Catégorie: Où Sève croise l’actualité (Page 1 sur 4)

Du visible à l’invisible

…Bien souvent affrontés à ce monde de doute, nous voudrions avoir une preuve visible irréfutable de Jésus-Christ pour Le suivre de plus près et confirmer notre foi. Cependant, comme avec les disciples d’Emmaüs, Il chemine avec nous et nous ne Le reconnaissons pas ?
Saint Luc nous dit en effet : ‘Jésus faisait route avec eux, mais leurs yeux étaient empêchés de Le reconnaître.’
Cela ne signifie pas que Jésus ne voulait pas être reconnu, mais que les seuls yeux de la chair ne pouvaient plus voir le Christ ressuscité.
Il y a là, pour nous, un enseignement d’une importance capitale. Pour reconnaître le Christ au-delà du visible, il faut désormais d’autres yeux que ceux de la chair. Cela implique un changement de regard : le passage d’un regard extérieur à un regard intérieur, un regard de l’amour…

C’est en effet l’Amour vivant en nous qui, peu à peu, transforme notre regard et lui donne cette intelligence du coeur qui permet de voir progressivement l’invisible à travers le visible et au-delà de lui.
Entendons Jésus nous dire, à nous aussi : ‘Vous avez des yeux et vous ne voyez pas.’ Mc 8, 18
Pour reconnaître sa Présence, il nous faut donc acquérir cet « autre regard ».

Marguerite Hoppenot
Cette vie qui m’est donnée

Épiphanie

Contemplant plus avant l’épisode des Mages et nous interrogeant sur ce que leurs offrandes signifient pour nous-mêmes, cherchons à discerner quelle lumière, toujours actuelle, le don de l’or, de l’encens et de la myrrhe peut projeter sur nos vies. Il ne s’agit pas ici de leur signification doctrinale enseignée par l’Eglise –là n’est pas mon propos-mais de  leur interprétation vitale.
L’or pourrait symboliser nos dons personnels, quels qu’ils soient, mais aussi toutes les valeurs positives de notre existence.
Offrir l’or de notre vie, c’est offrir les « talents » qui nous sont propres ou plutôt « les ouvrir » à l’Esprit d’Amour afin que, animés par lui, ils deviennent un service fraternel.
L’offrande de notre or nous appelle donc à vivre « la pauvreté de nos richesses ».
La myrrhe, utilisée pour embaumer les morts, pourrait représenter tout ce qui, dans notre vie, est ou paraît négatif : épreuves, souffrances, échecs, tout ce qui semble faire œuvre de mort, mais qui, ouvert à l’Amour, pourrait paradoxalement faire œuvre de Vie et devenir positif ?
L’offrande de notre myrrhe nous appelle à accéder à « l’essentielle richesse » à travers nos « pauvretés ».
L’encens peut être le symbole de tout ce qui, au long de notre existence, s’en va en fumée : bonnes intentions, élans sans suite, tout ce que nous rêvons et ne vivons pas.
L’offrande de notre encens nous incite à ouvrir tout ce qui, en nous, est illusion à Celui qui fait la Vérité, afin que ce qui est velléité en notre vie devienne peu à peu réalité.
Cet épisode des Mages se révèle d’une étonnante richesse spirituelle pour notre vie, si nous ne le réduisons pas à un événement historique sans lendemain.

Marguerite Hoppenot
Cette Vie qui m’est donnée

Contre ? À côté ? Avec ?

Le problème du monde se vit dans chacune de nos vies.
Le problème du monde, c’est le problème des relations humaines, celui de l’unité des diversités ou de leur division.
Il peut se définir par trois attitudes décisives :
° les uns CONTRE les autres,
° les uns À CÔTÉ des autres,
° les uns AVEC les autres.
Ces trois petits mots : « contre », « à côté » ou « avec », marquent le poteau indicateur des trois chemins qui s’ouvrent devant chacune de nos vies.

Ces trois mots correspondent à trois attitudes qui orientent toute une vie :
° être contre conduit à l’enfer de la division;
° être à côté conduit au désert de l’indifférence et de la solitude;
° être avec conduit progressivement au chemin du Royaume, ce chemin du paradis de l’amour, de la communion fraternelle, de la paix et de la joie.

Il faut que chacun choisisse son chemin.

Marguerite Hoppenot
Un être nouveau pour un monde nouveau

Le carrefour du troisième millénaire

…Prenons désormais conscience que nous ne pourrons sauver notre bonheur personnel qu’en contribuant à sauver la paix du monde. C’est évident et irréversible.
Alors, que voulons-nous ? Interrogeons-nous en pensant aux générations qui suivent, celles de nos chers enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants. Que décidons-nous ?
Il nous faut enfin comprendre que nous sommes tous concernés, chacun à notre mesure – apparemment si petite soit-elle, par ce nouvel ordre du monde. Ce sont les gouttes d’eau qui font l’océan.
Il s’agit que nous soyons enthousiasmés par ce grand projet d’amour fraternel pour une paix universelle, projet qui nous dépasse mais qui passe par chacun de nous. Il s’agit de s’y engager personnellement et tous ensemble afin d’édifier l’avenir de l’humanité, celui de tous les enfants du monde qui sont tous enfants de Dieu.
La ferme espérance de cet avenir positif du monde nous appelle chacun à vivre toutes les patiences de nos impatiences d’amour.
Et nous retrouvons là l’évidence d’une essentielle loi de la vie : l’infiniment petit, secret de l’infiniment grand et le personnel, secret de l’universel.

Marguerite Hoppenot
Un être nouveau pour un monde nouveau

La civilisation de l’Amour

Vu à l’aube…

Réveillée très tôt par l’appel lancinant au fond de mon être du monde et de l’Église du Christ, je prends une conscience plus aigüe encore que les deux sont indissolublement liés.
Jésus-Christ est venu instaurer un monde nouveau.
Or le monde actuel est devenu vertigineusement nouveau…mais dans un sens bien différent de ce que Jésus-Christ avait annoncé et pour lequel Il avait consacré toute sa vie, tout son « Être-Amour », afin que s’accomplisse la communion fraternelle, en un mot l’unité.
Son ultime prière « Père, qu’ils soient un, comme toi et moi sommes un, afin que le monde croie que tu m’as envoyé » (Jn 17, 21) prouve le déchirement de son cœur  face à la division des enfants de Dieu…
Ne sommes-nous pas tous responsables, si peu que ce soit, que triomphe la haine ou l’amour, la guerre ou la paix, la division ou la communion fraternelle…la civilisation de l’amour dans le monde ?
1991

Marguerite Ph. Hoppenot
Prier c’est Aimer

« Je ne connais pas de critique constructive de la situation actuelle du monde qu’émanant d’êtres décidés à s’engager dans une aventure dont ils sont prêts à payer personnellement le prix. » Marguerite Ph. Hoppenot

Affronté à l’universalité des problèmes du monde…

Affronté à l’universalité des problèmes du monde, l’homme n’est plus à la mesure du monde qu’il a engendré.
Une prise de conscience me saisit soudain : il faut un nouvel ordre du monde. Il faut faire le passage décisif de l’ordre de la loi morale à l’ordre de la loi d’amour, qui est l’ordre de la vie fraternelle conduisant à la vie « une » : « Qu’ils soient un, Père, comme toi et moi sommes un » Jn 17, 21
Jésus Christ est lui-même la révélation de cet ordre nouveau, l’ordre de l’amour incarné en vérité. Il est l’essence et le principe de la vie sans limites, celui de la fraternité, de l’unité et de la paix.
Nous avons bien compris que l’être humain a été créé intelligent, libre et responsable, responsable de donner sa libre réponse à l’amour et de la vivre.(…)
Il nous faut enfin comprendre que nous sommes tous concernés, chacun à notre mesure – apparemment si petite soit-elle -, par ce nouvel ordre du monde. Ce sont des gouttes d’eau qui font l’océan. (…)
Il s’agit que nous soyons enthousiasmés par ce grand projet d’amour fraternel pour une paix universelle, projet qui nous dépasse mais qui passe par chacun de nous. Il s’agit de s’y engager personnellement et tous ensemble afin d’édifier l’avenir de l’humanité, celui de tous les enfants du monde qui sont tous enfants de Dieu.
(…) Et nous retrouvons là l’évidence d’une essentielle loi de la vie : l’infiniment petit, secret de l’infiniment grand, et le personnel, secret de l’universel.
Prenons conscience que tous les êtres humains, en commençant par nous-mêmes, sont concernés et responsables de donner leur réponse positive, leur « oui » à ce grand projet pour l’accomplissement d’un ordre nouveau du monde, cet ordre de l’amour incarné fidèlement vécu, dont l’humanité crie inconsciemment le besoin et la soif, au redoutable carrefour du troisième millénaire de l’ère chrétienne.

29 avril 1992
Marguerite Ph. Hoppenot
Un être nouveau pour un monde nouveau

Passion de Jésus-Christ

Passion d’amour
C’est la passion de Jésus-Christ, cette folle aventure de l’amour refusé qui, loin d’être par ce refus arrêtée dans son don, pardonne, redonne lui-même tout ce qui manque d’amour du côté des êtres humains… et va de ce fait
jusqu’au comble de l’amour. Ce comble de l’amour le fait échapper aux limites des hommes, pour le faire accéder au plan de l’absolu de l’éternel, du surnaturel amour, celui de Dieu.
Jésus-Christ a sauvé les hommes, non pas tant en prenant à son compte le péché du monde. Il a sauvé le monde en sauvant l’amour dans le monde, en affirmant ainsi d’une part que Dieu, son Père et notre Père, est l’inépuisable Amour et d’autre part que pour les êtres humains, l’amour est l’unique chemin vers Dieu et qu’il est possible.
Marguerite Hoppenot
Ecrit personnel, 10/09/1966

« Convertissez-vous et croyez à l’Évangile » Mc 1, 15

Le problème de la conversion chrétienne pourrait se poser de la façon suivante.
Se convertir, est-ce seulement changer peu à peu sa mentalité ? Est-ce modifier progressivement sa manière d’agir en conformité avec une morale type ? Est-ce poser des actes de religion ? Est-ce pratiquer un culte rendu à un Dieu extérieur à l’homme et appelant hommage, sacrifice et soumission absolue ?

Ou bien se convertir, est-ce avoir reconnu Celui qui est la source de sa vie, le principe vivant et l’accomplissement de son être, et se laisser saisir par lui du dedans afin que, s’ouvrant peu à peu au mystère divin qui, en puissance, habite déjà tout homme, on retourne progressivement son coeur ?

Marguerite Ph. Hoppenot
N’éteignez pas l’Esprit

Que se passe-t-il donc sur notre terre ?

Le visage du Christ n’est-Il plus assez attachant ?
Sa proposition d’Amour n’est-elle plus assez saisissante pour le coeur humain, cependant toujours avide d’aimer et d’être aimé ?
Les hommes d’aujourd’hui peuvent-ils au moins pressentir à travers le peuple de Dieu le visage de Celui qu’ils cherchent ? Peuvent-ils recevoir des chrétiens cette assurance d’être aimés et ce pressant appel à aimer et à s’unir comme étant, à n’en pas douter, le sens unique du chemin de leur existence ?
…En un seul mot « Amour », le Verbe (le Christ, Fils de Dieu) résuma pour nous la Loi et les Prophètes, précisa le visage du Tout-Puissant, la logique de sa vie et nous remit la clé du Royaume fraternel qu’il nous fallait édifier pour le rendre visible à nos frères.

Marguerite Ph. Hoppenot
Le temps du feu

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