Catégorie: Où Sève croise l’actualité (Page 1 sur 13)

Réflexion sur le temps actuel

Un monde où l’on rejette la paternité en raison de son visage caricaturé est un monde qui se défait, un monde flottant.
Les générations tendent alors à se succéder dans l’ordre purement physique, à l’image du règne animal. Elles se juxtaposent, jusqu’à s’opposer, en amollissant le lien vital qui les fait être, qui les relie et les lie au sein de leur communauté de destin.
Elles perdent de ce fait leur raison d’être.
Seul l’amour qui est « recevoir » et « donner » peut assurer cette communication de vie qui fait également exister celui qui donne et celui qui reçoit, l’engendreur et l’engendré, le père et le fils.
Seul l’amour peut donc assurer une pleine fidélité à l’ordre de la vie et l’orientation positive pour tous des générations de la vie, au bénéfice de leur communauté.
Cette fidélité implique sur tous les plans le total respect des lois de nature et donc le jeu permanent et libre des réalités vitales de filiation et de paternité.
Ces réalités sont significatives d’expérience et de dynamisme, de tradition et de progrès, facteurs essentiels de l’harmonie, de l’équilibre et du progrès du monde.
« Si jeunesse savait … si vieillesse pouvait » !
Quel appauvrissement général de dissocier les possibilités du « savoir » et les possibilités du « pouvoir ».
Le meilleur et le plus efficace service de l’humanité implique la collaboration intime et l’alliance désintéressée des capacités de réflexion et des capacités d’action.
Leur opposition et leur dissociation est une atteinte mortelle au bien commun parce qu’elle est une dislocation du corps vivant et la mort de son unité.

Marguerite Hoppenot
Extrait de ses cahiers personnels, mai 1968

L’Être Église est malade…

Ce qui manque dans l’Église, c’est la réalité vivante de Jésus-Christ. On semble perdre le secret de ce mystère chrétien.
Seule la Présence vivante de l’Esprit est source de vie qui demeure. Autrement, c’est construire sur le sable.
Il faut que le mystère de Jésus Christ soit vivant au cœur de l’Église. Le mystère de l’Église n’est pas autre que le fruit du mystère de l’incarnation de Jésus Christ, c’est-à-dire de l’incarnation de l’amour, qui engendre cette réalité vivante du mystère de communion.
Si l’Église n’est pas vivante de la réalité substantielle qu’elle doit exprimer, elle est comme ces magnifiques arbres, dont le cœur est mort et qui, peu à peu, rongés par le dedans, se dégradent et tombent en poussière. Tout pourrit par le cœur. Tout vit par le cœur.
De main d’homme, on édifie une solide organisation ecclésiastique et non le corps vivant de Jésus Christ.
Il y a actuellement un trop grand déficit, un trop grand manque de vie surnaturelle dans l’Église du Maître.
Le mystère du Christ n’est pas suffisamment vécu, alors son corps vivant ne s’élabore pas et l’aspect institutionnel de l’Église prend le pas sur le mystère de vie qu’elle doit exprimer.
L’ Être Église, à l’heure actuelle, étant malade, c’est l’Être Église qu’il faut restaurer par une plongée dans la vie des profondeurs de l’Église.

Marguerite Hoppenot, 1971

 

Janvier 2019 : Face à la situation actuelle, Marguerite Hoppenot nous fait réfléchir

« Face au temps qui passe à un rythme accéléré où, des quatre coins du monde, affluent des nouvelles explosives et des événements internationaux susceptibles, à tout moment d’ébranler la paix précaire du monde…comment face à cette insécurité générale, une certaine angoisse d’avenir ne nous saisirait-elle pas ? Qu’en sera-t-il l’an prochain à pareille époque ?

Une sorte de sagesse collective, fruit d’un incoercible instinct de préservation, face aux répercussions d’un éventuel déchaînement des forces en présence, paraît encore préserver les destinées du monde. Toutefois qu’en sera-t-il demain lorsqu’aura encore augmenté la multitude des êtres sous-développés et que la pression devenue incontenable de leurs légitimes revendications – le plus souvent aveugles parce qu’instinctives – allumera ici et là des foyers d’incendie favorables au déclenchement de l’acte de folie capable d’anéantir une partie de l’humanité !

Comment transformer ce potentiel de sagesse engendrée par la peur en désir passionné de paix constructive pour l’avenir de l’humanité. Certes la crainte est le commencement de la sagesse, cependant celle-ci est purement négative ; elle parvient à maintenir le monde au seuil de l’abîme irrémédiable sans pour autant édifier l’amorce d’un climat pacifique, sinon vraiment fraternel, entre les hommes, tandis qu’un désir passionné d’union ferait percevoir, à ceux qui détiennent les clés de l’avenir du monde, que seul un accroissement dans l’ordre de l’amour fraternel pourrait susciter les urgents dépassements collectifs sur le plan des intérêts de chacun.

Comment ne pas comprendre à quel point cette référence à l’amour fraternel transformerait les efforts faits pour maintenir artificiellement le précaire équilibre de l’humanité en commun labeur d’union, fruit d’une patiente et opiniâtre volonté de paix ? Cette œuvre de paix pourrait demeurer parce que celle-ci c’inscrirait non seulement dans le langage et les promesses diplomatiques mais à travers des actes collectifs et concertés, mus par un authentique amour désintéressé.
Il m’apparaît que la partie du monde dite civilisée est acculée à un choix…choix décisif. D’une part, faire face à l’affrontement inévitable dans le temps entre son immense puissance matérielle, fruit de son incalculable potentiel scientifique, technique et financier et la puissance non moins incalculable, quoique d’une autre nature, d’une masse croissante d’humanité au dynamisme décuplé par la révolte déchaînée par une soif de justice parvenue à son comble ! D’autre part opter pour la voie austère, certes, en apparence, mais à terme combien positive, celle que lui dicterait un amour fraternel décidé à ce que l’autre croisse afin d’exister dans sa liberté et sa dignité d’homme, fut-ce au prix d’une temporaire mais volontaire diminution.
Un authentique amour tend essentiellement à l’union qui rend possible le partage et l’échange.
Qui pourra, désormais, jeter un pont par-dessus un abîme ?
Seul désormais un souffle de vivant amour engendré par une lumière « d’ailleurs », une lumière de foi en la puissance de l’amour, pourrait provoquer un complet retournement des perspectives du peuple chrétien. Sans doute susciterait-il alors cet actif courant de vie, effectivement fraternelle, de vie nouvelle, dont le monde, sous peine de périr, ne peut plus se passer.
Aucune force ne peut arrêter l’expansion de la vie. L’apparition d’une pousse verte au sommet d’un rocher suffit à nous le prouver !  »                                 Janvier 1968

Tous concernés

Nous prions Dieu, nous lui demandons tout, nous le supplions, par exemple de nous donner la paix. Mais…n’est-ce pas lui qui nous demande de faire la paix en nous, dans le monde ? N’est-ce pas lui qui nous demande de donner du pain à ceux qui ont faim ?
(…) Ne sommes-nous pas tous responsables, si peu que ce soit, que triomphe la haine ou l’amour, la guerre ou la paix, la division ou la communion fraternelle…la civilisation de l’amour dans le monde ?
Marguerite Hoppenot
Prier, c’est Aimer

Évangile du dimanche 7 janvier 2018

« Les mages avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode regagnèrent leur pays par un autre chemin. » Mt 2,12

Cet épisode des Mages se révèle d’une étonnante richesse spirituelle pour notre vie, si nous ne le réduisons pas à un événement historique sans lendemain.
Il nous apprend par ailleurs que l’aventure de la foi commence par une mise en route sans preuve ; « Bienheureux sont ceux qui, sans avoir vu, ont cru.»Jn 20, 29
Il nous précise encore que cette découverte du Christ, bien que personnelle, ne se fait pas individuellement, mais avec d’autres, en communauté, en Eglise si je puis dire.
En effet, toute grande aventure digne de ce nom nécessite la solidarité d’une équipe orientée vers un but commun. Que dire alors de l’aventure prodigieuse tendue vers la découverte du Dieu Vivant !
Il nous donne enfin un conseil de sagesse, indispensable à ceux qui viennent de faire une découverte exaltante : avant de vouloir la communiquer, il nous faut la faire nôtre, la vivre à notre tour.
En effet, au seuil de leur retour, une voix se fit entendre aux Mages, les incitant fermement « à revenir par un autre chemin ». Par ces mots, cette voix intérieure ne disait-elle pas discrètement aux Mages : ne soyez pas superficiels, ni étourdis ; Celui que vous avez vu et découvert ; Celui en qui désormais vous croyez, vous êtes actuellement incapables de Le communiquer, sans risquer de laisser altérer votre foi naissante, voire de la perdre, en vous laissant atteindre par les critiques extérieurs et les arguments négatifs qui vous assailliront.
«Retournez par un autre chemin », le chemin du silence intérieur et de la contemplation d’où naîtra l’expérience de la vie. Seule elle fera la preuve et vous convaincra de la Vérité de ce que vous avez vu. Votre foi ainsi confirmée par l’expérience sera devenue invulnérable aux atteintes du Malin destructeur.
C’est alors que vous serez prêts à communiquer votre foi au monde et à « aller dire ce que vous avez vu » et reconnu dans le miroir de votre vie.

Marguerite Ph. Hoppenot
Cette Vie qui m’est donnée

Évangile du dimanche 10 décembre

Commencement de l’Évangile de Jésus Christ Fils de Dieu : Ainsi qu’il est écrit dans le livre du prophète Esaïe,
Voici, j’envoie mon messager en avant de toi, pour préparer ton chemin.
Une voix crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.
Jean le Baptiste parut dans le désert, proclamant un baptême de conversion en vue du pardon des péchés. Tout le pays de Judée et tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui ; ils se faisaient baptiser par lui dans le Jourdain en confessant leurs péchés. Jean était vêtu de poil de chameau avec une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Il proclamait : « Celui qui est plus fort que moi vient après moi, et je ne suis pas digne, en me courbant, de délier la lanière de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés d’eau, mais lui vous baptisera d’Esprit Saint. »
Mc 1, 1-8

J’aime toujours beaucoup parler de l’Avent parce que, pour moi, c’est la porte de l’aventure. Nous sommes lancés dans une aventure, qu’aucun ici ne l’oublie : le mystère chrétien, c’est une aventure de vie, celle de l’Incarnation du Dieu vivant dans le monde. (…)

Le lieu où s’est accomplie l’incarnation divine, le seul lieu où jusqu’à la fin des temps elle puisse s’accomplir, c’est la crèche. C’est pourquoi il ne faut pas considérer la crèche comme la chose un peu sentimentale à laquelle nous songeons. La crèche signifie plus profond. Le Fils de Dieu est né dans une crèche. Il naîtra dans notre cœur, si notre cœur est une crèche. La crèche, c’est le lieu de la pauvreté essentielle. Elle évoque symboliquement pour nous le cœur de pauvre, ce cœur disponible à la venue d’un Autre, ce cœur désencombré de tout ce qui peut faire obstacle à la venue de l’Esprit.

Marguerite Ph. Hoppenot
Bulletin n° 140

Évangile du dimanche 3 décembre

 « Prenez garde, restez éveillés, car vous ne savez pas quand ce sera le moment. C’est comme un homme qui part en voyage : il a laissé sa maison, confié à ses serviteurs l’autorité, à chacun sa tâche, et il a donné au portier l’ordre de veiller. Veillez donc, car vous ne savez pas quand le maître de la maison va venir, le soir ou au milieu de la nuit, au chant du coq ou le matin, de peur qu’il n’arrive à l’improviste et ne vous trouve en train de dormir.
Ce que je vous dis, je le dis à tous : veillez. »
Mc 13, 33-37

A une heure où nous sommes témoins d’événements bouleversants et profondément graves parce qu’ils vont marquer l’histoire de l’humanité, soyons interpellés par ces événements et n’en demeurons pas spectateurs angoissés ou critiques. Il est urgent que ceux qui fuient une sorte d’asservissement trouvent des chrétiens éveillés, debout, concernés, vivant l’amour, fidèles et responsables.
Alors ils connaîtront en vérité ce qu’est la véritable liberté, celle de l’amour qui rend libre. Oui, le Royaume fraternel passe par notre propre cœur… En sommes-nous convaincus ? La dimension de notre cœur paraît dérisoire à côté du Royaume de Dieu, mais l’infiniment petit n’est-il pas le secret de l’infiniment grand ?
(…)
Si tu veux changer les choses, change ton cœur devant et les choses changeront.

Marguerite Ph. Hoppenot
L’homme est une histoire sacrée

Évangile du dimanche 26 novembre

 « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, accompagné de tous les anges, alors il siégera sur son trône de gloire. Devant lui seront rassemblées toutes les nations, et il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des chèvres. Il placera les brebis à sa droite et les chèvres à sa gauche. Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en partage le Royaume qui a été préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger et vous m’avez recueilli ; nu, et vous m’avez vêtu ; malade, et vous m’avez visité ; en prison, et vous êtes venus à moi.” Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé et de te nourrir, assoiffé et de te donner à boire ? Quand nous est-il arrivé de te voir étranger et de te recueillir, nu et de te vêtir ? Quand nous est-il arrivé de te voir malade ou en prison, et de venir à toi ? ” Et le roi leur répondra : “En vérité, je vous le déclare, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ! ” Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : “Allez-vous-en loin de moi, maudits, au feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges. Car j’ai eu faim et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’ai eu soif et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais un étranger et vous ne m’avez pas recueilli ; nu, et vous ne m’avez pas vêtu ; malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.” Alors eux aussi répondront : “Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé ou assoiffé, étranger ou nu, malade ou en prison, sans venir t’assister ? ” Alors il leur répondra : “En vérité, je vous le déclare, chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, à moi non plus vous ne l’avez pas fait.” Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes à la vie éternelle.
Mt 25, 31-46

  • Aimer Dieu par-dessus toutes choses – « Dieu est Amour ».
  • Aimer son prochain comme soi-même.
  • Aimer son prochain comme Dieu l’aime (Jn 15,v 12).

Il y a trois étapes de l’amour et il y a trois pôles d’attraction, mais il n’y a qu’un seul amour et ses trois fidélités :

  • à soi,
  • à l’autre,
  • à Dieu.

S’il y en a une qui prend le pas sur les deux autres, celles-ci en pâtissent.

Marguerite Ph. Hoppenot
N’éteignez pas l’Esprit
ch. Un seul amour

Évangile du dimanche 19 novembre

 « En effet, il en va comme d’un homme qui, partant en voyage, appela ses serviteurs et leur confia ses biens. A l’un il remit cinq talents, à un autre deux, à un autre un seul, à chacun selon ses capacités ; puis il partit. Aussitôt celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla les faire valoir et en gagna cinq autres. De même celui des deux talents en gagna deux autres. Mais celui qui n’en avait reçu qu’un s’en alla creuser un trou dans la terre et y cacha l’argent de son maître. Longtemps après, arrive le maître de ces serviteurs, et il règle ses comptes avec eux. Celui qui avait reçu les cinq talents s’avança et en présenta cinq autres, en disant : “Maître, tu m’avais confié cinq talents ; voici cinq autres talents que j’ai gagnés.” Son maître lui dit : “C’est bien, bon et fidèle serviteur, tu as été fidèle en peu de choses, sur beaucoup je t’établirai ; viens te réjouir avec ton maître.” Celui des deux talents s’avança à son tour et dit : “Maître, tu m’avais confié deux talents ; voici deux autres talents que j’ai gagnés.” Son maître lui dit : “C’est bien, bon et fidèle serviteur, tu as été fidèle en peu de choses, sur beaucoup je t’établirai ; viens te réjouir avec ton maître.” S’avançant à son tour, celui qui avait reçu un seul talent dit : “Maître, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes où tu n’as pas semé, tu ramasses où tu n’as pas répandu ; par peur, je suis allé cacher ton talent dans la terre : le voici, tu as ton bien.” Mais son maître lui répondit : “Mauvais serviteur, timoré ! Tu savais que je moissonne où je n’ai pas semé et que je ramasse où je n’ai rien répandu. Il te fallait donc placer mon argent chez les banquiers : à mon retour, j’aurais recouvré mon bien avec un intérêt. Retirez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui a les dix talents. Car à tout homme qui a, l’on donnera et il sera dans la surabondance ; mais à celui qui n’a pas, même ce qu’il a lui sera retiré. Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dans les ténèbres du dehors : là seront les pleurs et les grincements de dents.”
Mt 25, 14-30

 

Oui, je le vois et peu à peu j’ose moi-même l’affirmer, la ligne de démarcation de l’avenir du monde passe par le cœur de l’homme : le cœur de l’homme – centre de son être – dont l’attitude invisible et cependant décisive, orientée à « soi » ou à « l’autre », décide du bonheur ou du malheur, de l’épanouissement ou de l’asservissement des êtres qui composent son univers personnel. (…)
Combien il est donc pressant d’instaurer une pédagogie du cœur qui soit une vivante pédagogie de l’amour ! (…)
Cette pédagogie du cœur serait destinée à élaborer progressivement en chacun un être ordonné à l’Amour, c’est-à-dire ouvert à autrui, cet au-delà de soi, différent de soi, première étape vers l’Autrui absolu.
Cette orientation à l’autre susciterait en lui une attitude positive et des gestes fraternels qui convertiraient peu à peu son être et toute sa vie.
Il deviendrait alors, à travers ses dons et ses biens, comme à travers le pouvoir qu’il détient, dans l’ordre social, économique, scientifique, technique, matériel et spirituel, un vivant serviteur de l’Amour, donc de la Vie.

Marguerite Ph. Hoppenot
Cette Vie qui m’est donnée
ch. L’aventure du cœur

Évangile du dimanche 12 novembre

« Alors il en sera du Royaume des cieux comme de dix jeunes filles qui prirent leurs lampes et sortirent à la rencontre de l’époux. Cinq d’entre elles étaient insensées et cinq étaient avisées. En prenant leurs lampes, les filles insensées n’avaient pas emporté d’huile ; les filles avisées, elles, avaient pris, avec leurs lampes, de l’huile dans des fioles. Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent. Au milieu de la nuit, un cri retentit : “Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.” Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et apprêtèrent leurs lampes. Les insensées dirent aux avisées : “Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent.” Les avisées répondirent : “Certes pas, il n’y en aurait pas assez pour nous et pour vous ! Allez plutôt chez les marchands et achetez-en pour vous.” Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva ; celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et l’on ferma la porte. Finalement, arrivent à leur tour les autres jeunes filles, qui disent : “Seigneur, seigneur, ouvre-nous ! ” Mais il répondit : “En vérité, je vous le déclare, je ne vous connais pas.” Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure.
Mt 25, 1-13

L’épisode des vierges sages et des vierges folles est scandaleux apparemment. Les vierges sages ont tout ce qu’il leur faut pour aller aux noces et ne veulent pas partager ! Qu’est-ce que cela veut dire ? Je peux tout donner, mais je ne peux pas donner de mon « être », mon être transformé. Je ne peux pas te passer cela. Mon  être, c’est une oeuvre de vie, ce n’est pas un truc que je peux partager. C’est très important pour nous, il ne suffit pas d’avoir entendu des choses. Il faut « être » cette chose et personne ne peut faire cela à notre place. (…)« Deviens » sinon tu n’entreras pas dans le festin des noces, c’est-à-dire la communion. Si tu n’es pas devenu un être amour, tu ne pourras pas vivre la communion d’amour. Ce n’est pas Jésus Christ qui va fermer la porte. Tu n’es pas en état de … C’est mon interprétation. Vous n’êtes pas obligés de l’adopter.

Marguerite Ph. Hoppenot
Entretien au Mouvement Sève, 25 janvier 1984

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