Nous voilà confinés entre nos murs, loin de ceux qu’on aime et de ceux avec qui on travaille. Situation inimaginable au vrai sens du terme qui dépasse la fiction et qui nous laisse dans un état de sidération inconcevable.
Le calendrier, lui, avance et nous donne un rendez-vous avec la fête de l’Annonciation. Peut-on parler de fête dans ces conditions ? A-t-on le cœur disposé à fêter quelque chose ou quelque bonne nouvelle ? Nous osons répondre « oui » à ces questions.
Laissons-nous rejoindre par cet écrit de Marguerite Hoppenot
:

« L’étape initiale de la présence du Dieu vivant parmi nous, première page terrestre de son mystère de vie, s’ouvre en effet lors de l’Annonciation à Marie, lorsque la Parole éternelle s’adressant à elle lui fit entendre simplement : « Veux-tu ? »……
Veux-tu que ma vie vienne habiter ta vie ?
Veux-tu ouvrir ta vie limitée au don de ma vie qui va en faire éclater les limites ?
Veux-tu que ma vie divine passe par ta vie humaine pour être livrée au monde ?

La réponse de Marie : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon sa volonté » est le point de départ de l’irruption du Dieu vivant dans le monde des hommes.
Ce « oui » prononcé dans la foi nue est le consentement donné, dans la dépendance absolue de l’Amour à Celui en qui on croit, qu’on veut suivre et à qui on fait confiance, dans l’ignorance totale des conséquences de ce « oui ».
L’avènement du Fils de Dieu en ce monde, cet évènement historique et universel, fut donc suspendu à un « oui » humain…..

A la suite de Marie, il nous faut donc vivre à notre tour la première face cachée du mystère, notre réponse à l’appel intime de l’Esprit vivant en nous, le « oui » de notre Annonciation…..
L’Annonciation, annonce de la promesse tenue, porte d’entrée du Christ en ce monde à travers un cœur ouvert et disponible, est suivie d’une succession de secrètes annonciations auxquelles tout au long de sa vie Marie répond « oui »….
Ainsi en est-il pour l’aventure du Christ en notre propre vie. Comme pour Marie, il y a l’annonciation première, décisive puisqu’elle nous introduit au seuil du chemin.
Toutefois, c’est au long d’une succession d’appels, inhérents aux exigences de la route et requérant indéfiniment notre consentement, que se dévoilent progressivement en nous toutes les étapes du mystère.»
​​​​​​​​Marguerite Hoppenot, 1966
​​​​​Extrait de « Cette vie qui m’est donnée »

Seigneur, aide-moi à prendre aujourd’hui la décision d’être attentif à ces petites annonciations que Tu veux me faire entendre afin de m’engendrer peu à peu à Ta vie de fils de Dieu. Cette vie que Tu veux me communiquer et qui me fera devenir peu à peu, en vérité, frère de mes frères.