Catégorie: Eclairage sur l’Evangile (Page 1 sur 12)

Chaque dimanche, un évangile commun est proposé à tous par les églises chrétiennes. Pour ceux qui souhaitent approfondir, voici un éclairage de Marguerite Ph. Hoppenot.

Évangile du dimanche 7 janvier 2018

« Les mages avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode regagnèrent leur pays par un autre chemin. » Mt 2,12

Cet épisode des Mages se révèle d’une étonnante richesse spirituelle pour notre vie, si nous ne le réduisons pas à un événement historique sans lendemain.
Il nous apprend par ailleurs que l’aventure de la foi commence par une mise en route sans preuve ; « Bienheureux sont ceux qui, sans avoir vu, ont cru.»Jn 20, 29
Il nous précise encore que cette découverte du Christ, bien que personnelle, ne se fait pas individuellement, mais avec d’autres, en communauté, en Eglise si je puis dire.
En effet, toute grande aventure digne de ce nom nécessite la solidarité d’une équipe orientée vers un but commun. Que dire alors de l’aventure prodigieuse tendue vers la découverte du Dieu Vivant !
Il nous donne enfin un conseil de sagesse, indispensable à ceux qui viennent de faire une découverte exaltante : avant de vouloir la communiquer, il nous faut la faire nôtre, la vivre à notre tour.
En effet, au seuil de leur retour, une voix se fit entendre aux Mages, les incitant fermement « à revenir par un autre chemin ». Par ces mots, cette voix intérieure ne disait-elle pas discrètement aux Mages : ne soyez pas superficiels, ni étourdis ; Celui que vous avez vu et découvert ; Celui en qui désormais vous croyez, vous êtes actuellement incapables de Le communiquer, sans risquer de laisser altérer votre foi naissante, voire de la perdre, en vous laissant atteindre par les critiques extérieurs et les arguments négatifs qui vous assailliront.
«Retournez par un autre chemin », le chemin du silence intérieur et de la contemplation d’où naîtra l’expérience de la vie. Seule elle fera la preuve et vous convaincra de la Vérité de ce que vous avez vu. Votre foi ainsi confirmée par l’expérience sera devenue invulnérable aux atteintes du Malin destructeur.
C’est alors que vous serez prêts à communiquer votre foi au monde et à « aller dire ce que vous avez vu » et reconnu dans le miroir de votre vie.

Marguerite Ph. Hoppenot
Cette Vie qui m’est donnée

Évangile du dimanche 10 décembre

Commencement de l’Évangile de Jésus Christ Fils de Dieu : Ainsi qu’il est écrit dans le livre du prophète Esaïe,
Voici, j’envoie mon messager en avant de toi, pour préparer ton chemin.
Une voix crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.
Jean le Baptiste parut dans le désert, proclamant un baptême de conversion en vue du pardon des péchés. Tout le pays de Judée et tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui ; ils se faisaient baptiser par lui dans le Jourdain en confessant leurs péchés. Jean était vêtu de poil de chameau avec une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Il proclamait : « Celui qui est plus fort que moi vient après moi, et je ne suis pas digne, en me courbant, de délier la lanière de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés d’eau, mais lui vous baptisera d’Esprit Saint. »
Mc 1, 1-8

J’aime toujours beaucoup parler de l’Avent parce que, pour moi, c’est la porte de l’aventure. Nous sommes lancés dans une aventure, qu’aucun ici ne l’oublie : le mystère chrétien, c’est une aventure de vie, celle de l’Incarnation du Dieu vivant dans le monde. (…)

Le lieu où s’est accomplie l’incarnation divine, le seul lieu où jusqu’à la fin des temps elle puisse s’accomplir, c’est la crèche. C’est pourquoi il ne faut pas considérer la crèche comme la chose un peu sentimentale à laquelle nous songeons. La crèche signifie plus profond. Le Fils de Dieu est né dans une crèche. Il naîtra dans notre cœur, si notre cœur est une crèche. La crèche, c’est le lieu de la pauvreté essentielle. Elle évoque symboliquement pour nous le cœur de pauvre, ce cœur disponible à la venue d’un Autre, ce cœur désencombré de tout ce qui peut faire obstacle à la venue de l’Esprit.

Marguerite Ph. Hoppenot
Bulletin n° 140

Évangile du dimanche 3 décembre

 « Prenez garde, restez éveillés, car vous ne savez pas quand ce sera le moment. C’est comme un homme qui part en voyage : il a laissé sa maison, confié à ses serviteurs l’autorité, à chacun sa tâche, et il a donné au portier l’ordre de veiller. Veillez donc, car vous ne savez pas quand le maître de la maison va venir, le soir ou au milieu de la nuit, au chant du coq ou le matin, de peur qu’il n’arrive à l’improviste et ne vous trouve en train de dormir.
Ce que je vous dis, je le dis à tous : veillez. »
Mc 13, 33-37

A une heure où nous sommes témoins d’événements bouleversants et profondément graves parce qu’ils vont marquer l’histoire de l’humanité, soyons interpellés par ces événements et n’en demeurons pas spectateurs angoissés ou critiques. Il est urgent que ceux qui fuient une sorte d’asservissement trouvent des chrétiens éveillés, debout, concernés, vivant l’amour, fidèles et responsables.
Alors ils connaîtront en vérité ce qu’est la véritable liberté, celle de l’amour qui rend libre. Oui, le Royaume fraternel passe par notre propre cœur… En sommes-nous convaincus ? La dimension de notre cœur paraît dérisoire à côté du Royaume de Dieu, mais l’infiniment petit n’est-il pas le secret de l’infiniment grand ?
(…)
Si tu veux changer les choses, change ton cœur devant et les choses changeront.

Marguerite Ph. Hoppenot
L’homme est une histoire sacrée

Évangile du dimanche 26 novembre

 « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, accompagné de tous les anges, alors il siégera sur son trône de gloire. Devant lui seront rassemblées toutes les nations, et il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des chèvres. Il placera les brebis à sa droite et les chèvres à sa gauche. Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en partage le Royaume qui a été préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger et vous m’avez recueilli ; nu, et vous m’avez vêtu ; malade, et vous m’avez visité ; en prison, et vous êtes venus à moi.” Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé et de te nourrir, assoiffé et de te donner à boire ? Quand nous est-il arrivé de te voir étranger et de te recueillir, nu et de te vêtir ? Quand nous est-il arrivé de te voir malade ou en prison, et de venir à toi ? ” Et le roi leur répondra : “En vérité, je vous le déclare, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ! ” Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : “Allez-vous-en loin de moi, maudits, au feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges. Car j’ai eu faim et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’ai eu soif et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais un étranger et vous ne m’avez pas recueilli ; nu, et vous ne m’avez pas vêtu ; malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.” Alors eux aussi répondront : “Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé ou assoiffé, étranger ou nu, malade ou en prison, sans venir t’assister ? ” Alors il leur répondra : “En vérité, je vous le déclare, chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, à moi non plus vous ne l’avez pas fait.” Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes à la vie éternelle.
Mt 25, 31-46

  • Aimer Dieu par-dessus toutes choses – « Dieu est Amour ».
  • Aimer son prochain comme soi-même.
  • Aimer son prochain comme Dieu l’aime (Jn 15,v 12).

Il y a trois étapes de l’amour et il y a trois pôles d’attraction, mais il n’y a qu’un seul amour et ses trois fidélités :

  • à soi,
  • à l’autre,
  • à Dieu.

S’il y en a une qui prend le pas sur les deux autres, celles-ci en pâtissent.

Marguerite Ph. Hoppenot
N’éteignez pas l’Esprit
ch. Un seul amour

Évangile du dimanche 19 novembre

 « En effet, il en va comme d’un homme qui, partant en voyage, appela ses serviteurs et leur confia ses biens. A l’un il remit cinq talents, à un autre deux, à un autre un seul, à chacun selon ses capacités ; puis il partit. Aussitôt celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla les faire valoir et en gagna cinq autres. De même celui des deux talents en gagna deux autres. Mais celui qui n’en avait reçu qu’un s’en alla creuser un trou dans la terre et y cacha l’argent de son maître. Longtemps après, arrive le maître de ces serviteurs, et il règle ses comptes avec eux. Celui qui avait reçu les cinq talents s’avança et en présenta cinq autres, en disant : “Maître, tu m’avais confié cinq talents ; voici cinq autres talents que j’ai gagnés.” Son maître lui dit : “C’est bien, bon et fidèle serviteur, tu as été fidèle en peu de choses, sur beaucoup je t’établirai ; viens te réjouir avec ton maître.” Celui des deux talents s’avança à son tour et dit : “Maître, tu m’avais confié deux talents ; voici deux autres talents que j’ai gagnés.” Son maître lui dit : “C’est bien, bon et fidèle serviteur, tu as été fidèle en peu de choses, sur beaucoup je t’établirai ; viens te réjouir avec ton maître.” S’avançant à son tour, celui qui avait reçu un seul talent dit : “Maître, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes où tu n’as pas semé, tu ramasses où tu n’as pas répandu ; par peur, je suis allé cacher ton talent dans la terre : le voici, tu as ton bien.” Mais son maître lui répondit : “Mauvais serviteur, timoré ! Tu savais que je moissonne où je n’ai pas semé et que je ramasse où je n’ai rien répandu. Il te fallait donc placer mon argent chez les banquiers : à mon retour, j’aurais recouvré mon bien avec un intérêt. Retirez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui a les dix talents. Car à tout homme qui a, l’on donnera et il sera dans la surabondance ; mais à celui qui n’a pas, même ce qu’il a lui sera retiré. Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dans les ténèbres du dehors : là seront les pleurs et les grincements de dents.”
Mt 25, 14-30

 

Oui, je le vois et peu à peu j’ose moi-même l’affirmer, la ligne de démarcation de l’avenir du monde passe par le cœur de l’homme : le cœur de l’homme – centre de son être – dont l’attitude invisible et cependant décisive, orientée à « soi » ou à « l’autre », décide du bonheur ou du malheur, de l’épanouissement ou de l’asservissement des êtres qui composent son univers personnel. (…)
Combien il est donc pressant d’instaurer une pédagogie du cœur qui soit une vivante pédagogie de l’amour ! (…)
Cette pédagogie du cœur serait destinée à élaborer progressivement en chacun un être ordonné à l’Amour, c’est-à-dire ouvert à autrui, cet au-delà de soi, différent de soi, première étape vers l’Autrui absolu.
Cette orientation à l’autre susciterait en lui une attitude positive et des gestes fraternels qui convertiraient peu à peu son être et toute sa vie.
Il deviendrait alors, à travers ses dons et ses biens, comme à travers le pouvoir qu’il détient, dans l’ordre social, économique, scientifique, technique, matériel et spirituel, un vivant serviteur de l’Amour, donc de la Vie.

Marguerite Ph. Hoppenot
Cette Vie qui m’est donnée
ch. L’aventure du cœur

Évangile du dimanche 12 novembre

« Alors il en sera du Royaume des cieux comme de dix jeunes filles qui prirent leurs lampes et sortirent à la rencontre de l’époux. Cinq d’entre elles étaient insensées et cinq étaient avisées. En prenant leurs lampes, les filles insensées n’avaient pas emporté d’huile ; les filles avisées, elles, avaient pris, avec leurs lampes, de l’huile dans des fioles. Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent. Au milieu de la nuit, un cri retentit : “Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.” Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et apprêtèrent leurs lampes. Les insensées dirent aux avisées : “Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent.” Les avisées répondirent : “Certes pas, il n’y en aurait pas assez pour nous et pour vous ! Allez plutôt chez les marchands et achetez-en pour vous.” Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva ; celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et l’on ferma la porte. Finalement, arrivent à leur tour les autres jeunes filles, qui disent : “Seigneur, seigneur, ouvre-nous ! ” Mais il répondit : “En vérité, je vous le déclare, je ne vous connais pas.” Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure.
Mt 25, 1-13

L’épisode des vierges sages et des vierges folles est scandaleux apparemment. Les vierges sages ont tout ce qu’il leur faut pour aller aux noces et ne veulent pas partager ! Qu’est-ce que cela veut dire ? Je peux tout donner, mais je ne peux pas donner de mon « être », mon être transformé. Je ne peux pas te passer cela. Mon  être, c’est une oeuvre de vie, ce n’est pas un truc que je peux partager. C’est très important pour nous, il ne suffit pas d’avoir entendu des choses. Il faut « être » cette chose et personne ne peut faire cela à notre place. (…)« Deviens » sinon tu n’entreras pas dans le festin des noces, c’est-à-dire la communion. Si tu n’es pas devenu un être amour, tu ne pourras pas vivre la communion d’amour. Ce n’est pas Jésus Christ qui va fermer la porte. Tu n’es pas en état de … C’est mon interprétation. Vous n’êtes pas obligés de l’adopter.

Marguerite Ph. Hoppenot
Entretien au Mouvement Sève, 25 janvier 1984

Évangile du dimanche 29 octobre 2017

Apprenant qu’il avait fermé la bouche aux Sadducéens, les Pharisiens se réunirent. Et l’un d’eux, un légiste, lui demanda pour lui tendre un piège : « Maître, quel est le grand commandement dans la Loi ? » Jésus lui déclara : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. C’est là le grand, le premier commandement. Un second est aussi important : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépendent toute la Loi et les Prophètes. »
Mt 22, 34-40

L’amour dont le Seigneur nous fait un commandement d’aimer nos frères, cet amour qu’il lie dans une même exigence à l’amour de nous-mêmes et à l’amour que nous Lui portons est en effet un seul et même amour : unique amour dont la source et la fin sont Dieu, Amour trinitaire qui doit faire en nous sa demeure pour agréger peu à peu tout notre « être » à son courant de vie.

Marguerite Ph. Hoppenot
Midi sur le Monde
ch. S’aimer soi-même

Évangile du dimanche 22 octobre 2017

Alors les Pharisiens allèrent tenir conseil afin de le prendre au piège en le faisant parler. Ils lui envoient leurs disciples, avec les Hérodiens, pour lui dire : « Maître, nous savons que tu es franc et que tu enseignes les chemins de Dieu en toute vérité, sans te laisser influencer par qui que ce soit, car tu ne tiens pas compte de la condition des gens. Dis-nous donc ton avis : Est-il permis, oui ou non, de payer le tribut à César ? » Mais Jésus, s’apercevant de leur malice, dit : « Hypocrites ! Pourquoi me tendez-vous un piège ? Montrez-moi la monnaie qui sert à payer le tribut. » Ils lui présentèrent une pièce d’argent. Il leur dit : « Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? » Ils répondent : « De César. » Alors il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » A ces mots, ils furent tout étonnés et, le laissant, ils s’en allèrent.
Mt 22, 15-21

Dans sa simplicité, cette parole [de Jésus] est une de celle qui a le plus servi à l’affranchissement des consciences, à la distinction des deux pouvoirs, le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel et la paix entre eux.
Jésus affirme d’abord que le pouvoir civil, même entre les mains des païens, n’est pas nécessairement malfaisant, comme certains sont portés à le croire. Il rend des services, fait régner la paix matérielle, sert au développement de la richesse temporelle. (…)
Dieu a des droits, droits fondés sur ce que nous recevons de Lui, droits que proclame son image empreinte sur tout ce que nous recevons de Lui. « L’image de César est gravée sur le métal, l’image de Dieu est gravée dans tout l’homme, dans son corps, son âme, sa volonté ; il est juste de lui rendre tout cela, puisque c’est lui qui nous en donne et la substance et l’accroissement » Saint Hilaire de Poitiers. Et Tertullien dit de son côté : « Si vous devez rendre à César l’image de César imprimée sur le métal, vous devez rendre à Dieu l’image de Dieu qui est imprimée dans l’homme, vous devez vous donner vous-mêmes à Dieu ».

Fr. Joseph de Almeida Monteiro o.p.  Homélie au Mouvement Sève
Bulletin n° 207

Évangile du dimanche 15 octobre 2017

Et Jésus se remit à leur parler en paraboles : « Il en va du Royaume des cieux comme d’un roi qui fit un festin de noces pour son fils. Il envoya ses serviteurs appeler à la noce les invités. Mais eux ne voulaient pas venir. Il envoya encore d’autres serviteurs chargés de dire aux invités : “Voici, j’ai apprêté mon banquet ; mes taureaux et mes bêtes grasses sont égorgés, tout est prêt, venez aux noces.” Mais eux, sans en tenir compte, s’en allèrent, l’un à son champ, l’autre à son commerce ; les autres, saisissant les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent. Le roi se mit en colère ; il envoya ses troupes, fit périr ces assassins et incendia leur ville. Alors il dit à ses serviteurs : “La noce est prête, mais les invités n’en étaient pas dignes. Allez donc aux places d’où partent les chemins et convoquez à la noce tous ceux que vous trouverez.” Ces serviteurs s’en allèrent par les chemins et rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, mauvais et bons. Et la salle de noce fut remplie de convives. Entré pour regarder les convives, le roi aperçut là un homme qui ne portait pas de vêtement de noce. “Mon ami, lui dit-il, comment es-tu entré ici sans avoir de vêtement de noce ? ” Celui-ci resta muet. Alors le roi dit aux servants : “Jetez-le, pieds et poings liés, dans les ténèbres du dehors : là seront les pleurs et les grincements de dents.” Certes, la multitude est appelée, mais peu sont élus. » Mt 22, 1-14

Il nous faut veiller attentivement à deux choses :

Être toujours en état d’alerte, afin de pouvoir à tout moment percevoir l’appel, quelles que soient sa discrétion et la forme sous laquelle il se propose. Dieu ne fait pas tomber la foudre à nos pieds, pas plus pour nous appeler que pour nous répondre. Que de secrets appels nous laissons ainsi passer sans entendre ! Il y a tant de tapage dans notre vie !
Être toujours en ordre de départ : Oui, prêts à partir, prêts à quitter, parce que, pour répondre à un appel, il nous faut toujours quitter quelque chose. Or, nous avons tant de raisons d’être tenus.
C’est pourquoi le Maître des noces, impatient de déverser sur des convives ce dont il voulait les combler, envoya chercher ceux qui étaient sur le bord du chemin : les disponibles, les non-installés dans leurs biens, leurs habitudes, leurs avoirs… les « prêts à venir ».

Marguerite Ph. Hoppenot
Vers le Royaume
ch. Appelés

Évangile du dimanche 8 octobre 2017

« Écoutez une autre parabole. Il y avait un propriétaire qui planta une vigne, l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et bâtit une tour ; puis il la donna en fermage à des vignerons et partit en voyage. Quand le temps des fruits approcha, il envoya ses serviteurs aux vignerons pour recevoir les fruits qui lui revenaient. Mais les vignerons saisirent ces serviteurs ; l’un, ils le rouèrent de coups ; un autre, ils le tuèrent ; un autre, ils le lapidèrent. Il envoya encore d’autres serviteurs, plus nombreux que les premiers ; ils les traitèrent de même. Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : “Ils respecteront mon fils.” Mais les vignerons, voyant le fils, se dirent entre eux : “C’est l’héritier. Venez ! Tuons-le et emparons-nous de l’héritage.” Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. Eh bien ! lorsque viendra le maître de la vigne, que fera-t-il à ces vignerons-là ? » Ils lui répondirent : « Il fera périr misérablement ces misérables, et il donnera la vigne en fermage à d’autres vignerons, qui lui remettront les fruits en temps voulu. » Jésus leur dit : « N’avez-vous jamais lu dans les Ecritures :
La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs, c’est elle qui est devenue la pierre angulaire ; c’est là l’œuvre du Seigneur ; quelle merveille à nos yeux. Aussi je vous le déclare : le Royaume de Dieu vous sera enlevé, et il sera donné à un peuple qui en produira les fruits.
Mt 21, 33-43

En mourant sur la croix, Jésus-Christ, refusé, bafoué – comble de l’injustice – par ceux qu’Il aimait au point de leur avoir donné sa vie, alla jusqu’au terme de son message d’amour en les aimant… et en aimant jusqu’à la fin !
Par delà l’échec apparent de sa vie, c’est ainsi qu’Il accomplit pleinement la mission qu’Il avait reçue : assurer à la face du monde le triomphe définitif de son Père en témoignant, jusqu’à l’absolu, que Dieu Est Amour.

Marguerite Ph. Hoppenot
Cette vie qui m’est donnée
ch. Jusqu’à l’ultime fin

Page 1 sur 12