Catégorie: Où Sève croise l’actualité (Page 2 sur 13)

Évangile du dimanche 29 octobre 2017

Apprenant qu’il avait fermé la bouche aux Sadducéens, les Pharisiens se réunirent. Et l’un d’eux, un légiste, lui demanda pour lui tendre un piège : « Maître, quel est le grand commandement dans la Loi ? » Jésus lui déclara : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. C’est là le grand, le premier commandement. Un second est aussi important : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépendent toute la Loi et les Prophètes. »
Mt 22, 34-40

L’amour dont le Seigneur nous fait un commandement d’aimer nos frères, cet amour qu’il lie dans une même exigence à l’amour de nous-mêmes et à l’amour que nous Lui portons est en effet un seul et même amour : unique amour dont la source et la fin sont Dieu, Amour trinitaire qui doit faire en nous sa demeure pour agréger peu à peu tout notre « être » à son courant de vie.

Marguerite Ph. Hoppenot
Midi sur le Monde
ch. S’aimer soi-même

Évangile du dimanche 22 octobre 2017

Alors les Pharisiens allèrent tenir conseil afin de le prendre au piège en le faisant parler. Ils lui envoient leurs disciples, avec les Hérodiens, pour lui dire : « Maître, nous savons que tu es franc et que tu enseignes les chemins de Dieu en toute vérité, sans te laisser influencer par qui que ce soit, car tu ne tiens pas compte de la condition des gens. Dis-nous donc ton avis : Est-il permis, oui ou non, de payer le tribut à César ? » Mais Jésus, s’apercevant de leur malice, dit : « Hypocrites ! Pourquoi me tendez-vous un piège ? Montrez-moi la monnaie qui sert à payer le tribut. » Ils lui présentèrent une pièce d’argent. Il leur dit : « Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? » Ils répondent : « De César. » Alors il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » A ces mots, ils furent tout étonnés et, le laissant, ils s’en allèrent.
Mt 22, 15-21

Dans sa simplicité, cette parole [de Jésus] est une de celle qui a le plus servi à l’affranchissement des consciences, à la distinction des deux pouvoirs, le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel et la paix entre eux.
Jésus affirme d’abord que le pouvoir civil, même entre les mains des païens, n’est pas nécessairement malfaisant, comme certains sont portés à le croire. Il rend des services, fait régner la paix matérielle, sert au développement de la richesse temporelle. (…)
Dieu a des droits, droits fondés sur ce que nous recevons de Lui, droits que proclame son image empreinte sur tout ce que nous recevons de Lui. « L’image de César est gravée sur le métal, l’image de Dieu est gravée dans tout l’homme, dans son corps, son âme, sa volonté ; il est juste de lui rendre tout cela, puisque c’est lui qui nous en donne et la substance et l’accroissement » Saint Hilaire de Poitiers. Et Tertullien dit de son côté : « Si vous devez rendre à César l’image de César imprimée sur le métal, vous devez rendre à Dieu l’image de Dieu qui est imprimée dans l’homme, vous devez vous donner vous-mêmes à Dieu ».

Fr. Joseph de Almeida Monteiro o.p.  Homélie au Mouvement Sève
Bulletin n° 207

Évangile du dimanche 15 octobre 2017

Et Jésus se remit à leur parler en paraboles : « Il en va du Royaume des cieux comme d’un roi qui fit un festin de noces pour son fils. Il envoya ses serviteurs appeler à la noce les invités. Mais eux ne voulaient pas venir. Il envoya encore d’autres serviteurs chargés de dire aux invités : “Voici, j’ai apprêté mon banquet ; mes taureaux et mes bêtes grasses sont égorgés, tout est prêt, venez aux noces.” Mais eux, sans en tenir compte, s’en allèrent, l’un à son champ, l’autre à son commerce ; les autres, saisissant les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent. Le roi se mit en colère ; il envoya ses troupes, fit périr ces assassins et incendia leur ville. Alors il dit à ses serviteurs : “La noce est prête, mais les invités n’en étaient pas dignes. Allez donc aux places d’où partent les chemins et convoquez à la noce tous ceux que vous trouverez.” Ces serviteurs s’en allèrent par les chemins et rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, mauvais et bons. Et la salle de noce fut remplie de convives. Entré pour regarder les convives, le roi aperçut là un homme qui ne portait pas de vêtement de noce. “Mon ami, lui dit-il, comment es-tu entré ici sans avoir de vêtement de noce ? ” Celui-ci resta muet. Alors le roi dit aux servants : “Jetez-le, pieds et poings liés, dans les ténèbres du dehors : là seront les pleurs et les grincements de dents.” Certes, la multitude est appelée, mais peu sont élus. » Mt 22, 1-14

Il nous faut veiller attentivement à deux choses :

Être toujours en état d’alerte, afin de pouvoir à tout moment percevoir l’appel, quelles que soient sa discrétion et la forme sous laquelle il se propose. Dieu ne fait pas tomber la foudre à nos pieds, pas plus pour nous appeler que pour nous répondre. Que de secrets appels nous laissons ainsi passer sans entendre ! Il y a tant de tapage dans notre vie !
Être toujours en ordre de départ : Oui, prêts à partir, prêts à quitter, parce que, pour répondre à un appel, il nous faut toujours quitter quelque chose. Or, nous avons tant de raisons d’être tenus.
C’est pourquoi le Maître des noces, impatient de déverser sur des convives ce dont il voulait les combler, envoya chercher ceux qui étaient sur le bord du chemin : les disponibles, les non-installés dans leurs biens, leurs habitudes, leurs avoirs… les « prêts à venir ».

Marguerite Ph. Hoppenot
Vers le Royaume
ch. Appelés

Évangile du dimanche 8 octobre 2017

« Écoutez une autre parabole. Il y avait un propriétaire qui planta une vigne, l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et bâtit une tour ; puis il la donna en fermage à des vignerons et partit en voyage. Quand le temps des fruits approcha, il envoya ses serviteurs aux vignerons pour recevoir les fruits qui lui revenaient. Mais les vignerons saisirent ces serviteurs ; l’un, ils le rouèrent de coups ; un autre, ils le tuèrent ; un autre, ils le lapidèrent. Il envoya encore d’autres serviteurs, plus nombreux que les premiers ; ils les traitèrent de même. Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : “Ils respecteront mon fils.” Mais les vignerons, voyant le fils, se dirent entre eux : “C’est l’héritier. Venez ! Tuons-le et emparons-nous de l’héritage.” Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. Eh bien ! lorsque viendra le maître de la vigne, que fera-t-il à ces vignerons-là ? » Ils lui répondirent : « Il fera périr misérablement ces misérables, et il donnera la vigne en fermage à d’autres vignerons, qui lui remettront les fruits en temps voulu. » Jésus leur dit : « N’avez-vous jamais lu dans les Ecritures :
La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs, c’est elle qui est devenue la pierre angulaire ; c’est là l’œuvre du Seigneur ; quelle merveille à nos yeux. Aussi je vous le déclare : le Royaume de Dieu vous sera enlevé, et il sera donné à un peuple qui en produira les fruits.
Mt 21, 33-43

En mourant sur la croix, Jésus-Christ, refusé, bafoué – comble de l’injustice – par ceux qu’Il aimait au point de leur avoir donné sa vie, alla jusqu’au terme de son message d’amour en les aimant… et en aimant jusqu’à la fin !
Par delà l’échec apparent de sa vie, c’est ainsi qu’Il accomplit pleinement la mission qu’Il avait reçue : assurer à la face du monde le triomphe définitif de son Père en témoignant, jusqu’à l’absolu, que Dieu Est Amour.

Marguerite Ph. Hoppenot
Cette vie qui m’est donnée
ch. Jusqu’à l’ultime fin

Évangile du dimanche 1er octobre 2017

En ce temps-là, Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple : « Quel est votre avis ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit :
‘Mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne.’ Celui-ci répondit : ‘Je ne veux pas.’
Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla. Puis le père alla trouver le second et lui parla de la même manière. Celui-ci répondit : ‘Oui, Seigneur !’ et il n’y alla pas.  Lequel des deux a fait la volonté du père ? » Ils lui répondent : « Le premier. »
Jésus leur dit : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées
vous précèdent dans le royaume de Dieu. Car Jean le Baptiste est venu à vous sur le chemin de la justice, et vous n’avez pas cru à sa parole ; mais les publicains et les prostituées y ont cru. Tandis que vous, après avoir vu cela, vous ne vous êtes même pas repentis plus tard pour croire à sa parole. »  Mt 21, 28-32

Notre cœur demeure limité à la mesure de nos horizons, alors qu’à la tâche illimitée du Royaume ne pourrait correspondre qu’un cœur sans limites. Je sais bien que, pour la plupart d’entre nous, le « viens et suis-moi » du Christ semble s’opposer à leur vie dans le monde, voire à leur foyer, et leur fait douloureusement éprouver leurs limites humaines.
Les « affaires de notre Père » seraient-elles donc réservées à ceux qui ont tout le temps disponible… une vie bien en ordre… à ceux qui n’ont ni problèmes, ni difficultés particulières… aucune tentation… pas d’épreuves ? Qui n’en a pas ? De plus, comment pourrions-nous entraîner les autres là où nous ne sommes pas passés nous-mêmes ?
Il me semble que nous regardons le problème de nos limites avec des vues trop humaines. Seule une vue de foi peut nous introduire à l’unique solution de cet insoluble problème.
Ce qui n’est plus à notre dimension d’homme ne peut-être qu’à la dimension du Christ en nous.
Plus la tension devient grande entre les multiples exigences, apparemment divergentes du « fini » et de « l’infini » dans notre vie, plus nous sommes acculés à nous livrer à une autre dimension.
Marguerite Ph. Hoppenot
Vers le Royaume
ch. Nos limites face au sans limites

Évangile du dimanche 30 juillet 2017

« Le Royaume des cieux est comparable à un trésor qui était caché dans un champ et qu’un homme a découvert : il le cache à nouveau et, dans sa joie, il s’en va, met en vente tout ce qu’il a et il achète ce champ. Le Royaume des cieux est encore comparable à un marchand qui cherchait des perles fines. Ayant trouvé une perle de grand prix, il s’en est allé vendre tout ce qu’il avait et il l’a achetée.
« Le Royaume des cieux est encore comparable à un filet qu’on jette en mer et qui ramène toutes sortes de poissons. Quand il est plein, on le tire sur le rivage, puis on s’assied, on ramasse dans des paniers ce qui est bon et l’on rejette ce qui ne vaut rien. Ainsi en sera-t-il à la fin du monde : les anges surviendront et sépareront les mauvais d’avec les justes, et ils les jetteront dans la fournaise de feu ; là seront les pleurs et les grincements de dents. »
« Avez-vous compris tout cela ? » — « Oui », lui répondent-ils. Et il leur dit : « Ainsi donc, tout scribe instruit du Royaume des cieux est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et du vieux. »
Mt 13, 44-52

Où est notre cœur au milieu de tous ces trésors, de tous ces avoirs ? Comment pouvons-nous, malgré eux, préférer Dieu, miser sur Dieu, choisir la perle unique ?
Ne croyez pas que je vous amènerai fatalement à conclure : donnons tout ce que nous possédons…
Il y a des biens qui ne se vendent pas et dont nous sommes parfois plus avares que de notre argent. (…)
Rien n’est négatif dans le christianisme. Il ne nous commande pas d’aimer moins, mais d’aimer plus. Pour préférer, il faut aimer davantage, il faut aimer « follement ». Or, seul le Christ peut nous introduire à cette folie. Pour cela, il nous faut partir à sa recherche à travers l’Évangile, entrer peu à peu dans son intimité et le découvrir comme une Personne vivante.
Et si, nous attachant fidèlement à ses pas, nous nous nourrissons de sa Vie, il exerce alors progressivement sur nous une telle attraction, une telle séduction, que nous ne pouvons plus nous détacher de lui.
A ce point, ce n’est plus nous qui nous efforçons de lui être fidèle, c’est lui qui nous tient.
Marguerite Ph. Hoppenot
Vers le Royaume, ch. Les voies de l’Amour

Évangile du dimanche 23 juillet 2017

Il leur proposa une autre parabole : « Il en va du Royaume des cieux comme d’un homme qui a semé du bon grain dans son champ. Pendant que les gens dormaient, son ennemi est venu ; par-dessus, il a semé de l’ivraie en plein milieu du blé et il s’en est allé. Quand l’herbe eut poussé et produit l’épi, alors apparut aussi l’ivraie. Les serviteurs du maître de maison vinrent lui dire : “Seigneur, n’est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D’où vient donc qu’il s’y trouve de l’ivraie ? ” Il leur dit : “C’est un ennemi qui a fait cela.” Les serviteurs lui disent : “Alors, veux-tu que nous allions la ramasser ? ” — “Non, dit-il, de peur qu’en ramassant l’ivraie vous ne déraciniez le blé avec elle. Laissez l’un et l’autre croître ensemble jusqu’à la moisson, et au temps de la moisson je dirai aux moissonneurs : Ramassez d’abord l’ivraie et liez-la en bottes pour la brûler ; quant au blé, recueillez-le dans mon grenier.”  »
Mt 13, 24-30

Edifier le Royaume… travailler au règne du Christ… être les ouvriers de la vigne, non pas en paroles mais effectivement. Essayons d’entrevoir ce que ces mots peuvent recouvrir pour nous de réalité vécue jour après jour.
Pour nous tous, travailler sans relâche à édifier le Royaume, c’est faire converger tous nos efforts afin que règnent la lumière et l’amour, où que nous soyons, dans le détail de notre cœur comme dans le détail de notre vie ; être partout cette présence d’amour qui rend transparent ce qui est opaque entre les êtres, pur ce qui est mêlé, qui réconcilie ce qui est divisé, qui relie, unit, rassemble tout, à cause de Jésus-Christ.
N’est-ce pas déjà faire pressentir le Royaume ?
Marguerite Ph. Hoppenot
Vers le Royaume, ch. Aux sources vives

Évangile du dimanche 16 juillet 2017

En ce jour-là, Jésus sortit de la maison et s’assit au bord de la mer. De grandes foules se rassemblèrent près de lui, si bien qu’il monta dans une barque où il s’assit ; toute la foule se tenait sur le rivage.
Il leur dit beaucoup de choses en paraboles. « Voici que le semeur est sorti pour semer. Comme il semait, des grains sont tombés au bord du chemin ; et les oiseaux du ciel sont venus et ont tout mangé. D’autres sont tombés dans les endroits pierreux, où ils n’avaient pas beaucoup de terre ; ils ont aussitôt levé parce qu’ils n’avaient pas de terre en profondeur ; le soleil étant monté, ils ont été brûlés et, faute de racine, ils ont séché. D’autres sont tombés dans les épines ; les épines ont monté et les ont étouffés. D’autres sont tombés dans la bonne terre et ont donné du fruit, l’un cent, l’autre soixante, l’autre trente. Entende qui a des oreilles ! »
Les disciples s’approchèrent et lui dirent : « Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? » Il répondit : « Parce qu’à vous il est donné de connaître les mystères du Royaume des cieux, tandis qu’à ceux-là ce n’est pas donné. Car à celui qui a, il sera donné, et il sera dans la surabondance ; mais à celui qui n’a pas, même ce qu’il a lui sera retiré. Voici pourquoi je leur parle en paraboles : parce qu’ils regardent sans regarder et qu’ils entendent sans entendre ni comprendre ; et pour eux s’accomplit la prophétie d’Esaïe, qui dit :
Vous aurez beau entendre, vous ne comprendrez pas ;
vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas.
Car le cœur de ce peuple s’est épaissi,
ils sont devenus durs d’oreille,
ils se sont bouché les yeux,
pour ne pas voir de leurs yeux,
ne pas entendre de leurs oreilles,
ne pas comprendre avec leur cœur,
et pour ne pas se convertir.
Et je les aurais guéris !
« Mais vous, heureux vos yeux parce qu’ils voient, et vos oreilles parce qu’elles entendent. En vérité, je vous le déclare, beaucoup de prophètes, beaucoup de justes ont désiré voir ce que vous voyez et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez et ne l’ont pas entendu.
 « Vous donc, écoutez la parabole du semeur. Quand l’homme entend la parole du Royaume et ne comprend pas, c’est que le Malin vient et s’empare de ce qui a été semé dans son cœur ; tel est celui qui a été ensemencé au bord du chemin. Celui qui a été ensemencé en des endroits pierreux, c’est celui qui, entendant la Parole, la reçoit aussitôt avec joie ; mais il n’a pas en lui de racine, il est l’homme d’un moment : dès que vient la détresse ou la persécution à cause de la Parole, il tombe. Celui qui a été ensemencé dans les épines, c’est celui qui entend la Parole, mais le souci du monde et la séduction des richesses étouffent la Parole, et il reste sans fruit. Celui qui a été ensemencé dans la bonne terre, c’est celui qui entend la Parole et comprend : alors, il porte du fruit et produit l’un cent, l’autre soixante, l’autre trente. »
Mt 13, 1-23

Si chacun travaillait uniquement pour le Royaume de Dieu et non pour le petit champ clos de sa propriété, le Royaume, servi par cet incommensurable surcroît de forces convergentes, s’édifierait comme par miracle, visiblement sous nos yeux.
Mais le démon veille au grain. Il s’en donne à cœur joie dans les rangs des dévoués serviteurs de Dieu qu’il veut à tout prix désunir. Il suscite et alimente en leur cœur la conviction que la notion de « jouer des coudes » ou de « se marcher sur les pieds » peut avoir cours, dans le champ du Père de famille, là, tout comme ailleurs.
Le « tien » et le « mien » de ces purs serviteurs que nous sommes et qui ne devraient connaître que « le vôtre », mon Dieu, deviennent l’objet de toutes les vigilances, de toutes les susceptibilités, de tous les appétits, de toutes les oppositions, de toutes les combinaisons !… au nom même de la Vérité et de l’Amour. (…)
Et cependant, l’Amour crie sa soif d’être vécu en vérité par ceux qui l’annoncent, clercs et laïcs !
Marguerite Ph. Hoppenot
Vers le Royaume, ch. On vous reconnaîtra

Évangile du dimanche 9 juillet 2017

En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits. Oui, Père, c’est ainsi que tu en as disposé dans ta bienveillance. Tout m’a été remis par mon Père. Nul ne connaît le Fils si ce n’est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler.
« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous donnerai le repos. Prenez sur vous mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos de vos âmes. Oui, mon joug est facile à porter et mon fardeau léger. »
Mt 11, 25-30

Voulez-vous que nous nous recueillions un moment, pour écouter l’Esprit de Dieu nous parler au cœur et nous appeler à nous faire un cœur d’enfant. (…) Nous faire un cœur d’enfant ! Car il a plu à Dieu de « révéler aux petits ce qui est caché aux puissants et aux orgueilleux ». (…)
Il nous faut avoir un cœur d’enfant, pour rendre grâce. Un cœur disponible. Un cœur de pauvre. Un cœur attentif, toujours à l’écoute et ouvert, afin de pouvoir découvrir sans cesse les lumières que nous dévoile ce chemin. Il ne faut jamais nous installer sur ce chemin de Jésus-Christ, pour qu’il n’en finisse jamais d’être chemin, puisqu’il conduit à la vie en plénitude, l’infini, l’éternel.
Marguerite Ph; Hoppenot
Pèlerinage aux sources

Évangile du dimanche 18 juin 2017

« Je suis le pain vivant qui descend du ciel. Celui qui mangera de ce pain vivra pour l’éternité. Et le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. » Sur quoi, les Juifs se mirent à discuter violemment entre eux : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » Jésus leur dit alors : « En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas en vous la vie. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
Car ma chair est vraie nourriture, et mon sang vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. Et comme le Père qui est vivant m’a envoyé et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mangera vivra par moi. Tel est le pain qui est descendu du ciel : il est bien différent de celui que vos pères ont mangé ; ils sont morts, eux, mais celui qui mangera du pain que voici vivra pour l’éternité. »
Jn 6, 51-58

L’Eucharistie est un mystère d’Amour, celui de Dieu. C’est l’aventure d’une relation d’amour, et l’amour ne se vit pas à soi tout seul. Il s’agit bien d’une double présence, d’une mutuelle présence : la présence de Jésus-Christ dont nous sommes sûrs – c’est un acte de foi – et la nôtre. Or, nous nous posons toujours des questions sur la présence de Jésus-Christ et bien rarement sur la nôtre. Comment sommes-nous présents au Seigneur dans nos rencontres eucharistiques ? Voilà ce qui doit nous habiter au plus haut point.
La communion avec Jésus-Christ nous engage à la communion avec nos frères. L’une est la branche verticale de la croix, l’autre, la branche horizontale. Le christianisme est « signe de croix » : croisement. (…)
Alors vient la décision, décision de vraiment réfléchir à notre présence à nous, à la qualité de notre présence personnelle – car la présence du Christ dont nous sommes sûrs engage la nôtre – mais elle nous provoque aussi à être présents aux autres, que ce soit dans notre foyer, notre famille, notre équipe, notre paroisse, avec les gens que nous rencontrons, avec les incroyants, etc. Après une telle communion, quel regard posons-nous sur les autres ? Si on ne pose pas si peu que ce soit le regard du Christ sur les autres, si on reste critique, sceptique, je ne sais pas ce qu’a été cette communion.

Marguerite Hoppenot
Bulletin n° 149 – 1981

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