Catégorie: Où Sève croise l’actualité (Page 1 sur 4)

Devenir Présence…

Réunies au Gaillardin pour  porter en communion avec vous la vocation de Sève et son rayonnement, c’est cette parole d’Isaïe 42,6 qui a résonné en nous :
« Moi, le Seigneur, je t’ai appelé selon la justice, je t’ai saisi par la main, je t’ai modelé, j’ai fait de toi l’alliance du peuple, la lumière des nations. »
Cette parole nous livre un appel à recevoir avec gravité. Elle engage notre réponse de serviteur.
En regard du monde d’aujourd’hui qui souffre et qui s’interroge, quelle est cette part d’espérance et de lumière que Sève peut apporter ?
Un Mouvement, surtout un mouvement de conversion nommé Sève qui signifie essence de vie,  est-il jamais appelé à s’établir ailleurs que dans l’essentiel ?
« Être présence, l’essentiel de la vocation : Le Christ est un pont d’amour entre Dieu et les hommes, nous devons être un pont d’amour entre le Christ et nos frères à force de vivre inlassablement ces deux amours qui n’en font qu’un.
L’ultime appel de la vocation de Sève est l’appel à devenir ‘Présence’, présence vivante, présence réelle, sève la vie du Christ, dévoilement de la présence d’un Autre. » Marguerite Hoppenot

 La communauté fondamentale

Le respect de la dignité de la personne humaine

Les droits de l’homme sont ce qu’implique la vie humaine :
– se nourrir – se loger
– se reposer – sa sécurité
– se soigner – s’instruire
-sa liberté…
La dignité de la personne humaine à respecter implique la prise de conscience que « l’être humain est créé à l’image de Dieu » et qu’il porte en lui quelque chose de Dieu, « un germe de sa Vie », une capacité d’être …sans limites ! donc que tous les êtres humains sont égaux en être et différents.
Tout être humain, créé à l’image de Dieu, a droit à l’égalité d’être dans la différence. Liberté de pensée, liberté religieuse, considération…on ne peut pas humilier un être humain, le dégrader, le contraindre, le juger définitivement.
L’être humain porte en lui son devenir.

Il se définit par le verbe « être » et non plus par le verbe « faire ».
On ne peut plus « l’utiliser » comme une chose, il faut le « rendre utile ».
C’est pourquoi je ne peux penser aux droits de l’homme sans me sentir aussitôt interpellée par les devoirs de l’homme. Droits et devoirs sont indissociables. Sans doute la démocratie souffre-t-elle cruellement qu’ils aient été dissociés.

Marguerite Hoppenot
Extrait de « La main de Dieu »

Fête de Marie, le 8 septembre

L’Evangile ne dit presque rien de la Vierge, sinon l’essentiel. Elle est celle qui a mis le Fils de Dieu au monde.
Par son oui plénier à son Annonciation, Marie a été la porte ouverte à l’ultime Révélation de Dieu au monde, celle de l’incarnation de l’Esprit de Dieu, qui est Amour, dans la réalité humaine, réalisée à l’absolu en Jésus-Christ, le Fils de Dieu parfait. La Bonne Nouvelle !
Cette incarnation est à vivre et à prolonger, à sa suite et à notre mesure, par chacun de nous ; c’est l’aventure d’une vie « christianisée », c’est-à-dire progressivement « divinisée » si peu que ce soit, qu’à la lumière de Marie le Seigneur appelle tous les chrétiens, et, peu à peu à travers eux, tous les êtres humains, afin de parachever la création que Dieu leur a confiée en donnant Vie à l’Amour.
C’est la libre réponse d’amour à l’appel de l’Esprit à prolonger le mystère d’incarnation à la suite de Marie que l’Evangile souligne dans l’événement de l’Annonciation. Le oui  de Marie fut la condition essentielle de l’Incarnation. L’Annonciation révèle en Marie la vocation essentielle spécifique de la femme : celle de donner vie à l’Amour, c’est-à-dire de contribuer, si peu que ce soit, à donner vie à Dieu dans le monde.
…Sans doute est-ce pourquoi l’Evangile fait silence sur le reste de sa vie afin que les détails secondaires engendrés par les sensibilités diverses des êtres humains ne viennent étouffer le rôle unique et éminent de Marie au cœur du christianisme et ne parviennent alors à diviser les esprits à propos d’eux.
… l’Evangile n’a dit de la Vierge que fort peu de choses. Il n’a dit que l’essentiel du mystère de la vie dont elle fut la porte, ce qui seul est à la mesure de l’universel !
Magnificat !

                                                                                                                Marguerite Hoppenot,
Ecrits personnels, 24 avril 1987

Création nouvelle

Seigneur, ouvre mon cœur à l’Amour toujours davantage
afin qu’il s’ouvre à ta lumière.
Alors du « tout » comme du « peu » que je suis,
du peu que je fais,
du peu que je vis,
fais une création nouvelle …
indéfiniment.

Voici ma prière.

Alors, rien n’est jamais la fin,
c’est toujours un nouveau commencement,
c’est toujours Noël.

S’interroger sur le sens de sa vie, c’est cela se convertir.
La conversion n’est pas réservée aux chrétiens.
C’est retourner son cœur et l’ouvrir à d’autres valeurs,
pour les chrétiens, celles de l’Evangile.
Pour certains, c’est l’œuvre soudaine d’une certaine turbulence de l’Esprit
mais généralement, c’est une œuvre de longue durée.

A travers ta quête de bonheur, ta soif de vivre,
quel chemin vas-tu faire ?
quel chemin dois-tu faire pour devenir un vivant éternel,
« présence vivante » là où tu es,
artisan de Royaume,
pionnier d’une civilisation de l’Amour ?

Jésus-Christ nous a dit : « Je suis le chemin » Jn 14,6
Fils de Dieu qui est Amour,
le chemin est donc l’amour vécu,
l’amour incarné, sans limites.

                                                                                    Marguerite Hoppenot, 1981
Un être nouveau pour un monde nouveau

Dieu a besoin des hommes

La relation d’amour, celle que nous sommes appelés à vivre avec nos frères, trouve son modèle et sa possible perfection dans notre relation d’amour avec Dieu. Elle est mutuellement – bien qu’à une échelle totalement disproportionnée – don et accueil, besoin de l’autre.

C’est bouleversant pour notre humilité et pour notre pauvreté, mais quel honneur et quelle responsabilité de découvrir que Dieu a besoin des hommes…de chacun de nous, pour exister davantage dans le monde.

Lorsqu’on dit que Dieu est tout-puissant, je comprends que l’Amour est tout-puissant. C’est une vérité qui m’est devenue évidente au niveau de la vie. Cependant l’amour est « liberté ». Il ne s’impose pas. Dieu ne s’impose pas, Il se propose. C’est pourquoi les êtres humains ont la possibilité de dire « oui » ou « non » à l’amour. Ce sont leurs leurs refus d’aimer qui, en limitant la toute puissance de l’amour, limitent donc la toute-puissance de Dieu qui est l’Amour.

Dieu a besoin des hommes…N’est-ce-pas bouleversant ?

Réfléchissons à ce que pourrait être l’humanité et le monde si tous les êtres humains étaient fidèles à vivre l’Esprit d’amour dont ils sont marqués.

  Marguerite Hoppenot, 1985
Un être nouveau pour un monde nouveau

La devise des Français

Liberté – Egalité – Fraternité 

Cela pourrait devenir une merveilleuse devise chrétienne. Elle pourrait s’accorder parfaitement avec l’Evangile, avec notre devise « Être, Aimer, Servir, Uni « . Or, telle qu’elle est comprise, cette devise des Français est l’objet de redoutables confusions.
La liberté est confondue avec l’indépendance.
L’égalité est confondue avec la similitude, l’uniformité.
La fraternité est confondue avec la camaraderie.
Ces trois réalités si importantes dans la vie des hommes et dans la vie du monde sont vues toujours dans le « faire » et jamais dans l’ « être ».
La lumière de la spiritualité de Sève pourrait aider à faire passer cette devise de l’extérieur à l’intérieur afin qu’elle devienne promotrice de véritable liberté, de véritable égalité et de véritable fraternité…..
Tous les hommes aspirent à la liberté et cette volonté s’accroît au fur et à mesure que les hommes deviennent plus adultes. Nous le constatons chez nos enfants : plus ils avancent dans l’adolescence, plus ils veulent leur liberté (ce qui généralement veut dire indépendance).
La liberté entraîne la soif d’égalité et seule l’égalité permet d’édifier une authentique fraternité….
Toutefois si la vraie liberté, celle de l’amour, peut faire comprendre ce qu’est la vraie égalité, qui n’est pas uniformité ni similitude mais égalité dans l’être, elle seule peut conduire à une authentique fraternité qui suppose la reconnaissance de nos diversités, dans le respect mutuel.
Seules ces diversités convergeant au-delà de chacune peuvent contribuer à l’élaboration d’un projet commun, le grand dessein du Créateur, ce Royaume fraternel des hommes, ébauche du Royaume de Dieu.
Mais il y a une condition à l’accomplissement de ce grand projet de Dieu, c’est la fameuse « pauvreté de soi ». Nous n’allons pas l’oublier. Il faut mourir à soi-même, dit Jésus-Christ : non pas faire mourir notre « être », mais l’ennemi mortel de notre « être », notre « moi-centre », notre « moi-égocentrique ». Ce « moi-centre » qui m’empêche d’aimer, qui me referme sur moi-même, qui m’empêche donc d’exister en plénitude et de connaître la vraie liberté, celle de l’amour. Tout cela se tient.

                                                      Marguerite Hoppenot , 1985
Un être nouveau pour un monde nouveau

Pyramide renversée

Combien ceux qui détiennent une part de pouvoir sur leurs frères, selon la hiérarchie des hommes, devraient souvent s’interroger pour connaître s’ils ne sont pas personnellement « le rideau de fer » de quelque captif, voire de quelque martyr innocent !
Ainsi plus s’accroît le poids du pouvoir, plus devrait apparaître et s’imposer à l’esprit des responsables de ce pouvoir, comme étant l’exigence et le principe vital d’une hiérarchie selon Jésus-Christ, une image aussi paradoxale qu’inhabituelle : celle d’une pyramide renversée.
Les racines d’un arbre, sa partie vitale, ne s’enfoncent-elles pas d’autant plus profond en terre que grandit l’arbre dont elles doivent assurer la vie ? De même l’exercice de tout pouvoir ne doit pas conduire à s’élever pour dominer et couronner l’édifice, mais à s’enfoncer pour le porter et le supporter.
A partir de cet essentiel renversement, tout m’apparaît pouvoir être allégé et libéré en la Maison du Père pour l’épanouissement, dans la fidélité, du peuple de Dieu.
Si tout détenteur de quelque pouvoir était un serviteur de l’Amour en regard de ceux sur lesquels il a autorité afin que cette dernière soit, en vérité, le fruit d’un pouvoir de pauvre, et s’il se comportait selon cette impérieuse logique, alors serions-nous proches, sans doute, d’aborder aux rives de cette sainte liberté des enfants de Dieu que l’Evangile nous fait contempler comme la promesse du Libérateur.

Marguerite Hoppenot,1964
Le temps du Feu

A propos des partis politiques

Est-ce une raison d’être, pour les partis politiques, de se nommer tour à tour « l’opposition » ? Cela suppose-t-il une attitude constructive ?

Avec un peu d’humour, ne pourrions-nous tous réfléchir à cette attitude négative, non seulement en regardant les autres, mais en nous regardant d’abord nous-mêmes.

Alors pourrait peut-être s’imposer à nous la conviction commune qu’une construction solide ne peut s’édifier sur un envers permanent de destruction.

Alors les mots concurrence et convergence pourraient-ils prendre peu à peu tout leur sens et s’imposer à tous les partis et hommes politiques à une heure où est en danger le navire qu’ils ont tous en responsabilité.

Si l’on se respectait mutuellement et si l’on s’écoutait fraternellement, les divers angles de vue et les avis différents pourraient être source d’enrichissement mutuel et servir la qualité d’un projet commun … qui est et doit être rigoureusement le bien de la France, le bien de tous les Français.

Puis-je oser me poser également la question : cette réflexion ne pourrait-elle poser une réelle interrogation aux différentes confessions chrétiennes en regard du rayonnement de leur trésor commun : la Bonne Nouvelle du message d’amour et d’unité de Jésus- Christ pour le monde, dans le respect et la richesse des diversités.

Au seuil du troisième millénaire, parvenus à cette étape de super-civilisation, à quel point notre monde occidental, dit chrétien, ne gaspille-t-il pas ses incommensurables richesses par une guerre larvée sur tous les plans, et de quels progrès considérables ne serait-il pas la source et le dispensateur pour le monde s’il le voulait en vérité.

« Seuls les artisans de paix seront appelés fils de Dieu. » Mt 5,9

                                                           Marguerite Hoppenot
20 août 1993

A propos du racisme

Être « pour » les uns au lieu d’être « avec » tous révèle que l’on est « face à » ou « contre » les autres.
Les signes de racisme en notre cœur …Nos secrets racismes, moins voyants que le racisme de couleur, mais non moins homicides. Notre racisme se manifeste et s’exerce toujours en regard de ce que nous jugeons « inférieur à nous » et que nous ne voulons à aucun prix voir se mêler et se confondre avec nous. Le plus grand danger vient donc de ce qui est le plus près, le plus voisin.
Être conscient … être vrai … en regard de cet obstacle à l’amour en notre cœur.
Que chacun dépiste loyalement ses petits racismes personnels.
Que chaque milieu prenne conscience de ses attitudes collectives, mortelles pour l’unité du peuple de Dieu et l’édification du Royaume.
Les racismes sont des barrières invisibles, infranchissables, savamment dressées et camouflées par le Malin à travers les hommes. Tous ces « moi », individuels ou collectifs, qui se défendent ou se préservent, et se ferment à l’autre ou aux autres … subtiles manifestations d’anti-amour, contre-courant de l’amour. Tous les racismes engendrent un cloisonnement, des séparations, une fermeture :  germe d’enfer … germe anti-Royaume.
La présence de l’authentique amour en notre cœur l’entraîne inévitablement vers l’universel. Car l’amour ne connaît ni limites, ni exclusive.
La tendance contraire, restrictive sur le plan de l’amour, est significative de l’amour de soi (amour propre).
Interrogation par rapport à l’esprit du monde :
« Dis-moi qui tu hantes, je te dirai qui tu es ».
Creuser cette affirmation. Nous la prenons trop facilement sur le plan simplement moral.
Bien au-delà, il nous faut voir : « Dis-moi ceux dont tu t’entoures … et cherches-en lucidement les motifs » !
Est-ce le résultat de ton amour ?
Est-ce le fruit d’un labeur de ton amour-propre ?
Ton « moi » qui se pare du brillant des autres … ou qui s’en défend, par crainte d’être éclipsé !                                                                                                                             Marguerite  Hoppenot, 1967

Le cœur qui parle

On te montrait des peuples qui mourraient de faim,
Et tu savais que tu n’étais pas coupable,
Mais ton cœur,
Oui…ton cœur
Te redisait de quoi tu es capable,
Et c’est le mot « partage » qui te revint.
Alors, cet être, dont tu disais qu’il était insignifiant…
Je t’ai vu courir vers lui comme on court vers un ami
Pour lui donner ce à quoi tu tenais tant !
Et j’ai compris que tu avais compris….

On te montrait des exilés, rejetés au plus bas,
Et tu savais que tu n’étais pas coupable,
Mais ton cœur,
Oui…ton cœur
Te redisait de quoi tu es capable,
Et c’est le mot « intégration » qui te frappa.
Alors, cet être dont tu disais qu’il était irrécupérable…
Je t’ai vu t’approcher de lui comme on s’approche d’un ami
Et l’introduire dans ta famille en l’invitant à ta table !
Et j’ai compris que tu avais compris….

On te montrait des pays qui étaient en guerre
Et tu savais que tu n’étais pas coupable,
Mais ton cœur,
Oui… ton cœur
Te redisait de quoi tu es capable,
Et c’est le mot « paix » qui seul pouvait te satisfaire.
Alors, ce collègue à qui tu mettais des bâtons dans les roues…
Je t’ai vu t’intéresser à lui comme on s’intéresse à un ami
Et l’aider ensuite à accomplir sa tâche jusqu’au bout !
Et j’ai compris que tu avais compris…

On te montrait des cohortes de drogués,
Et tu savais que tu n’étais pas coupable,
Mais ton cœur,
Oui… ton cœur
Te redisait de quoi tu es capable,
Et c’est le mot « détresse » qui te choquait.
Alors ce délinquant dont tu disais qu’il n’était bon à rien
J’ai vu que tu posais sur lui le regard qu’on pose sur un ami,
Pour ensuite marcher à ses côtés et porter son chagrin !
Et j’ai compris que tu avais compris…

Oui…tu avais compris que l’infiniment petit est à l’échelle de l’infiniment grand,
Et que, par conséquent, pour toi ce poème… n’était déjà plus un poème…
Mais le chemin où t’avait conduit ton premier « oui »…
En un mot…à ta petite mesure…ta nouvelle vie !

Agnès de Pontbriand (+)
« Je dédie ce poème à Marguerite Hoppenot qui m’a fait faire un formidable nombre de prises de conscience, qui me permettent d’affirmer aujourd’hui que, seul, l’Amour est la solution pour le monde. »

 

Page 1 sur 4