Catégorie: Où Sève croise l’actualité (Page 3 sur 13)

Évangile du dimanche 18 juin 2017

« Je suis le pain vivant qui descend du ciel. Celui qui mangera de ce pain vivra pour l’éternité. Et le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. » Sur quoi, les Juifs se mirent à discuter violemment entre eux : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » Jésus leur dit alors : « En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas en vous la vie. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
Car ma chair est vraie nourriture, et mon sang vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. Et comme le Père qui est vivant m’a envoyé et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mangera vivra par moi. Tel est le pain qui est descendu du ciel : il est bien différent de celui que vos pères ont mangé ; ils sont morts, eux, mais celui qui mangera du pain que voici vivra pour l’éternité. »
Jn 6, 51-58

L’Eucharistie est un mystère d’Amour, celui de Dieu. C’est l’aventure d’une relation d’amour, et l’amour ne se vit pas à soi tout seul. Il s’agit bien d’une double présence, d’une mutuelle présence : la présence de Jésus-Christ dont nous sommes sûrs – c’est un acte de foi – et la nôtre. Or, nous nous posons toujours des questions sur la présence de Jésus-Christ et bien rarement sur la nôtre. Comment sommes-nous présents au Seigneur dans nos rencontres eucharistiques ? Voilà ce qui doit nous habiter au plus haut point.
La communion avec Jésus-Christ nous engage à la communion avec nos frères. L’une est la branche verticale de la croix, l’autre, la branche horizontale. Le christianisme est « signe de croix » : croisement. (…)
Alors vient la décision, décision de vraiment réfléchir à notre présence à nous, à la qualité de notre présence personnelle – car la présence du Christ dont nous sommes sûrs engage la nôtre – mais elle nous provoque aussi à être présents aux autres, que ce soit dans notre foyer, notre famille, notre équipe, notre paroisse, avec les gens que nous rencontrons, avec les incroyants, etc. Après une telle communion, quel regard posons-nous sur les autres ? Si on ne pose pas si peu que ce soit le regard du Christ sur les autres, si on reste critique, sceptique, je ne sais pas ce qu’a été cette communion.

Marguerite Hoppenot
Bulletin n° 149 – 1981

Évangile du dimanche 11 juin 2017

« Dieu, en effet, a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, son unique, pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. Qui croit en lui n’est pas jugé ; qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. »
Jn 3, 16-18

La révélation de Dieu Trinité ne fait pas moins évoluer la notion de liberté. Elle transforme le besoin instinctif d’échapper à toute contrainte extérieure – trompeuse libération de l’homme ! – en une soif de se libérer de la seule contrainte mortelle, la captivité de son « moi » centre, en se livrant paradoxalement à la seule dépendance libératrice, celle de l’Amour. Cette expérience nous prouve peu à peu que seule la dépendance de l’Amour conduit à la vraie liberté des enfants de Dieu qui est total respect de la liberté de l’autre. (…)
Une fois de plus, je le répète, j’ai la certitude que seule la lumière de Pentecôte qui éclaire la révélation de Jésus-Christ et ses conséquences incalculables est capable d’illuminer ce monde, de l’orienter, de lui donner l’intelligence de son véritable destin, en un mot de le sauver de sa propre destruction.

Marguerite Hoppenot
Cette vie qui m’est donnée chapitre « Pentecôte, bonne nouvelle pour l’humanité »

 

Évangile du dimanche 4 juin 2017

Le soir de ce même jour qui était le premier de la semaine, alors que, par crainte des Juifs, les portes de la maison où se trouvaient les disciples étaient verrouillées, Jésus vint, il se tint au milieu d’eux et il leur dit : « La paix soit avec vous. » Tout en parlant, il leur montra ses mains et son côté. En voyant le Seigneur, les disciples furent tout à la joie. Alors, à nouveau, Jésus leur dit : « La paix soit avec vous. Comme le Père m’a envoyé, à mon tour je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et leur dit : « Recevez l’Esprit Saint ; ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis. Ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. »
Jn 20, 19-23

Le Christ a dit à ses disciples : Comme mon Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. […]Voulez-vous que nous essayions de prendre au sérieux et de nous appliquer à nous-mêmes cette parole extraordinaire : « Comme mon Père m’a envoyé… » ? Que nous dit-elle ? Que nous sommes envoyés par le Christ de la même manière que le Christ fut envoyé par son Père.
N’y a-t-il pas de quoi être bouleversés par cette similitude, cette sorte d’équivalence contenue dans le mot « comme » ? Bouleversés et envahis d’une inexprimable fierté de recevoir un tel honneur.
Par ce mot « comme », le Christ ne semble-t-il pas nous dire : Il est indispensable que moi aussi je t’envoie… C’est la chaîne d’amour… C’est le prolongement… C’est le flambeau qui passe de main en main. J’ai allumé ce flambeau au feu de mon Père, mais qu’en serait-il si, toi, tu ne le passais pas, ou si tu passais un flambeau éteint ?
Devant l’urgence du problème du monde, entends-moi bien : il est aussi nécessaire que tu sois fidèle à témoigner pour moi, que j’ai été fidèle, tout au long de ma vie, à témoigner pour mon Père !

Marguerite Hoppenot
Vers le Royaume ch. Envoyés

Évangile du dimanche 21 mai 2017

Jn 14, 15-21

« Si vous m’aimez, vous vous appliquerez à observer mes commandements ; moi, je prierai le Père : il vous donnera un autre Paraclet qui restera avec vous pour toujours. C’est lui l’Esprit de vérité, celui que le monde est incapable d’accueillir parce qu’il ne le voit pas et qu’il ne le connaît pas. Vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous et il est en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins, je viens à vous. Encore un peu, et le monde ne me verra plus ; vous, vous me verrez vivant et vous vivrez vous aussi. En ce jour-là, vous connaîtrez que je suis en mon Père et que vous êtes en moi et moi en vous. Celui qui a mes commandements et qui les observe, celui-là m’aime : or celui qui m’aime sera aimé de mon Père et, à mon tour, moi je l’aimerai et je me manifesterai à lui. » Jude, non pas Judas l’Iscariote, lui dit : « Seigneur, comment se fait-il que tu aies à te manifester à nous et non pas au monde ? »

Questions simples mais brûlantes qui depuis l’origine ne cessent de hanter les êtres humains : qui sommes-nous ? Où allons-nous ? Comment vivre ensemble ?
Or l’unique réponse à ces interrogations, c’est Jésus-Christ, Celui qui se nomme le Fils de Dieu, c’est-à-dire l’engendré de l’Esprit d’Amour, l’Homme-Dieu. C’est lui qui nous appelle non seulement à vivre fidèlement son message évangélique, mais à travers lui à pénétrer peu à peu son mystère de vie afin de devenir à notre tour cette créature sur-naturelle, cet être divino-humain, non pas ce Fils parfait, mais ces fils imparfaits, devenant frères entre eux, seuls artisans possible du Royaume.
Marguerite Ph. Hoppenot
Cette vie qui m’est donnée
ch. Lumière centrale

Évangile du dimanche 14 mai 2017

Jn 14, 1-12

« Que votre cœur ne se trouble pas : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Dans la maison de mon Père, il y a beaucoup de demeures : sinon vous aurais-je dit que j’allais vous préparer le lieu où vous serez ? Lorsque je serai allé vous le préparer, je reviendrai et je vous prendrai avec moi, si bien que là où je suis, vous serez vous aussi. Quant au lieu où je vais, vous en savez le chemin. » Thomas lui dit : « Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas, comment en connaîtrions-nous le chemin ? » Jésus lui dit : « Je suis le chemin et la vérité et la vie. Personne ne va au Père si ce n’est par moi. Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. Dès à présent vous le connaissez et vous l’avez vu. » Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père et cela nous suffit. » Jésus lui dit : « Je suis avec vous depuis si longtemps, et cependant, Philippe, tu ne m’as pas reconnu ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Pourquoi dis-tu : “Montre-nous le Père” ? Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ! Au contraire, c’est le Père qui, demeurant en moi, accomplit ses propres œuvres. Croyez-moi, je suis dans le Père, et le Père est en moi ; et si vous ne croyez pas ma parole, croyez du moins à cause de ces œuvres. En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera lui aussi les œuvres que je fais ; il en fera même de plus grandes, parce que je vais au Père ».

Face au buisson ardent, Dieu dit : « Je suis. » C’est le seul à pouvoir dire « Je suis. »
Il est l’Être. Il est la source vive et la finalité de toute vie, l’Absolu, l’Éternel.
Il est l’Être du monde, le Vivant.
Jésus-Christ dit aussi : «Je suis la vie. » Il dit : « Je suis la voie, la vérité, la vie… »La voie qui conduit à la vérité de la vie… qui est Dieu, l’Être… la vie, universelle et éternelle.
Faire lever des vocations, des vocations à Celui qui est la vie et qui est l’amour.
La vocation à la sainteté qui est la perfection de l’amour. L’Église a besoin de vocations, vocations de saints…et vocations de pasteurs de ses brebis.
« Je suis le Bon pasteur »

Marguerite Ph. Hoppenot
N’éteignez pas l’Esprit
ch. « Je suis »

Évangile du dimanche 7 mai 2017

Jn 10, 1-10

« En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n’entre pas par la porte dans l’enclos des brebis mais qui escalade par un autre côté, celui-là est un voleur et un brigand. Mais celui qui entre par la porte est le berger des brebis. Celui qui garde la porte lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix ; les brebis qui lui appartiennent, il les appelle, chacune par son nom, et il les emmène dehors. Lorsqu’il les a toutes fait sortir, il marche à leur tête, et elles le suivent parce qu’elles connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un étranger ; bien plus, elles le fuiront parce qu’elles ne connaissent pas la voix des étrangers. ». Jésus leur dit cette parabole, mais ils ne comprirent pas la portée de ce qu’il disait. Jésus reprit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, je suis la porte des brebis. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands, mais les brebis ne les ont pas écoutés. Je suis la porte : si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé, il ira et viendra et trouvera de quoi se nourrir. Le voleur ne se présente que pour voler, pour tuer et pour perdre ; moi, je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. »

Un certain jour, l’affirmation quelque peu hermétique à mes yeux aveugles : « Je suis la porte », s’éclaira pour moi et prit dans ma vie une signification décisive.
A la lumière de mes précédentes découvertes, je prenais conscience que cette porte, le Christ Vivant, était celle qui introduisait à la Vérité sans fin de la Vie, et je pressentis qu’elle commandait le chemin qui me conduirait jusqu’au but : la vérité sur l’Etre, la connaissance de Dieu.
Je connus alors clairement que la clef de cette porte, le secret qui, seul, permettrait de l’ouvrir, était au-dedans de moi, la pauvreté du cœur, condition rigoureuse de ma fidélité à incarner l’Amour.
(…) Par l’expérience vécue jour après jour du passage par cette porte – Jésus-Christ, incarnation permanente de l’Amour – ouverte par cette unique clef, la pauvreté de mon cœur, j’ai vérifié que telle est l’unique voie d’accès à la route qui, à la longue, ne se révèle pas être une impasse : impasse des idées pures, impasse de la raison, impasse du sentiment, impasse de l’action pour elle-même…

Marguerite Ph. Hoppenot
Cette vie qui m’est donnée
ch. Je suis la porte

Évangile du dimanche 30 avril 2017

Lc 24, 13-35

« Et voici que, ce même jour, deux d’entre eux se rendaient à un village du nom d’Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem. Ils parlaient entre eux de tous ces événements. Or, comme ils parlaient et discutaient ensemble, Jésus lui-même les rejoignit et fit route avec eux ; mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.
Il leur dit : « Quels sont ces propos que vous échangez en marchant ? » Alors ils s’arrêtèrent, l’air sombre. L’un d’eux, nommé Cléopas, lui répondit : « Tu es bien le seul à séjourner à Jérusalem qui n’ait pas appris ce qui s’y est passé ces jours-ci ! — Quoi donc ? » leur dit-il. Ils lui répondirent : « Ce qui concerne Jésus de Nazareth, qui fut un prophète puissant en action et en parole devant Dieu et devant tout le peuple : comment nos grands prêtres et nos chefs l’ont livré pour être condamné à mort et l’ont crucifié ; et nous, nous espérions qu’il était celui qui allait délivrer Israël. Mais, en plus de tout cela, voici le troisième jour que ces faits se sont passés. Toutefois, quelques femmes qui sont des nôtres nous ont bouleversés : s’étant rendues de grand matin au tombeau et n’ayant pas trouvé son corps, elles sont venues dire qu’elles ont même eu la vision d’anges qui le déclarent vivant. Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ce qu’ils ont trouvé était conforme à ce que les femmes avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. »
Et lui leur dit : « Esprits sans intelligence, cœurs lents à croire tout ce qu’ont déclaré les prophètes ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela et qu’il entrât dans sa gloire ? » Et, commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Écritures ce qui le concernait.
Ils approchèrent du village où ils se rendaient, et lui fit mine d’aller plus loin. Ils le pressèrent en disant : « Reste avec nous car le soir vient et la journée déjà est avancée. » Et il entra pour rester avec eux. Or, quand il se fut mis à table avec eux, il prit le pain, prononça la bénédiction, le rompit et le leur donna. Alors leurs yeux furent ouverts et ils le reconnurent, puis il leur devint invisible. Et ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur ne brûlait-il pas en nous tandis qu’il nous parlait en chemin et nous ouvrait les Écritures ? »
A l’instant même, ils partirent et retournèrent à Jérusalem ; ils trouvèrent réunis les Onze et leurs compagnons, qui leur dirent : « C’est bien vrai ! Le Seigneur est ressuscité, et il est apparu à Simon. »
Et eux racontèrent ce qui s’était passé sur la route et comment ils l’avaient reconnu à la fraction du pain. »

Trois signes irréfutables de la Présence du Christ Vivant sous d’autres apparences sont donc mis en lumière dans ce récit évangélique :

  • d’une part, la chaleur émanant d’un authentique Amour qui épanouit les êtres lorsqu’il fait route avec eux. Ce compagnonnage se révèle peu à peu comme la manifestation tangible de celui qui est l’Incarnation de l’Amour.
  • d’autre part, la clarté qui s’opère et illumine progressivement les esprits lorsque certains êtres expliquant la parole de Dieu, éclairent si profondément la vie qu’ils en donnent l’intelligence et révèlent ainsi à travers eux la « présence » de Celui qui dit : « Je suis la lumière du monde ».
  • le récit souligne enfin « qu’ils reconnurent Jésus à la fraction du pain ». Entendons par là non pas sa manière habituelle de rompre le pain, mais son attitude de partage, signe indubitable de l’amour fraternel, inlassablement tendu vers la communion. Le partage du pain – cet élément essentiel à la vie – était significatif d’un don vital. Il est symbole qui devra demeurer de la vie de Jésus-Christ donnée en partage, en nourriture pour ses frères.

Marguerite Ph. Hoppenot
Cette vie qui m’est donnée
ch. Du visible à l’invisible

Évangile du dimanche 23 avril 2017

Jn 20, 19-31

« Le soir de ce même jour qui était le premier de la semaine, alors que, par crainte des Juifs, les portes de la maison où se trouvaient les disciples étaient verrouillées, Jésus vint, il se tint au milieu d’eux et il leur dit : « La paix soit avec vous. » Tout en parlant, il leur montra ses mains et son côté. En voyant le Seigneur, les disciples furent tout à la joie. Alors, à nouveau, Jésus leur dit : « La paix soit avec vous. Comme le Père m’a envoyé, à mon tour je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et leur dit : « Recevez l’Esprit Saint ; ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis. Ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus.» Cependant Thomas, l’un des Douze, celui qu’on appelle Didyme, n’était pas avec eux lorsque Jésus vint. Les autres disciples lui dirent donc : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur répondit : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je n’enfonce pas mon doigt à la place des clous et si je n’enfonce pas ma main dans son côté, je ne croirai pas ! » Or huit jours plus tard, les disciples étaient à nouveau réunis dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vint, toutes portes verrouillées, il se tint au milieu d’eux et leur dit : « La paix soit avec vous. » Ensuite il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici et regarde mes mains ; avance ta main et enfonce-la dans mon côté, cesse d’être incrédule et deviens un homme de foi. » Thomas lui répondit : « Mon Seigneur et mon Dieu. » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu as cru ; bienheureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru. »
Jésus a opéré sous les yeux de ses disciples bien d’autres signes qui ne sont pas rapportés dans ce livre. Ceux-ci l’ont été pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour que, en croyant, vous ayez la vie en son nom. »

Voulez-vous que nous essayions de prendre au sérieux et de nous appliquer à nous-mêmes cette parole extraordinaire : « Comme mon Père m’a envoyé… ».
Que nous dit-elle ? Que nous sommes envoyés par le Christ de la même manière que le Christ fut envoyé par son Père.
N’y a-t-il pas de quoi être bouleversés par cette similitude, cette sorte d’équivalence contenue dans ce mot « comme » ? Bouleversés et envahis d’une inexprimable fierté de recevoir un tel honneur.
Par ce mot « comme » le Christ ne semble-t-il pas nous dire : Il est indispensable que moi aussi je t’envoie… C’est la chaine d’amour… c’est le prolongement… C’est le flambeau qui passe de main en main. J’ai allumé ce flambeau au feu de mon Père, mais qu’en serait-il si, toi, tu ne le passais pas, ou si tu passais un flambeau éteint ?(…) Le vrai apôtre, celui qui est l’authentique témoin de Jésus-Christ, ne doit pas quitter sa vie. Il reste « envoyé » à sa propre vie, mais avec Jésus-Christ.
Oui, nous sommes envoyés à notre conjoint, à  nos enfants, à nos frères… Envoyés à notre travail, à nos tâches matérielles, à notre vie dans le monde… Envoyés, en un mot, à toute notre vie humaine avec tout ce qu’elle comporte de problèmes, de tentations, d’épreuves et de joies, de réussites et d’échecs, de souffrances, de croix. Mais partout et toujours, indissolublement liés à Jésus-Christ.

Marguerite Ph. Hoppenot
Vers le Royaume
ch. Les mains vides

Évangile du dimanche de Pâques – 16 avril 2017

Jn 20, 1-9
« Le premier jour de la semaine, à l’aube, alors qu’il faisait encore sombre, Marie de Magdala se rend au tombeau et voit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle court, rejoint Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé du tombeau le Seigneur, et nous ne savons pas où on l’a mis. » Alors Pierre sortit, ainsi que l’autre disciple, et ils allèrent au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. Il se penche et voit les bandelettes qui étaient posées là. Toutefois il n’entra pas. Arrive, à son tour, Simon-Pierre qui le suivait ; il entre dans le tombeau et considère les bandelettes posées là et le linge qui avait recouvert la tête ; celui-ci n’avait pas été déposé avec les bandelettes, mais il était roulé à part, dans un autre endroit. C’est alors que l’autre disciple, celui qui était arrivé le premier, entra à son tour dans le tombeau ; il vit et il crut. En effet, ils n’avaient pas encore compris l’Ecriture selon laquelle Jésus devait se relever d’entre les morts. »

 La fin tragique du Maître laisse chacun « seul » face à l’interrogation lancinante qu’elle lui pose, voire aux doutes qui l’assaillent.
Les saintes femmes cependant – celles en qui l’amour se confond avec la vie – ne demeurent pas inactives. Elles s’emploient aux ultimes et modestes fidélités envers Jésus, spécialement Marie-Madeleine car en elle l’espérance veille. (…)
Elle est donc toute disponible et ouverte aux secrètes invitations du Maître.
C’est pourquoi, à l’aube de Pâques, l’intuition de son amour la fait aller encore une fois au sépulcre où, la première, elle est le témoin bouleversé du tombeau vide. Elle court aussitôt en avertir Pierre et Jean qui arrivent en hâte. Ayant constaté l’authenticité de la nouvelle bouleversante annoncée par Marie-Madeleine, ils vérifient les détails de la disparition de Jésus ainsi que l’exige la raison.
La lumière se fait alors vive en eux sur cette vérité de la Résurrection du Maître, annoncée par l’Ecriture et qui, jusqu’ici, leur était demeurée voilée. Ils comprennent enfin ce dont ils sont les témoins, et ils croient. Puis, tout étant achevé, ils s’en retournent chez eux.
Cependant, Marie-Madeleine, restée dehors ne les suis pas. Pour elle, rien n’est achevé, car rien n’est jamais fini pour l’Amour. Elle demeure là à pleurer. Bienheureuses larmes, expression de l’inexprimable, celles qui jaillissent d’un cœur déchiré ! Légitimes aussi, puisque Jésus lui-même pleura la mort de son ami Lazare.
Avec Marie-Madeleine devant le tombeau vide, efforçons-nous de revivre aujourd’hui avec un cœur nouveau, capable d’émerveillement, l’événement qui, en quelques instants, vint illuminer sa vie et, à sa suite, révéler à l’humanité toute entière la dimension de son propre destin.
Marguerite Ph. Hoppenot
Cette Vie qui m’est donnée
ch. Résurrection

Évangile du dimanche 9 avril 2017

Mt 27, 11-54
« Jésus comparut devant le gouverneur. Le gouverneur l’interrogea : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus déclara : « C’est toi qui le dis » ; mais aux accusations que les grands prêtres et les anciens portaient contre lui, il ne répondit rien. Alors Pilate lui dit : « Tu n’entends pas tous ces témoignages contre toi ? » Il ne lui répondit sur aucun point, de sorte que le gouverneur était fort étonné. A chaque fête, le gouverneur avait coutume de relâcher à la foule un prisonnier, celui qu’elle voulait. On avait alors un prisonnier fameux, qui s’appelait Jésus Barabbas. Pilate demanda donc à la foule rassemblée : « Qui voulez-vous que je vous relâche, Jésus Barabbas ou Jésus qu’on appelle Messie ? » Car il savait qu’ils l’avaient livré par jalousie. Pendant qu’il siégeait sur l’estrade, sa femme lui fit dire : « Ne te mêle pas de l’affaire de ce juste ! Car aujourd’hui j’ai été tourmentée en rêve à cause de lui. » Les grands prêtres et les anciens persuadèrent les foules de demander Barabbas et de faire périr Jésus. Reprenant la parole, le gouverneur leur demanda : « Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche ? » Ils répondirent : « Barabbas. » Pilate leur demande : « Que ferai-je donc de Jésus, qu’on appelle Messie ? » Ils répondirent tous : « Qu’il soit crucifié ! » Il reprit : « Quel mal a-t-il donc fait ? » Mais eux criaient de plus en plus fort : « Qu’il soit crucifié ! » Voyant que cela ne servait à rien, mais que la situation tournait à la révolte, Pilate prit de l’eau et se lava les mains en présence de la foule, en disant : « Je suis innocent de ce sang. C’est votre affaire ! » Tout le peuple répondit : « Nous prenons son sang sur nous et sur nos enfants ! » Alors il leur relâcha Barabbas. Quant à Jésus, après l’avoir fait flageller, il le livra pour qu’il soit crucifié.
Alors les soldats du gouverneur, emmenant Jésus dans le prétoire, rassemblèrent autour de lui toute la cohorte. Ils le dévêtirent et lui mirent un manteau écarlate ; avec des épines, ils tressèrent une couronne qu’ils lui mirent sur la tête, ainsi qu’un roseau dans la main droite ; s’agenouillant devant lui, ils se moquèrent de lui en disant : « Salut, roi des Juifs ! » Ils crachèrent sur lui, et, prenant le roseau, ils le frappaient à la tête. Après s’être moqués de lui ils lui enlevèrent le manteau et lui remirent ses vêtements. Puis ils l’emmenèrent pour le crucifier.
Comme ils sortaient, ils trouvèrent un homme de Cyrène, nommé Simon ; ils le requirent pour porter la croix de Jésus. Arrivés au lieu-dit Golgotha, ce qui veut dire lieu du Crâne, ils lui donnèrent à boire du vin mêlé de fiel. L’ayant goûté, il ne voulut pas boire. Quand ils l’eurent crucifié, ils partagèrent ses vêtements en tirant au sort. Et ils étaient là, assis, à le garder. Au-dessus de sa tête, ils avaient placé le motif de sa condamnation, ainsi libellé : « Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs. » Deux bandits sont alors crucifiés avec lui, l’un à droite, l’autre à gauche. Les passants l’insultaient, hochant la tête et disant : « Toi qui détruis le sanctuaire et le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même, si tu es le Fils de Dieu, et descends de la croix ! » De même, avec les scribes et les anciens, les grands prêtres se moquaient : « Il en a sauvé d’autres et il ne peut pas se sauver lui-même ! Il est Roi d’Israël, qu’il descende maintenant de la croix, et nous croirons en lui ! Il a mis en Dieu sa confiance, que Dieu le délivre maintenant, s’il l’aime, car il a dit : “Je suis Fils de Dieu ! ” » Même les bandits crucifiés avec lui l’injuriaient de la même manière.
A partir de midi, il y eut des ténèbres sur toute la terre jusqu’à trois heures. Vers trois heures, Jésus s’écria d’une voix forte : « Eli, Eli, lema sabaqthani », c’est-à-dire « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Certains de ceux qui étaient là disaient, en l’entendant : « Le voilà qui appelle Elie ! » Aussitôt l’un d’eux courut prendre une éponge qu’il imbiba de vinaigre ; et, la fixant au bout d’un roseau, il lui présenta à boire. Les autres dirent : « Attends ! Voyons si Elie va venir le sauver. » Mais Jésus, criant de nouveau d’une voix forte, rendit l’esprit. Et voici que le voile du sanctuaire se déchira en deux du haut en bas ; la terre trembla, les rochers se fendirent ; les tombeaux s’ouvrirent, les corps de nombreux saints défunts ressuscitèrent : sortis des tombeaux, après sa résurrection, ils entrèrent dans la ville sainte et apparurent à un grand nombre de gens. A la vue du tremblement de terre et de ce qui arrivait, le centurion et ceux qui avec lui gardaient Jésus furent saisis d’une grande crainte et dirent : « Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu. »

La croix n’est pas seulement pour moi le signe de la souffrance et de la mort de Jésus-Christ.
Ce signe du croisement de l’horizontal avec le vertical est devenu significatif pour toute ma vie : une clé d’or.
Croisement, en Jésus-Christ, du divin et de l’humain, ce signe de Jésus-Christ m’appelle inlassablement à ouvrir ma vie humaine à l’Esprit d’amour de Dieu.
Ephata… « Ouvre-toi » est le mot du baptême. Ne ferme jamais ton cœur à ce croisement divin.
La croix m’appelle aussi à croiser toujours en ma vie l’amour de Dieu et l’amour de mes frères pour qu’ils soient un seul amour.
Marguerite Ph. Hoppenot
N’éteignez pas l’Esprit
ch. La signification de la croix

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