Catégorie: Où Sève croise l’actualité (Page 2 sur 3)

ET NOTRE RESURRECTION ?

Oui, Christ est ressuscité. Alors, nous pouvons entendre : « Je suis la Vie…Je suis venu pour vous donner la vie en plénitude ». « Le Christ ressuscité est avec l’homme jusqu’à la fin des temps. Mais Jésus-Christ n’est pas une divinité en haut. Il vit. Il est en expansion dans l’homme fidèle, dans le chrétien, autre Christ…jusqu’à la fin des temps pour le Christ total » (Parce que l’impossible est possible, p.228).

Il ne suffit pas de commémorer joyeusement la Résurrection sans laisser la trace précise de la rédemption qu’elle comporte  jalonner notre vie tout entière.

Il faut que cette commémoration atteste que le mystère pascal continue de se vivre, à l’intime de la vie de chaque chrétien, comme le nécessaire et progressif passage de la mort à la vie. C’est cette mystérieuse mutation qui creuse indéfiniment au cœur de notre être son sillage de vie ressuscitée jusqu’à la plénitude de l’éternelle résurrection.

​​​​​​​​​Marguerite Hoppenot 1969
​​​​​​​​​Cette vie qui m’est donnée

​​La résurrection, pour moi, c’est une mutation, c’est la mutation hors l’espace et le temps. Mourir vivant, c’est ça que ça veut dire. C’est ça la résurrection. On ressuscite tous les jours à partir du moment où l’on vit dans cette optiquelà le mystère de Jésus-Christ. On ressuscite tous les jours, c’est-à-dire que chaque jour certaines morts se produisent, certaines morts d’amour se produisent, pour une résurrection de vie. Un jour, alors, c’est la sortie de l’espace et du temps et l’on EST.

Comme on est Amour, on retourne dans la plénitude de l’Amour, on connait la plénitude de l’Amour au-delà de l’espace et du temps, hors limites. Ce que j’appelle le hors-limites de la vie. C’est une communion d’amour sans dissolution de la personne. Voilà ce que je vois.

 Marguerite Hoppenot, 1979
​​​​​​​​​Parce que l’impossible est possible (éd Salvator)

Le mystère du Christ est un dévoilement intérieur :

Qu’est-ce qui, en ce temps pascal, s’est dévoilé pour moi?
Puis-je re-connaître des moments où la vie a été re-suscitée en moi ?

LE CHRIST RESSUSCITÉ ET MARIE-MADELEINE

Avec Marie-Madeleine devant le tombeau vide, efforçons-nous de revivre aujourd’hui, avec un cœur nouveau capable d’émerveillement, l’évènement qui, en quelques instants vint illuminer sa vie et, à sa suite, révéler à l’humanité tout entière la dimension de son propre destin.
Je voudrais ajouter le dialogue, chargé de tendresse, de Jésus Ressuscité apparaissant soudain à Marie-Madeleine demeurée là, en pleurs, en prière, auprès du tombeau vide, fixée par sa foi inébranlable en Jésus. Sa foi était bien simplement son espérance invincible en l’amour sans limites, cette qualité d’amour, inconnue jusqu’alors que Jésus avait révélée à son amour humain.
Rien n’est jamais fini pour l’Amour !
N’est-ce-pas surprenant que Jésus ait choisi de révéler sa résurrection à cette grande pécheresse ?… Marie-Madeleine, cette femme qui avait beaucoup aimé, mise au ban de la société par les bien-pensants, les justes, tous ceux qui sont extérieurement en ordre avec la loi et qui échappent ainsi au jugement du monde !…
Mais le scandale des «bien-pensants», des «justes» touche alors à son comble. Que ce soit à Marie-Madeleine, cette pécheresse publique, qu’Il ait confié la première annonce de sa résurrection aux hommes : «va dire»…va, cours vite ! Cours annoncer ma résurrection à l’humanité des pauvres pécheurs, ces bien-aimés de Dieu. Va dire que son Fils est ressuscité et que l’Amour sauveur est à jamais vivant ! Va cours annoncer ma Bonne Nouvelle.
Décidément Jésus n’en finira jamais de nous surprendre.

​​​​​​​​​Marguerite Hoppenot
​​​​​​​Pèlerinage aux sources 23 mars 1987

Or, le Christ nous précise lui-même : « Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs » (Mt 9,13) Il est venu sauver ces êtres qui, se connaissant pécheurs, ont soif de vie. De plus, la qualité d’Amour de Marie-Madeleine présentait une certaine affinité avec celui de son Maître car, quelque soient par ailleurs ses fautes et ses faiblesses humaines, en Marie-Madeleine rayonnait la munificence de l’Amour. Tout calcul raisonnable et toute parcimonie – qui si souvent rétrécissent et paralysent le cœur humain – étaient inconnus de la pécheresse. Nous le constatons dans l’épisode du parfum répandu (Lc 7,38).
Sans doute est-ce à cet Amour munificent que le Seigneur voulut manifester et confirmer l’évènement de la Résurrection. C’est à cet Amour-là, aussi, vivant au cœur de Marie-Madeleine, qu’Il confie la mission de propager la Bonne Nouvelle, peut-être afin que l’apparente folie dont ce message était porteur ne coure pas le risque d’être aussitôt désamorcée par la sagesse trop humaine d’un cœur raisonnable ou la redoutable complexité d’un cœur parcimonieux.

Marguerite Hoppenot 1969
​​​​​​​​​Cette vie qui m’est donnée

Suis-je, comme Marie-Madeleine, dans une telle joie, un tel émerveillement qu’elle courut annoncer la Bonne Nouvelle ?
Qu’est-ce-qui m’empêche de courir pour annoncer la Bonne Nouvelle ?

DIMANCHE DE PÂQUES – LA RESURRECTION

C’est l’amour qui roule la pierre qui ferme nos tombeaux. Après cette semaine sainte où nous avons cheminé avec Jésus-Christ, entrons avec Lui dans l’éblouissement du mystère de Pâques. 

« C’est en témoignant de l’amour sans limites que Jésus-Christ manifesta la vérité de Dieu. C’est ainsi qu’Il révéla aussi le secret de l’homme nouveau, unique artisan possible du monde nouveau promis, et qu’Il fut le message vivant de la filiation divine pour l’humanité toute entière.

C’est alors que Jésus-Christ, incarnation de l’amour sans limites, paraît comme le Sauveur du monde, son Rédempteur.

 C’est alors que Dieu Père ressuscita visiblement son Fils Jésus-Christ. Il confirma ainsi sa divinité : tous les prophètes étaient morts, seul le Christ est mort et ressuscité.

Je comprends aujourd’hui dans une vive lumière, que Jésus-Christ ne voulait pas prouver Lui-même sa divinité, mais révéler l’identité de son Père. C’était sa mission essentielle.

La contemplation intime de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ me révèle, dans l’émerveillement, la suprême fidélité de l’Esprit d’amour du Fils pour le Père et du Père pour le Fils.

Jésus-Christ glorifia son Père en le révélant à travers sa mort : l’Amour infini.

Le Père alors glorifia son Fils : en le ressuscitant, Il manifesta sa divinité. Il était bien le Fils de Dieu.

Subitement et non sans émotion surgit à mon esprit cette parole du Christ : « Si je me glorifie moi-même, ma gloire n’est rien » (Jn 8,54).

​​​​​​​Marguerite Hoppenot
​​                             Pèlerinage aux sources , 23 mars 1987

SAMEDI SAINT – LA VIE QUI DEMEURE

C’est au Calvaire, lorsque Jésus fit passer l’Amour du côté de « l’impossible à l’homme seul », qu’Il vainquit le péché du monde. Il assura définitivement le triomphe de la Vie sur la mort et nous donna le secret de la vie qui demeure.

Au pied de la croix, c’est Marie et Jean que nous trouvons.

L’espérance de ces deux êtres était déjà tissée d’immortalité. C’est pourquoi, lorsque survinrent les grandes ténèbres du Calvaire, ils étaient là, « debout » comme dit l’Evangile, fermes dans leur foi (Jn 19,25-27).

En eux, la réalité du mystère d’Amour, si pleinement vécu jusqu’au terme avec Jésus-Christ, ne laissait pas de place au doute. Certes, ils ne savaient pas ce qui était encore un secret de Dieu, mais en eux l’espérance était vive de cette foi qui laisse toutes ses chances à l’Amour et donc à la Vie.

C’est ainsi que, crucifiés eux-mêmes dans leur cœur de chair avec Celui qu’ils aimaient, mais pleinement debout dans leur foi et leur espérance, Marie et Jean reçurent ensemble les dernières recommandations qui tombèrent pour eux des lèvres du  Fils de Dieu : « Femme, voici ton Fils... » « Fils, voici ta mère … ».

Le lien vital qu’à travers ces ultimes paroles Jésus venait de tisser publiquement entre Marie et Jean prend, au pied de la croix une immense signification.

Il nous fait entrevoir l’autre aspect, visible celui-ci, de la Vie qui doit demeurer. Par la consécration de cette première communauté d’amour réalisée entre sa mère et l’apôtre bien-aimé, le Christ venait de faire connaître le germe vivant de toute cellule d’Eglise.

C’est la fidélité de l’Eglise à ce principe de communauté d’amour qui ferait d’elle, fondée sur Pierre et les apôtres, le vivant prolongement de la vie du Christ au milieu des hommes, l’anticipation du Royaume.….

La fidélité inébranlable de l’Eglise à vivre Jésus-Christ, l’Amour incarné, dans la totalité du mystère de sa vie, tel est bien l’unique secret de la Pâque dont elle a la mission et la responsabilité d’être pour le monde, et jusqu’à la fin des temps, l’annonce vivante.

 ​​​​​​​​​            Marguerite Hoppenot, 1969
​​                             Cette vie qui m’est donnée 

​​​​​​​​La mort – la nôtre ou celle d’êtres aimés – ne pose-t-elle pas à chacun de nous cette question capitale :   fin ou commencement ? mort définitive ou résurrection ? néant ou ultime mutation de la vie ?                                                 

VENDREDI SAINT –  AU CALVAIRE

Nous allons maintenant rejoindre Jésus et l’accompagner douloureusement sur le chemin de son calvaire, celui où la brûlure de son amour et l’incandescence de sa lumière lui font connaître un désert de solitude…cette solitude essentielle que nous pouvons percevoir à travers l’expression spontanée, déchirante, de sa souffrance humaine, qu’Il livra en quelques mots : « Mon âme est triste à en mourir » (Mt 26,38).

« Pour Jésus-Christ, la mort à laquelle Il s’est soumis fut révélatrice de Dieu, l’Amour sans limites.

Au Calvaire, parvenu au sommet de sa double passion d’amour et de souffrance, devant la mort – qui n’était pas la volonté de Dieu, son Père, mais qui était dûe au rejet des hommes, notamment celui  du double pouvoir politique et ecclésiastique du temps, ce scandaleux refus de ceux qui « savaient » et auraient dû l’accueillir – Jésus-Christ subit une ultime tentation du Malin : « Si tu es le Fils de Dieu, prouve-le, sauve-toi toi-même ». Jésus-Christ ne voulut pas se soustraire à sa condition humaine, Il ne voulut pas accomplir le miracle qui l’aurait délivré de la mort et qui aurait aussitôt manifesté sa divinité aux yeux du monde.

 A l’heure ultime pour Jésus-Christ, il n’était plus question de Lui, pour Lui. Il n’était plus question que de son Père. Sa fidélité à son Père était d’achever sa mission destinée à révéler au monde l’identité de Dieu son Père : « Amour sans limites ».

Tel est l’ultime témoignage qu’au Calvaire Jésus devait et pouvait donner. Le témoignage de sa mort fut le message qu’Il donna pleinement pour être fidèle jusqu’au bout. C’est alors, qu’Il aima jusqu’à la fin. En rendant amour pour non amour, Il donna et redonna son par-don d’amour, par delà toute offense, toute lâcheté, tout abandon, toute trahison, toute persécution et cela jusque et au-delà de la mort.

 Jésus-Christ prouva ainsi que cet amour sans limites, impossible à l’homme seul, ne pouvait être que Dieu Vivant.

Entendons la suprême prière de Jésus-Christ en croix : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23,34). Ne leur enlève pas ton amour, Père, ne cesse jamais de croire en l’homme.

Cet amour sans limites, révélé en Jésus-Christ, par delà « l’impossible communion d’amour » m’apparaît la plus haute forme de l’amour à laquelle Jésus-Christ nous appelle. J’ose le nommer l’amour de Rédemption ».​​​​​​

Marguerite Hoppenot
​​                             Pèlerinage aux sources , 23 mars 1987

Cherchons  dans notre vie comment il a été possible de redonner amour pour non amour. L’unique question qui se pose à un être tout au long de sa vie est donc celle de l’amour. Aimes-tu au-delà… au delà… toujours au-delà ?

PRIERE DU JEUDI SAINT

Qu’est-ce que le jeudi saint ? C’est l’institution de l’Eucharistie  qui est un sacrement c’est-à-dire le signe visible d’une réalité invisible, une invitation : que ce qui se passe sur l’autel se passe aussi sur l’autel de notre cœur*.

« Il faut que chaque participant à la messe porte sa vie dans cette hostie qui est faite de grains, pas seulement de grains de blé, de froment, mais de grains d’hommes.
Moi, je mets mon grain dans cette hostie pour qu’elle soit transformée, pour que je sois transformée aussi avec Jésus-Christ.
Qu’est-ce-que cela représente pour moi de communier au Corps de Jésus-Christ ? C’est s’engager dans la grande aventure de communion d’amour. C’est déjà pas mal.
Communier au sang
, pour moi, c’est m’engager dans la grande aventure de la rédemption d’amour. »

​​​​​​​​​            Marguerite Hoppenot
​​                             Parce que l’impossible est possibleéditions Salvator

*Nos frères protestants vivent la même réalité lors de la Sainte Cène.

 ​Faisons nôtre la prière de notre fondatrice :

Seigneur Jésus-Christ
En la joie de ce jeudi saint,
o
ù avant de quitter visiblement les hommes,
a
u seuil de la mort,
t
u nous as livré le secret, la promesse
e
t le moyen de communier éternellement à toi…
e
t par toi, à tous les êtres humains, nos frères,
j
e remets entre tes mains
t
out ce qui demeure encore en moi d’amour de moi-même,
d
’orgueil de moi-même, de regard sur moi-même…
a
fin que tu le consumes définitivement
a
u feu de ton amour
e
t le fasses mourir avec toi pour le ressusciter en pur amour.
I
nfaillible secret de l’universelle communion
à
 laquelle tu m’as attachée.

Que ton amour en moi me fasse parvenir
à
la liberté intérieure des enfants de Dieu.
Et pour cela,
q
ue toute possible blessure d’amour-propre
s
e mue désormais en moi en blessure d’amour…
g
râce à ta Présence souveraine en mon cœur.

​​​​​​​​​   Marguerite Hoppenot
​​​​     Extrait de « Prières d’amour, prières de vie »

MERCREDI SAINT – QUI DE NOUS ?

Il faut se reconnaître, si peu que ce soit, dans l’attitude des participants de cette extraordinaire et bouleversante histoire qui est toujours actuelle. C’est celle de la vie humaine, de l’être créé à l’image de Dieu, intelligent, libre et responsable.Libre, parce que l’amour ne s’impose pas.

 « Nous pensons tous de bonne foi que nous aurions été de ceux qui n’auraient pas crucifié Jésus-Christ.

Peut-être cela est-il vrai, mais alors sommes-nous bien sûrs que nous n’aurions pas été de ceux qui l’auraient laissé crucifier ?

Le Christ, sous un visage ou sous un autre, est vivant parmi nous jusqu’à la fin du monde !

Qui d’entre nous, peut-être même surtout nous qui nous préoccupons tant de son Règne, ne participe inconsciemment à l’entreprise collective de crucifixion ?

Car le Christ vivant « dérange » même ceux qui croient l’aimer et le veulent établir.

C’est dans les replis de nos cœurs qui, secrètement, refusent souvent le Christ pour ce qu’Il est, que se cachent les innombrables points d’appui de son accusation.

Le Golgotha se vit tous les jours, à toutes les époques, au milieu de nous.

Il se trouve toujours :

un Judas pour trahir,

un Pierre pour renier,

des Pilate pour s’en laver les mains,

une foule aveugle pour hurler avec les loups…et réclamer Barabas,

quelques  « bien renseignés » pour témoigner en accusation,

quelque docteur de la loi pour justifier la mort au nom de Dieu lui-même,

quelque visage sans nom pour donner le coup de grâce,

des passants pour hocher la tête,

et des amis pour laisser faire !

Dimanche des Rameaux ! Vendredi Saint ! Que vous fûtes proches dans le temps !

Que vous êtes proches, ou même mêlés, dans nos pauvres cœurs d’hommes ! »

​​​​​​​​ Marguerite Hoppenot, 1957​​​​​​​​​

Vers le Royaume

MARDI SAINT – PASSION D’AMOUR, PASSION DE SOUFFRANCE

Contemplons Jésus-Christ plus intensément, en essayant de l’accompagner vers le sommet de son Calvaire, celui de sa double passion d’amour et de souffrance, vécue à l’absolu qui va nous introduire, si peu que ce soit, au mystère de sa mort et de sa résurrection.

Le martyre de son amour.

D’abord, la passion de souffrance de son amour refusé est celle dont nous ne pouvons pas nous désolidariser, car qui de nous peut croire ne pas y avoir participé, si peu que ce soit, par ses propres refus d’aimer ? Qui peut se croire absent du vaste désert d’amour et de communion d’amour qui, actuellement, asphyxie l’humanité ? Ce refus d’aimer qui crucifie encore Celui dont le don d’amour absolu n’est pas reçu. Sans doute notre participation à cette souffrance de Jésus-Christ, de l’amour donné et non reçu à sa mesure, fera-t-elle écho dans le cœur de certains d’entre-nous et donnera-t-elle à leur propre souffrance un sens plus profond, une lumière plus vive et une dimension nouvelle…éclairée par celle que Jésus donna à sa propre souffrance, celle de la communion à la souffrance de l’humanité.

Toutefois, que tous ceux et celles d’entre nous qui sont affrontés à cette douloureuse épreuve, pour eux-mêmes ou pour ceux qu’ils aiment, sachent qu’elle nous appelle non seulement à communier à la souffrance du Christ, cette souffrance de son amour non reçu, mais aussi à élargir notre propre souffrance aux multiples souffrances du monde et à sentir naître en notre cœur un authentique sentiment de solidarité fraternelle, prémices d’un amour qui s’universalise.

Le martyre de sa lumière

Essayons enfin de pénétrer, quelque peu, l’étape suprême de la passion de Jésus au Calvaire, celle de l’insondable martyre de sa lumière…à l’heure ultime où Jésus est affronté à l’échec visible de la mission de son Père.

Jésus-Christ prend conscience de l’échec visible de l’ultime message de lumière dont Il était porteur pour l’humanité, dont Il était l’unique responsable : l’échec de la Révélation plénière de Dieu au monde, celle du mystère essentiel de l’Aventure de sa Vie et de la vie.

Percevons alors la nature de déréliction de Jésus-Christ face à l’échec apparent de son message : «Père, j’ai essayé d’être fidèle à ta mission…Je t’ai donné toute ma vie pour être fidèle jusqu’au bout. N’ai-je pas été fidèle à révéler ta lumière ?»… ou alors «Pourquoi m’as-tu abandonné ?» Mt 27,46

Nous découvrons dans cette subite et ultime déréliction de Jésus-Christ la suprême tentation du Malin, celle qui doit être la suprême épreuve de beaucoup de saints, la souffrance de ne pas avoir pu communiquer pleinement la lumière qu’ils avaient reçue de Dieu.

Peut-être cette souffrance trouve-t-elle un écho dans le cœur de beaucoup d’épouses, et surtout de parents, cette souffrance de la communication, parfois impossible, de sa foi à l’être aimé, celle si fréquente de l’abandon de la foi chez tant de jeunes.

Cependant, n’oublions jamais que la vie est une longue aventure et que l’amour nous appelle à croire irréversiblement que l’homme est porteur de plus grand que lui, porteur de ce germe divin, notre espérance et que nous ne devons jamais cesser de croire en ces êtres bien aimés…apparemment loin de Dieu. Dieu n’est pas loin d’eux. Il est au fond de leur cœur et rien n’est jamais fini pour l’amour !

​​​​​​​​​           Marguerite Hoppenot

​​​​​​​​Pèlerinage aux sources23 mars 1987

LUNDI SAINT – IL FAUT QUE…

« Et maintenant, nous voici appelés à cheminer avec plus d’attention et plus d’amour encore avec Jésus-Christ Lui-même. Ce Jésus qui, un jour, nous saisit au cœur. C’est Lui qui ne cesse de nous appeler dans le secret du cœur et de nous conduire toujours plus loin afin de nous révéler peu à peu, les mystères inépuisables de sa Vie et de notre vie. »

Marguerite Hoppenot​​​​​​

Pèlerinage aux sources, 23 mars1987


« On connait l’histoire, on la rappelle, on va en faire mémoire. Est-ce que tout était prévu d’avance ?

Là nous touchons du doigt la prise de conscience que nous avons faite sur la différence entre « commémorer » et «célébrer ». Commémorer ce n’est pas une histoire vivante, c’est une histoire passée.

Frère inconnu, es-tu désormais convaincu que l’Evangile n’est pas seulement l’histoire de Dieu fait homme, intervenant il y a 2.000 ans dans l’histoire humaine, mais qu’il est l’aventure toujours actuelle qui doit s’inscrire indéfiniment dans la vie des hommes, la tienne comme la mienne, afin de prolonger la révélation du Christ au monde et de témoigner toujours de l’Alliance d’Amour entre Dieu et nous ?

Si notre vie veut témoigner jusqu’au bout de cette Alliance, les dernières étapes de la vie de Jésus nous concernent à notre tour. Ce sont celles où Il s’affronte au péché du monde, le refus d’aimer et en triomphe.

J’aimerais que nous réfléchissions à cette parole : « Il faut que » ?

  • Première interprétation :

Il fallait que Jésus-Christ accomplisse la volonté de mort que son Père avait sur Lui pour le rachat du monde. C’était prévu : il fallait que Jésus-Christ meurt pour racheter les péchés du monde ?

  • Deuxième interprétation :

Il fallait que Jésus-Christ accomplisse les Ecritures ? (Mc 14,49).Les Ecritures, ce n’est pas Dieu qui les a écrites. Justement, Jésus-Christ n’a rien écrit. Les Ecritures ce sont des gens comme nous qui les ont écrites. Ils étaient un peu plus prophètes que nous, ils voyaient un peu mieux devant, mais devant leur époque. Les prophètes n’étaient pas Jésus-Christ, ils n’étaient pas Dieu. Et Jésus-Christ n’a rien écrit.

Tout ce qui est écrit l’a été par des êtres humains qui avaient leur tempérament, qui étaient plus ou moins optimistes. Jésus-Christ, Lui, a tout inscrit dans la vie.

Jésus-Christ serait-il venu au monde pour attester la vérité des Ecritures ?

Jésus-Christ, le Fils de Dieu, serait venu pour attester ce qu’a dit Isaïe ? (Mt 4,14).

  • Troisième interprétation  que je vous propose :

Il faut que…Il fallait que Jésus-Christ aille jusqu’au bout de la révélation de la Bonne Nouvelle que l’Amour est sans limites et que Dieu est donc Par-Don d’Amour, nouveau don d’amour indéfiniment.

Est-ce que pendant cette semaine, nous allons réfléchir à cette histoire et nous sentir  concernés ? »

Marguerite Hoppenot​​​​​​

​​​​​​​​​      Ecrits personnels 1994

Dimanche des Rameaux

Aujourd’hui, dimanche des Rameaux .

« Qu’a été le dimanche des Rameaux ?

Qu’est pour vous  le dimanche des Rameaux ?

C’est la fête de la re-connaissance. Ce n’est pas simplement dire merci à Dieu.

C’est la fête de la reconnaissance pour tout le monde ; l’allégresse de la reconnaissance.…..

C’est extraordinaire de penser au dimanche des Rameaux : toute cette foule était enthousiasmée. Jésus-Christ lui avait révélé des choses. Il était enthousiasmant. Qu’on s’arrête à la joie de tous ces gens qui cherchent à le fêter. C’était la fête du bonheur, du paradis entrevu.

Ayant contemplé cette fête des Rameaux qui avait suscité un enthousiasme, nous pouvons prendre conscience, en nous, de ce qui fait écho à cette fête, dans notre propre vie, à notre petite mesure. C’est une histoire qui se prolonge, qui se continue, elle doit s’amplifier dans le nombre. « Vous ferez toutes les choses que je fais, vous en ferez même de plus grandes » nous dit Jésus-Christ. C’est cela qui doit s’étendre de plus en plus »

​​​​​​Marguerite Hoppenot, 1994  

 Ce mot « reconnaisance » a-t-il un écho dans notre vie ?

Re-connaissons les traces de Dieu dans notre vie.

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« Seigneur, je comprends alors pourquoi Tu affirmes : « Je suis la Vie » car je découvre, jour après jour, que la vie jaillit inépuisablement de l’Amour, et qu’elle devient alors lumière pénétrante, éblouissante, cette lumière de l’Amour qui éclaire tout, qui efface toutes les ombres entre les êtres et rend toutes choses vivantes, transparentes merveilleusement cohérentes et, peu à peu, transfigurées à travers moi, pour les autres ».

​​​​​​​​           Marguerite Hoppenot, 1982

​​​​​​​​      Prières d’amour, prières de vie