommes, notamment celui  du double pouvoir politique et ecclésiastique du temps, ce scandaleux refus de ceux qui « savaient » et auraient dû l’accueillir – Jésus-Christ subit une ultime tentation du Malin : « Si tu es le Fils de Dieu, prouve-le, sauve-toi toi-même ». Jésus-Christ ne voulut pas se soustraire à sa condition humaine, Il ne voulut pas accomplir le miracle qui l’aurait délivré de la mort et qui aurait aussitôt manifesté sa divinité aux yeux du monde.

 A l’heure ultime pour Jésus-Christ, il n’était plus question de Lui, pour Lui. Il n’était plus question que de son Père. Sa fidélité à son Père était d’achever sa mission destinée à révéler au monde l’identité de Dieu son Père : « Amour sans limites ».

Tel est l’ultime témoignage qu’au Calvaire Jésus devait et pouvait donner. Le témoignage de sa mort fut le message qu’Il donna pleinement pour être fidèle jusqu’au bout. C’est alors, qu’Il aima jusqu’à la fin. En rendant amour pour non amour, Il donna et redonna son par-don d’amour, par delà toute offense, toute lâcheté, tout abandon, toute trahison, toute persécution et cela jusque et au-delà de la mort.

 Jésus-Christ prouva ainsi que cet amour sans limites, impossible à l’homme seul, ne pouvait être que Dieu Vivant.

Entendons la suprême prière de Jésus-Christ en croix : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23,34). Ne leur enlève pas ton amour, Père, ne cesse jamais de croire en l’homme.

Cet amour sans limites, révélé en Jésus-Christ, par delà « l’impossible communion d’amour » m’apparaît la plus haute forme de l’amour à laquelle Jésus-Christ nous appelle. J’ose le nommer l’amour de Rédemption ».​​​​​​

Marguerite Hoppenot
​​                             Pèlerinage aux sources , 23 mars 1987

Cherchons  dans notre vie comment il a été possible de redonner amour pour non amour. L’unique question qui se pose à un être tout au long de sa vie est donc celle de l’amour. Aimes-tu au-delà… au delà… toujours au-delà ?

PRIERE DU JEUDI SAINT

Qu’est-ce que le jeudi saint ? C’est l’institution de l’Eucharistie  qui est un sacrement c’est-à-dire le signe visible d’une réalité invisible, une invitation : que ce qui se passe sur l’autel se passe aussi sur l’autel de notre cœur*.

« Il faut que chaque participant à la messe porte sa vie dans cette hostie qui est faite de grains, pas seulement de grains de blé, de froment, mais de grains d’hommes.
Moi, je mets mon grain dans cette hostie pour qu’elle soit transformée, pour que je sois transformée aussi avec Jésus-Christ.
Qu’est-ce-que cela représente pour moi de communier au Corps de Jésus-Christ ? C’est s’engager dans la grande aventure de communion d’amour. C’est déjà pas mal.
Communier au sang
, pour moi, c’est m’engager dans la grande aventure de la rédemption d’amour. »

​​​​​​​​​            Marguerite Hoppenot
​​                             Parce que l’impossible est possibleéditions Salvator

*Nos frères protestants vivent la même réalité lors de la Sainte Cène.

 ​Faisons nôtre la prière de notre fondatrice :

Seigneur Jésus-Christ
En la joie de ce jeudi saint,
o
ù avant de quitter visiblement les hommes,
a
u seuil de la mort,
t
u nous as livré le secret, la promesse
e
t le moyen de communier éternellement à toi…
e
t par toi, à tous les êtres humains, nos frères,
j
e remets entre tes mains
t
out ce qui demeure encore en moi d’amour de moi-même,
d
’orgueil de moi-même, de regard sur moi-même…
a
fin que tu le consumes définitivement
a
u feu de ton amour
e
t le fasses mourir avec toi pour le ressusciter en pur amour.
I
nfaillible secret de l’universelle communion
à
 laquelle tu m’as attachée.

Que ton amour en moi me fasse parvenir
à
la liberté intérieure des enfants de Dieu.
Et pour cela,
q
ue toute possible blessure d’amour-propre
s
e mue désormais en moi en blessure d’amour…
g
râce à ta Présence souveraine en mon cœur.

​​​​​​​​​   Marguerite Hoppenot
​​​​     Extrait de « Prières d’amour, prières de vie »

MERCREDI SAINT – QUI DE NOUS ?

Il faut se reconnaître, si peu que ce soit, dans l’attitude des participants de cette extraordinaire et bouleversante histoire qui est toujours actuelle. C’est celle de la vie humaine, de l’être créé à l’image de Dieu, intelligent, libre et responsable.Libre, parce que l’amour ne s’impose pas.

 « Nous pensons tous de bonne foi que nous aurions été de ceux qui n’auraient pas crucifié Jésus-Christ.

Peut-être cela est-il vrai, mais alors sommes-nous bien sûrs que nous n’aurions pas été de ceux qui l’auraient laissé crucifier ?

Le Christ, sous un visage ou sous un autre, est vivant parmi nous jusqu’à la fin du monde !

Qui d’entre nous, peut-être même surtout nous qui nous préoccupons tant de son Règne, ne participe inconsciemment à l’entreprise collective de crucifixion ?

Car le Christ vivant « dérange » même ceux qui croient l’aimer et le veulent établir.

C’est dans les replis de nos cœurs qui, secrètement, refusent souvent le Christ pour ce qu’Il est, que se cachent les innombrables points d’appui de son accusation.

Le Golgotha se vit tous les jours, à toutes les époques, au milieu de nous.

Il se trouve toujours :

un Judas pour trahir,

un Pierre pour renier,

des Pilate pour s’en laver les mains,

une foule aveugle pour hurler avec les loups…et réclamer Barabas,

quelques  « bien renseignés » pour témoigner en accusation,

quelque docteur de la loi pour justifier la mort au nom de Dieu lui-même,

quelque visage sans nom pour donner le coup de grâce,

des passants pour hocher la tête,

et des amis pour laisser faire !

Dimanche des Rameaux ! Vendredi Saint ! Que vous fûtes proches dans le temps !

Que vous êtes proches, ou même mêlés, dans nos pauvres cœurs d’hommes ! »

​​​​​​​​ Marguerite Hoppenot, 1957​​​​​​​​​

Vers le Royaume

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