Mois: mai 2020

Chaque semaine, Sève propose une parole biblique que chacun reçoit comme si elle lui était adressée personnellement pour éclairer sa vie aujourd’hui. Les membres de Sève méditent chaque jour cette parole et la partagent lors de leurs réunions régulières, pour se laisser transformer personnellement et ensemble.

Paroles de la semaine – Juin 2020

JUIN 2020
du 1er au 7 juin
1 Co 12, 7

Chacun reçoit le don de manifester l’Esprit en vue du bien de tous.

du 8 au 14 juin
Is 50, 4

Dieu mon Seigneur m’a donné le langage d’un homme qui se laisse instruire , pour que je sache à mon tour réconforter celui qui n’en peut plus. La parole me réveille chaque matin, chaque matin elle me réveille pour que j’écoute comme celui qui se laisse instruire.

du 15 au 21 juin
1 Co 12, 26-27

Si un membre souffre tous les membres partagent sa souffrance ; si un membre est à l’honneur, tous les membres partagent sa joie. Or vous êtes le corps du Christ et vous êtes ses membres, chacun pour sa part.

du 22 au 28 juin
2 Co 12, 9

Ma grâce te suffit ; ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse.

​​​​​La Pentecôte

« Ainsi, nous voici convoqués à prendre à notre compte l’évènement spirituel de la Pentecôte et à le revivre, en nous y préparant, comme les disciples, après l’Ascension, dans la Chambre Haute (Ac  1, 13).
C’est à une expérience de « vie dans l’Esprit », en pleine pâte du monde que nous sommes invités. D’une part par un renouveau de contemplation, de prière et de partage, se laisser habiter plus intensément par la présence de l’Esprit, par le feu de l’Amour, et d’autre part être attentif à l’appel du monde pour que quelque chose de la face de la terre soit renouvelé : telle est l’exigence passionnée qui engendrera notre zèle apostolique, comme elle a engendré celui des apôtres ».

​​​​​​​​​Père P.R. Cren, 1974
Dynamique de l’universel

La Chambre Haute (extraits)

 « Les dernières paroles du Ressuscité à ses disciples : « Allez, de toutes les nations faites des disciples »  ( Mt 28,19) venaient de les fonder définitivement dans leur mission apostolique….

Deux ultimes recommandations de Jésus remontent alors à leur mémoire :
D’une part :  » Demeurez ensemble dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la Force d’en Haut  » ( Lc 24,49)
D’autre part : «  Je vous donnerai mon Esprit. Il vous révèlera alors tout ce que Je vous ai dit « ( Jn 14,26)….

C’est alors que se situe l’épisode évangélique de la Chambre Haute dont le message, initiateur et révélateur de l’Esprit Saint, essentiel à toute vie apostolique, est d’une richesse insondable….

Dans ce contexte, précurseur d’universalité,  « Haute » ne signifie pas un étage supérieur, mais l’endroit où l’on prend recul et hauteur, et d’où l’on  » voit clair. Ils persévéraient dans la prière…. Pour eux, cette nécessité  était dictée par le même Amour, la même conviction et le même ardent besoin d’une dimension supplémentaire de leur être. Ce besoin jaillissait d’une triple prise de conscience : de la valeur unique du trésor reçu, de leur extrême pauvreté et de l’immensité  de leur responsabilité….

L’impulsion de l’Esprit à l’intime des disciples de Jésus redonnait une telle vie et une telle actualité aux Paroles du Maître qu’ils éprouvèrent alors l’irrésistible besoin de partager le festin de lumière qui les envahissait tous dans la diversité d’un même Esprit….

La double passion du Christ et du monde envahit progressivement le cœur des apôtres et l’élargit alors à la dimension de l’Amour Universel, seul capable de servir sans limites le dessein du Royaume….

Le temps de la Chambre Haute est le carrefour décisif de toute communauté  chrétienne en quête d’absolu et brûlée du désir d’œuvrer en vérité au Royaume fraternel des hommes …..

Seule cette étape de silence et de présence peut préparer en elle la nécessaire  Pentecôte que le monde attend. Seule, elle peut l’aider à renaître de l’Esprit à la vie de Dieu et lui apporter le supplément de Lumière, d’Amour et de Vie capable d’instaurer en son sein l’authentique renouveau qui s’impose, dans la permanence de l’Evénement initial qui la fit naître ».

​​​​​​​​​Marguerite Hoppenot , 1969
​​​​​​​​​Cette vie qui m’est donnée

Question :
Engagés, avec une âme d’apôtre, comment recevons-nous les recommandations du Christ ?

du 25 mai au 31 mai 2020

 »Le Paraclet, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses et vous fera ressouvenir de tout ce que je vous ai dit. »

Jn 14, 26

du 18 mai au 22 mai 2020

« Que le Dieu de l’espérance vous comble de joie et de paix dans la foi afin que vous débordiez d’espérance par la puissance de l’Esprit. »

Rm 15, 13

de Pâques à l’Ascension

Marie-Bernarde, Aquarelle méditative

Marie-Bernarde,
Aquarelle méditative

du 11 mai au 16 mai 2020

« Je vous ai dit cela pour qu’en moi vous avez la paix. En ce monde, vous faites l’expérience de l’adversité, mais soyez pleins d’assurance, j’ai vaincu le monde. »

Jn 16, 33

De Pâques à l’Ascension

 Je  pense que le temps liturgique est un temps qui s’est passé pour Jésus-Christ entre Pâques et l’Ascension. Il est un temps absolument merveilleux parce que Jésus-Christ ressuscité passe ces quarante jours – un temps biblique – à faire faire le passage à ses apôtres d’une présence visible à une présence invisible. Le Christ forme ses apôtres à le reconnaître sous d’autres formes et à être eux-mêmes une présence de Jésus-Christ sous d’autres formes. C’est passionnant.

Dans les Evangiles : cette présence de Jésus-Christ qui se révèle sous la présence d’un jardinier. C’est une éducation, c’est une culture. L’œuvre de Jésus-Christ est une œuvre de culture  humaine, de culture au sens de la terre… cette transformation progressive des êtres, des êtres purement humains en êtres spirituels, en êtres chrétiens… sous la forme d’un jardinier. Et Jésus-Christ se fait reconnaître en disant : « Marie », un mot de tendresse humaine. Il l’a reconnue, elle, personnellement. Ce n’est pas global. Ce n’était pas un homme ou une femme, c’était Marie, ce regard personnel qui reconnait la personne.

Et tous les disciples d’Emmaüs, cet épisode fut assez extraordinaire. Jésus-Christ cheminait avec eux. Ils trouvaient que c’était bon, qu’une chaleur sortait de lui, cette chaleur de l’amour qui fait que l’on est épanoui, que l’on se sent bien. Il cheminait avec eux… L’Amour, Jésus-Christ, cheminait avec les êtres. Il ne donne pas des  grands décrets, des grandes choses, des grandes leçons. Il cheminait avec les êtres. Il les accompagne dans leur vie. Il leur est toujours proche.

Alors, Il leur explique l’Ecriture c’est-à-dire que Jésus-Christ rendait l’Ecriture intelligible au niveau de leur vie. Il leur faisait com-prendre, Il leur permettait de la prendre avec eux. Ce n’était pas une abstraction, cette Ecriture était parole de vie. Il leur faisait comprendre l’Ecriture au niveau de leur vie. Il la rendait « prenable »…faire l’expérience.

 Ils le reconnurent à la fraction du pain, le partage, toute cette notion du partage. Ce n’est pas simplement la manière de couper le pain, c’est une mise en commun de tout… Ils le reconnurent à la fraction du pain.

Et puis, il y a quelque chose d’assez extraordinaire : leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître, c’est très intéressantPour découvrir Jésus-Christ, pour reconnaître Jésus-Christ, il faut d’autres yeux que des yeux purement humains. Seuls, les yeux de l’Esprit peuvent reconnaître l’Esprit. Il faut d’autres yeux, il faut les yeux de l’amour pour pouvoir reconnaître Jésus-Christ.

Tout cet épisode de Pâques à l’Ascension est un épisode extrêmement intéressant. Finalement, tous les signes de la présence de Dieu se présentent sous l’angle du partage, de l’amour, du cheminement avec les êtres, du service, de la communion, de l’intelligence de la vie. Alors, il fallait que ses disciples soient signes de cette présence de Jésus-Christ, révélateurs de cette présence à travers ces signes là et qu’ils y reconnaissent eux-mêmes la présence de Jésus-Christ chez les autres.

C’est le discernement de Jésus-Christ sous d’autres formes.

Marguerite Hoppenot, 1979
Parce que l’impossible est possible, Ed. Salvator
Interrogeons-nous :

1) Puis-je reconnaître dans ma vie personnelle, dans ma vie relationnelle, la Présence du Christ ressuscité ? A travers quels signes ?

2) Comme pour les apôtres, à quoi cela m’appelle-t-il ?

  « Reste avec nous, Seigneur »Lc 24,29
​​​​​​​« Notre cœur n’était-il pas tout brûlant au-dedans de nous ? » Lc 24,32

Le Christ ressuscité et Marie-Madeleine

Suis-je comme Marie-Madeleine dans une telle joie, un tel émerveillement qu’elle courut annoncer la Bonne nouvelle ?

C’est là, quand je me retrouve seule au cœur de mes souffrances, quand le désespoir semble m’envahir et en même temps, j’ose encore espérer que la lampe si faible soit-elle, reste encore allumée, pour que la vie ait encore un sens. C’est là, un jour où j’étais seule face à moi-même, mon seul interlocuteur étant replié dans le silence,  au cœur de mes épreuves qui me semblaient interminables, venant de tous côtés, quand, à bout de forces, ma voix cria au secours, quand je suppliai de l’aide, dans la reconnaissance de mes faiblesses, dans mes larmes versées mêlées d’affliction et de repentance ; c’est cet état d’être qui a laissé place à un grand vide intérieur (le tombeau vide). Cette mise à nu, cette attitude a ouvert en moi une porte intérieure dont je ne détiens pas la clé. Et je m’entends dire encore : « Seigneur Jésus, toi qui nous promets le bonheur, la paix, la joie, toutes les belles choses qui nous sont racontées dans les évangiles, j’aurai tellement envie que tout cela se réalise.

A peine avais-je fini de prononcer ces paroles, que je me suis sentie soudainement comme envahie d’une douce et apaisante lumière, comme transportée dans un environnement où il n’y a plus de frontières, où tout est aplani avec un alignement parfait où seul l’Amour règne en Maître : sensation de légèreté, de liberté totale, d’abondance où tout est agréable à vivre, et tout cela, sans pour autant avoir accompli le moindre effort pour le mériter. Les mots ici ne sont pas assez forts pour décrire l’intensité de cet instant.

Malgré mes peurs encore très présentes au moment, je me souviens avoir dit : « si c’est ça ton bonheur promis, Jésus, alors, oui, je suis d’accord pour suivre le chemin qui y conduit ».

Depuis cet instant, ma vie a basculé, c’est certain. Je ne croyais plus en un Dieu que je cherchais à l’extérieur, dans les commandements que j’avais appris par cœur et que je m’efforçais de respecter à la lettre dans une confiance totale, avec un esprit perfectionniste dans tout ce que j’accomplissais. Ici, c’est un Dieu d’Amour inconditionnel qui s’est manifesté en moi, qui m’a appelée à le suivre dans une confiance totale pour le découvrir sur mon chemin de vie.

Qu’est-ce qui m’empêche de courir pour annoncer la Bonne nouvelle ?  Bien évidemment, comme Marie-Madeleine, j’avais envie de le dire, de le proclamer. Mais à Qui ? Qu’est-ce qui m’en empêche ?

A mes proches : troublés par une maladie me concernant liée au religieux, la peur se serait à nouveau installée.

A l’Eglise catholique : perte de confiance, déçue du non accompagnement suite à mes appels de détresse.

J’ai été accueillie par un pasteur Evangélique : Je lui parlais du Dieu Amour, oui mais c’est aussi un Dieu juste, me disait-il. J’ai ici été renvoyée à suivre des cours bibliques par correspondance : Le chemin de la Vie.

J’ai par la suite, visité des sites internet, où des témoignages me confirmaient que je n’étais pas seule à avoir expérimenté cette rencontre. Mais je souhaitais malgré tout vivement partager cette expérience avec d’autres personnes proches de chez moi. Jusqu’au jour où j’ai retrouvé dans ma bibliothèque le livre de Marguerite Hoppenot « L’homme est une histoire sacrée », et apprenant qu’elle était à l’origine d’un mouvement apostolique composé exclusivement de laïques, j’ai ainsi pris contact avec le mouvement SEVE. Et j’ai aujourd’hui la grâce de pouvoir partager mes expériences de vie avec celles des autres membres de SEVE. C’est pour moi une grande joie de me sentir unie à une communauté fraternelle.

Colette

du 4 mai au 10 mai 2020

« Que l’amour fraternel vous lie d’une mutuelle affection ; rivalisez d’estime réciproque. D’un zèle sans nonchalance, d’un esprit fervent, servez le Seigneur. Soyez joyeux dans l’espérance, patients dans la détresse, persévérants dans la prière. »

Rm 12, 11-12