Les derniers articles

MARDI SAINT – PASSION D’AMOUR, PASSION DE SOUFFRANCE

Contemplons Jésus-Christ plus intensément, en essayant de l’accompagner vers le sommet de son Calvaire, celui de sa double passion d’amour et de souffrance, vécue à l’absolu qui va nous introduire, si peu que ce soit, au mystère de sa mort et de sa résurrection.

Le martyre de son amour.

D’abord, la passion de souffrance de son amour refusé est celle dont nous ne pouvons pas nous désolidariser, car qui de nous peut croire ne pas y avoir participé, si peu que ce soit, par ses propres refus d’aimer ? Qui peut se croire absent du vaste désert d’amour et de communion d’amour qui, actuellement, asphyxie l’humanité ? Ce refus d’aimer qui crucifie encore Celui dont le don d’amour absolu n’est pas reçu. Sans doute notre participation à cette souffrance de Jésus-Christ, de l’amour donné et non reçu à sa mesure, fera-t-elle écho dans le cœur de certains d’entre-nous et donnera-t-elle à leur propre souffrance un sens plus profond, une lumière plus vive et une dimension nouvelle…éclairée par celle que Jésus donna à sa propre souffrance, celle de la communion à la souffrance de l’humanité.

Toutefois, que tous ceux et celles d’entre nous qui sont affrontés à cette douloureuse épreuve, pour eux-mêmes ou pour ceux qu’ils aiment, sachent qu’elle nous appelle non seulement à communier à la souffrance du Christ, cette souffrance de son amour non reçu, mais aussi à élargir notre propre souffrance aux multiples souffrances du monde et à sentir naître en notre cœur un authentique sentiment de solidarité fraternelle, prémices d’un amour qui s’universalise.

Le martyre de sa lumière

Essayons enfin de pénétrer, quelque peu, l’étape suprême de la passion de Jésus au Calvaire, celle de l’insondable martyre de sa lumière…à l’heure ultime où Jésus est affronté à l’échec visible de la mission de son Père.

Jésus-Christ prend conscience de l’échec visible de l’ultime message de lumière dont Il était porteur pour l’humanité, dont Il était l’unique responsable : l’échec de la Révélation plénière de Dieu au monde, celle du mystère essentiel de l’Aventure de sa Vie et de la vie.

Percevons alors la nature de déréliction de Jésus-Christ face à l’échec apparent de son message : «Père, j’ai essayé d’être fidèle à ta mission…Je t’ai donné toute ma vie pour être fidèle jusqu’au bout. N’ai-je pas été fidèle à révéler ta lumière ?»… ou alors «Pourquoi m’as-tu abandonné ?» Mt 27,46

Nous découvrons dans cette subite et ultime déréliction de Jésus-Christ la suprême tentation du Malin, celle qui doit être la suprême épreuve de beaucoup de saints, la souffrance de ne pas avoir pu communiquer pleinement la lumière qu’ils avaient reçue de Dieu.

Peut-être cette souffrance trouve-t-elle un écho dans le cœur de beaucoup d’épouses, et surtout de parents, cette souffrance de la communication, parfois impossible, de sa foi à l’être aimé, celle si fréquente de l’abandon de la foi chez tant de jeunes.

Cependant, n’oublions jamais que la vie est une longue aventure et que l’amour nous appelle à croire irréversiblement que l’homme est porteur de plus grand que lui, porteur de ce germe divin, notre espérance et que nous ne devons jamais cesser de croire en ces êtres bien aimés…apparemment loin de Dieu. Dieu n’est pas loin d’eux. Il est au fond de leur cœur et rien n’est jamais fini pour l’amour !

​​​​​​​​​           Marguerite Hoppenot

​​​​​​​​Pèlerinage aux sources23 mars 1987

LUNDI SAINT – IL FAUT QUE…

« Et maintenant, nous voici appelés à cheminer avec plus d’attention et plus d’amour encore avec Jésus-Christ Lui-même. Ce Jésus qui, un jour, nous saisit au cœur. C’est Lui qui ne cesse de nous appeler dans le secret du cœur et de nous conduire toujours plus loin afin de nous révéler peu à peu, les mystères inépuisables de sa Vie et de notre vie. »

Marguerite Hoppenot​​​​​​

Pèlerinage aux sources, 23 mars1987


« On connait l’histoire, on la rappelle, on va en faire mémoire. Est-ce que tout était prévu d’avance ?

Là nous touchons du doigt la prise de conscience que nous avons faite sur la différence entre « commémorer » et «célébrer ». Commémorer ce n’est pas une histoire vivante, c’est une histoire passée.

Frère inconnu, es-tu désormais convaincu que l’Evangile n’est pas seulement l’histoire de Dieu fait homme, intervenant il y a 2.000 ans dans l’histoire humaine, mais qu’il est l’aventure toujours actuelle qui doit s’inscrire indéfiniment dans la vie des hommes, la tienne comme la mienne, afin de prolonger la révélation du Christ au monde et de témoigner toujours de l’Alliance d’Amour entre Dieu et nous ?

Si notre vie veut témoigner jusqu’au bout de cette Alliance, les dernières étapes de la vie de Jésus nous concernent à notre tour. Ce sont celles où Il s’affronte au péché du monde, le refus d’aimer et en triomphe.

J’aimerais que nous réfléchissions à cette parole : « Il faut que » ?

  • Première interprétation :

Il fallait que Jésus-Christ accomplisse la volonté de mort que son Père avait sur Lui pour le rachat du monde. C’était prévu : il fallait que Jésus-Christ meurt pour racheter les péchés du monde ?

  • Deuxième interprétation :

Il fallait que Jésus-Christ accomplisse les Ecritures ? (Mc 14,49).Les Ecritures, ce n’est pas Dieu qui les a écrites. Justement, Jésus-Christ n’a rien écrit. Les Ecritures ce sont des gens comme nous qui les ont écrites. Ils étaient un peu plus prophètes que nous, ils voyaient un peu mieux devant, mais devant leur époque. Les prophètes n’étaient pas Jésus-Christ, ils n’étaient pas Dieu. Et Jésus-Christ n’a rien écrit.

Tout ce qui est écrit l’a été par des êtres humains qui avaient leur tempérament, qui étaient plus ou moins optimistes. Jésus-Christ, Lui, a tout inscrit dans la vie.

Jésus-Christ serait-il venu au monde pour attester la vérité des Ecritures ?

Jésus-Christ, le Fils de Dieu, serait venu pour attester ce qu’a dit Isaïe ? (Mt 4,14).

  • Troisième interprétation  que je vous propose :

Il faut que…Il fallait que Jésus-Christ aille jusqu’au bout de la révélation de la Bonne Nouvelle que l’Amour est sans limites et que Dieu est donc Par-Don d’Amour, nouveau don d’amour indéfiniment.

Est-ce que pendant cette semaine, nous allons réfléchir à cette histoire et nous sentir  concernés ? »

Marguerite Hoppenot​​​​​​

​​​​​​​​​      Ecrits personnels 1994

Dimanche des Rameaux

Aujourd’hui, dimanche des Rameaux .

« Qu’a été le dimanche des Rameaux ?

Qu’est pour vous  le dimanche des Rameaux ?

C’est la fête de la re-connaissance. Ce n’est pas simplement dire merci à Dieu.

C’est la fête de la reconnaissance pour tout le monde ; l’allégresse de la reconnaissance.…..

C’est extraordinaire de penser au dimanche des Rameaux : toute cette foule était enthousiasmée. Jésus-Christ lui avait révélé des choses. Il était enthousiasmant. Qu’on s’arrête à la joie de tous ces gens qui cherchent à le fêter. C’était la fête du bonheur, du paradis entrevu.

Ayant contemplé cette fête des Rameaux qui avait suscité un enthousiasme, nous pouvons prendre conscience, en nous, de ce qui fait écho à cette fête, dans notre propre vie, à notre petite mesure. C’est une histoire qui se prolonge, qui se continue, elle doit s’amplifier dans le nombre. « Vous ferez toutes les choses que je fais, vous en ferez même de plus grandes » nous dit Jésus-Christ. C’est cela qui doit s’étendre de plus en plus »

​​​​​​Marguerite Hoppenot, 1994  

 Ce mot « reconnaisance » a-t-il un écho dans notre vie ?

Re-connaissons les traces de Dieu dans notre vie.

 ❖ ❖
« Seigneur, je comprends alors pourquoi Tu affirmes : « Je suis la Vie » car je découvre, jour après jour, que la vie jaillit inépuisablement de l’Amour, et qu’elle devient alors lumière pénétrante, éblouissante, cette lumière de l’Amour qui éclaire tout, qui efface toutes les ombres entre les êtres et rend toutes choses vivantes, transparentes merveilleusement cohérentes et, peu à peu, transfigurées à travers moi, pour les autres ».

​​​​​​​​           Marguerite Hoppenot, 1982

​​​​​​​​      Prières d’amour, prières de vie

La croix

Au seuil de la semaine sainte, en ce temps où le combat pour la vie est engagé sur l’ensemble de la planète, contemplons le mystère de La Croix, son secret de vie et d’espérance pour le devenir du monde.

«Le signe de la croix, pour moi, c’est ce signe absolu de : «qui est Jésus-Christ et qui nous devons être». Le signe de la croix c’est précisément ce signe de l’irruption du divin dans l’humain que représente Jésus-Christ, le croisement fondamental de l’humain et du divin – pleinement Dieu, pleinement homme.
Le chrétien est l’homme qui est appelé à s’ouvrir totalement au divin, à l’Esprit de Dieu, pour être transformé en Lui et devenir fils de Dieu. Croisement de l’humain et du divin. Ce que je regrette tellement fort c’est qu’on ait fait de ce signe seulement celui de la souffrance avec ce Jésus-Christ cloué sur cette croix qui est un signe de souffrance, de douleur, de douleurs physiques… alors que la souffrance, comme je vous le disais tout à l’heure, n’est que la conséquence du croisement du divin dans l’humain, de ce rejet qui provient de l’humain, de «l’hommerie» dans l’homme , si vous voulez… du Malin dans l’homme.
Ce croisement est difficile. C’est l’Incarnation. C’est le signe du mystère de l’Incarnation qui, finalement, a engendré tous les autres mystères : il a engendré le mystère de communion, qui a engendré le mystère de Rédemption, qui a engendré le mystère de Résurrection.»
—–
«La lumière naît de la vie qui s’éclaire et qui interroge «au-delà» indéfiniment. Oui, la lumière éclaire l’expérience de la vie, celle de l’être et puis cette lumière devient interrogation permanente. Elle pousse toujours plus loin…
La lumière éclaire derrière ce qui a été vécu, l’expérience, et elle éclaire devant, c’est-à-dire qu’elle pose indéfiniment de nouvelles interrogations.»

​​​​​​​​​Marguerite Hoppenot, 1979
​​​​​Extraits de Parce que l’impossible est possible
​​​​​​​​Editions Salvator

Nous pouvons aussi nous nourrir du chapitre «La croix et son secret» dans Cette vie qui m’est donnée
Les textes de Marguerite Hoppenot nous guident sur notre chemin personnel et commun:
• Quelle signification la croix a-t-elle dans ma vie ?
• Dans les circonstances actuelles, comment recevons-nous ces écrits ?

​​​​​​​​​​ 1er avril 2020

NOUVELLES DE PONTAILLAC

Avec les nouvelles technologies, hier, 27 mars 2020, « Pontaillac » s’est réuni…
Échanges, dialogues d’une exceptionnelle profondeur avec le texte:
« Vie contemplative » (extrait de La Main de Dieu) qui était soutenu par quelques questions :

– Contemplation passive – Contemplation d’action
– Qu’évoquent pour moi, ces 2 termes ?

« … je compris par une sorte d’intuition vitale que Dieu seul pouvait donner Dieu… et qu’il ne se donnait qu’au désert. »

– Que signifie pour moi le mot « désert » ? Quelle expérience en ai-je ?
– Quels en sont les fruits ?
– Servent-ils « le bien commun », la fraternité universelle ?

Étonnant ! c’est notre aînée, 92 ans… qui a le mieux saisi le bon fonctionnement de notre nouvelle communication… cela a alimenté notre joyeuse complicité .

Nous avons décidé de faire nôtre cette intention partagée afin de nourrir notre communion pour l’apporter vers un univers élargi.
« Que ces temps extra-ordinaires,au sens propre, qui par ailleurs se superposent au carême de cette année 2020, soient pour chacun un temps de retour à l’essentiel, mais aussi de fécondité et d’ouverture aux autres (ces « autres » que paradoxalement nous ne pouvons plus fréquenter ni embrasser…). Cela nous fait comprendre que nous ne sommes plus dans des relations « mondaines », mais vitales.

L’équipe de Pontaillac qui vous salue !

Qu’est-ce donc que la prière ?

Vais-je vous scandaliser ?
Je reçois des messages qu’on me demande de publier à mon tour. Je ne peux pas publier car je ne suis pas d’accord. Pourtant ce qu’on me demande peut paraître bien.
Ce qu’on me demande : faire une chaîne d’un million de « Je vous salue Marie » pour qu’arrête l’épidémie du coronavirus. Derrière cela, ne voit-on pas encore un Dieu Tout Puissant qu’il faut être un grand nombre à prier pour qu’Il décide enfin de nous exaucer ?
Est-ce un Etre d’Amour qui veut le bonheur de ses enfants et pourtant qu’il faut supplier en multipliant les prières pour qu’Il agisse enfin. Dieu pourrait arrêter les guerres, détruire les virus et ne ferait rien sans être supplié ? N’est-ce-pas, comme dit une grande spirituelle, Marguerite Hoppenot , c’est « plutôt Dieu qui nous supplie » de ne pas détruire notre planète, de ne pas nous entre détruire.

Qu’est-ce donc que la prière ? N’est-ce-pas avant tout d’être à l’écoute de ce que notre cœur nous inspire, ce lieu où on peut rencontrer sa Présence aimante en nous ? Peut-être que, sans le savoir, des incroyants peuvent être à son écoute plus que des croyants. Pourquoi tant de gens ne croient pas en Dieu ? Je crois que c’est très souvent à cause du visage qu’on leur a fait voir de Dieu, un Etre Tout Puissant qui décide tout, qui domine et qui punit.
Et si Dieu était cette force intérieure plus grande que nous qui nous entraîne à donner notre vie pour les autres, pour une fraternité de plus en plus universelle, si Dieu était cette capacité d’aimer qui nous dépasse en nous et nous rend capable de donner notre vie… Le fondateur de Taizé, le frère Roger Schutz disait : « Dieu n’a que la puissance d’aimer ». Une autre grande spirituelle, Etty Hillesum, étant dans les camps de concentration, écrivait : « Je vois bien que Dieu est impuissant à nous aider (devant ce que les Allemands alors étaient en train de faire). C’est plutôt à nous d’aider Dieu en protégeant sa demeure en nous, en refusant d’y laisser entrer la haine ».

Alors, réciter des prières sert à quoi ? Cela sert si c’est une façon pour nous d’être en état de réceptivité, d’accueil de sa Présence, d’écoute des intuitions profondes pour ensuite travailler à bâtir un monde plus juste…Si réciter des « Je vous salue Marie » nous met dans cet état d’accueil et d’écoute intérieure, d’ouverture aux inspirations, c’est merveilleux.

Ghyslain Jullien, prêtre
​​​​​​​​du Canada

Annonciation – 25 mars 2020

Nous voilà confinés entre nos murs, loin de ceux qu’on aime et de ceux avec qui on travaille. Situation inimaginable au vrai sens du terme qui dépasse la fiction et qui nous laisse dans un état de sidération inconcevable.
Le calendrier, lui, avance et nous donne un rendez-vous avec la fête de l’Annonciation. Peut-on parler de fête dans ces conditions ? A-t-on le cœur disposé à fêter quelque chose ou quelque bonne nouvelle ? Nous osons répondre « oui » à ces questions.
Laissons-nous rejoindre par cet écrit de Marguerite Hoppenot
:

« L’étape initiale de la présence du Dieu vivant parmi nous, première page terrestre de son mystère de vie, s’ouvre en effet lors de l’Annonciation à Marie, lorsque la Parole éternelle s’adressant à elle lui fit entendre simplement : « Veux-tu ? »……
Veux-tu que ma vie vienne habiter ta vie ?
Veux-tu ouvrir ta vie limitée au don de ma vie qui va en faire éclater les limites ?
Veux-tu que ma vie divine passe par ta vie humaine pour être livrée au monde ?

La réponse de Marie : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon sa volonté » est le point de départ de l’irruption du Dieu vivant dans le monde des hommes.
Ce « oui » prononcé dans la foi nue est le consentement donné, dans la dépendance absolue de l’Amour à Celui en qui on croit, qu’on veut suivre et à qui on fait confiance, dans l’ignorance totale des conséquences de ce « oui ».
L’avènement du Fils de Dieu en ce monde, cet évènement historique et universel, fut donc suspendu à un « oui » humain…..

A la suite de Marie, il nous faut donc vivre à notre tour la première face cachée du mystère, notre réponse à l’appel intime de l’Esprit vivant en nous, le « oui » de notre Annonciation…..
L’Annonciation, annonce de la promesse tenue, porte d’entrée du Christ en ce monde à travers un cœur ouvert et disponible, est suivie d’une succession de secrètes annonciations auxquelles tout au long de sa vie Marie répond « oui »….
Ainsi en est-il pour l’aventure du Christ en notre propre vie. Comme pour Marie, il y a l’annonciation première, décisive puisqu’elle nous introduit au seuil du chemin.
Toutefois, c’est au long d’une succession d’appels, inhérents aux exigences de la route et requérant indéfiniment notre consentement, que se dévoilent progressivement en nous toutes les étapes du mystère.»
​​​​​​​​Marguerite Hoppenot, 1966
​​​​​Extrait de « Cette vie qui m’est donnée »

Seigneur, aide-moi à prendre aujourd’hui la décision d’être attentif à ces petites annonciations que Tu veux me faire entendre afin de m’engendrer peu à peu à Ta vie de fils de Dieu. Cette vie que Tu veux me communiquer et qui me fera devenir peu à peu, en vérité, frère de mes frères.

Méditation du « Notre Père »

Nous nous joignons à l’appel du Pape François à tous les chrétiens de prier ensemble le « Notre Père » le 25 mars avec cette méditation de Marguerite Hoppenot

Voulez-vous que nous méditions le « Notre Père » ?
Cette prière que Jésus-Christ nous enseigna lui-même pour cheminer vers son Royaume.
Elle résume et éclaire à jamais, pour tous les hommes, le dessein de Dieu, celui que nous avons essayé de découvrir un peu mieux afin de pouvoir le vivre et le servir toujours plus fidèlement.
Nous pouvons dire :
« Notre Père »…
Et pas seulement « mon » Père puisque nous sommes tous devenus fils, si peu que ce soit,
alors nous sommes tous frères et nous pouvons dire « notre Père » en vérité.
« Qui es aux cieux »…
Dans l’au-delà infini, dans celui de l’Amour sans limites, donc au-delà de tous nos « moi » indéfiniment, indéfiniment au-delà de tous nos « moi ».
C’est là que nous nous retrouverons toujours.
« Que ton nom soit sanctifié »…
Que ton nom qui est « Amour sans limites » et « Unité de diversités » soit vécu par tes enfants.
Qu’il nous sanctifie, qu’il nous engendre sans cesse davantage à la vie de fils et de filles en vérité.
« Que ton règne vienne »…
C’est ainsi qu’adviendra le règne de l’amour, ton règne, Seigneur, à travers la communion fraternelle des hommes qui nous appelle à parachever ta création.
« Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel »…
Ta volonté essentielle, ton ultime volonté, ton unique volonté, c’est ta Vie, Seigneur !
Celle qui est vécue en plénitude au-delà du voile.
Que ta volonté d’amour et de communion devienne progressivement la nôtre pour que nous soyons artisans de ton ultime prière pour tes enfants : «Père qu’ils soient un comme nous sommes un»…
« Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour »…
Oui, Seigneur, nous sommes si faibles, donne-nous le soutien qui est celui de ta vie en nous.
Aide-nous à y être attentifs. Donne-nous le soutien de cette grâce, de ta grâce, jour après jour…
« Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés »…
Là, il nous faut retourner notre prière. Aide-nous à pardonner, à ré-ouvrir notre cœur à l’amour afin que nous puissions, nous, recevoir ton pardon.
Nous ne pourrons recevoir ton pardon que si nous pardonnons, puisque Toi, tu nous donnes ton pardon, toujours. Tu es comme le soleil : il donne toujours sa lumière. Si nous fermons nos volets, nous ne pouvons pas la recevoir.
Alors, pardonnons, ré-ouvrons notre cœur à l’amour et nous recevrons ton pardon, mon Dieu, celui que tu ne cesses jamais de nous donner puisque ton don d’amour est sans limites…infini !
« Ne nous soumets pas à la tentation »…
Cette parole est aussi quelque peu ambigüe car Dieu ne nous soumet pas volontairement à la tentation. Il ne nous tend pas des pièges pour éprouver notre fidélité.
« Ne nous soumets pas à la tentation » signifie pour moi :
Seigneur, que les appels de ton amour et ses exigences en nous ne soient pas pour nous l’objet de découragement, qu’ils ne nous arrêtent pas sur le chemin de l’amour que nous avons choisi de vivre.
Et alors peut-être, sur un plan plus mystique, celui du mystère de Dieu dont nous avons pris conscience, en découvrant que c’est le Christ vivant, le fils de Dieu en nous, qui est le seul objet des attaques du Malin.
Alors, Seigneur, que ces attaques du Malin ne soient pas trop fortes pour la faiblesse de ton enfant.
« Mais délivre-nous du mal »
Sois, en nous, Seigneur, la présence de l’amour libérateur.
Délivre-nous du plus grand mal qui puisse nous arriver…nous séparer de l’Amour, nous séparer de toi, Christ vivant.
Alors, sois en chacun de nous, comme en chacun de nos foyers, chacune de nos équipes, chacune de nos paroisses, et dans ton Eglise tout entière, l’amour vivant, vivifiant, vivificateur :
NOTRE SAUVEUR !

​​​​​​​​​Marguerite Hoppenot
​​​​​​​Extrait du livre « Prier c’est aimer »

Vie contemplative

Dans les circonstances actuelles, comment recevons-nous cet écrit de Marguerite Hoppenot ?

Contemplation  passive

Demeurer là, immobile, dans la sécheresse ou la douceur, dans les ténèbres ou la lumière, silencieuse, ouverte, vide, adorante, disponible, offerte au soleil de la Présence : Présence de « Quelqu’un ».
Me laisser baigner, pénétrer, imprégner de ce que Dieu « Est », de ce qu’Il veut à sa manière à Lui, sans mots, comme une fleur s’offre en s’abandonnant aux rayons du soleil. Indicible attrait pour cette attitude contemplative dès mon plus jeune âge, aussitôt après ma première communion.

Contemplation d’action

Ce à quoi l’Esprit Saint m’initia, sans nul intermédiaire humain et auquel je fus introduite par la grâce, ne vint que longtemps, très longtemps après.Comme toujours, je ne connus et ne compris que très progressivement ce que, par la grâce, je faisais depuis longtemps déjà. A peine le réalisais-je assez clairement aujourd’hui pour pouvoir peut-être l’exprimer. Le Seigneur veuille m’y aider.

« Demeurez en moi et moi en vous » Jn 15,4.

 Ce mode de contemplation suppose déjà que le Christ soit devenu « Quelqu’un » pour nous : Personne vivante, invisible, mais éternellement vivante et présente. Elle suppose aussi que tous les gestes, toutes les paroles du Christ aient pour nous une portée éternelle, toujours actuelle.

Je voudrais passer ma vie à passer dans ta vie…
Cette nouvelle voie de contemplation s’ouvrit au cœur de mon inextinguible soif d’union à Dieu ! Au sein même de ma vie mangée au moment où, lasse de mes échecs pour atteindre Dieu, si peu que ce soit, par mes propres efforts humains, je compris par une sorte d’intuition vitale que Dieu seul pouvait donner Dieu…et qu’Il ne se donnait qu’au désert.

La pauvreté intérieure, le vide progressif du « moi » m’apparurent peu à peu la condition essentielle à une vie contemplative authentique qui ne soit ni illusion, ni évasion, ni projection de soi-même.Dès lors, il y eut toujours un rapport étroit entre la réalité de la vie du Christ et de la mienne. Ma nouvelle voie de contemplation devint en quelque sorte l’interpénétration de ces deux vies, dans une communion née d’un regard d’amour, une sorte d’imprégnation de la vie du Christ dans ma pauvre vie, mais aussi une sorte de transposition de ma vie dans la sienne.

Toutes les circonstances de ma vie me servirent désormais de point d’appui pour essayer de saisir une parcelle de la réalité infinie vécue par le Christ. Heures de solitude, d’échec, de compassion, de souffrance, de travail pénible, de lassitude, d’attente des âmes, d’incompréhension
J’essaie ainsi, grâce au pauvre tissu de ma vie quotidienne, de rejoindre le Christ dans un aspect du mystère de sa vie.
Contemplation complètement désintéressée dont le Christ est l’objet.

La réalité humaine vécue au départ m’aide à me projeter dans la réalité infinie, à me perdre en elle !

Mon autre mode de contemplation a, au contraire, ma vie pour objet. Je m’efforce alors de la regarder avec le regard du Christ, de la baigner à la lumière que projetterait sur elle la confrontation brûlante du mystère du Christ et de son Evangile.
Dans ce dernier cas, c’est le Christ qui vient me rejoindre. Dans l’autre, c’est moi qui, à l’aide de ma vie, m’efforce d’accéder, si peu que ce soit, à la sienne.

Sur le chemin qui conduit à cette communion d’amour : Prière, Parole de vie, Pain de vie, Humilité, Pauvreté, Fidélité, Amour.
Marguerite Hoppenot
La main de Dieu, tome I p. 75

du 27 avril au 3 mai

C’est trop peu que tu sois pour moi un serviteur en relevant les tribus de Jacob, et en ramenant les rescapés d’Israël ; je t’ai destiné à être la lumière des nations, afin que mon salut soit présent jusqu’à l’extrémité de la terre.
Is 49,6

Page 1 sur 47