Catégorie: Témoignages (Page 1 sur 2)

de Pâques à l’Ascension

Marie-Bernarde, Aquarelle méditative

Marie-Bernarde,
Aquarelle méditative

Le Christ ressuscité et Marie-Madeleine

Suis-je comme Marie-Madeleine dans une telle joie, un tel émerveillement qu’elle courut annoncer la Bonne nouvelle ?

C’est là, quand je me retrouve seule au cœur de mes souffrances, quand le désespoir semble m’envahir et en même temps, j’ose encore espérer que la lampe si faible soit-elle, reste encore allumée, pour que la vie ait encore un sens. C’est là, un jour où j’étais seule face à moi-même, mon seul interlocuteur étant replié dans le silence,  au cœur de mes épreuves qui me semblaient interminables, venant de tous côtés, quand, à bout de forces, ma voix cria au secours, quand je suppliai de l’aide, dans la reconnaissance de mes faiblesses, dans mes larmes versées mêlées d’affliction et de repentance ; c’est cet état d’être qui a laissé place à un grand vide intérieur (le tombeau vide). Cette mise à nu, cette attitude a ouvert en moi une porte intérieure dont je ne détiens pas la clé. Et je m’entends dire encore : « Seigneur Jésus, toi qui nous promets le bonheur, la paix, la joie, toutes les belles choses qui nous sont racontées dans les évangiles, j’aurai tellement envie que tout cela se réalise.

A peine avais-je fini de prononcer ces paroles, que je me suis sentie soudainement comme envahie d’une douce et apaisante lumière, comme transportée dans un environnement où il n’y a plus de frontières, où tout est aplani avec un alignement parfait où seul l’Amour règne en Maître : sensation de légèreté, de liberté totale, d’abondance où tout est agréable à vivre, et tout cela, sans pour autant avoir accompli le moindre effort pour le mériter. Les mots ici ne sont pas assez forts pour décrire l’intensité de cet instant.

Malgré mes peurs encore très présentes au moment, je me souviens avoir dit : « si c’est ça ton bonheur promis, Jésus, alors, oui, je suis d’accord pour suivre le chemin qui y conduit ».

Depuis cet instant, ma vie a basculé, c’est certain. Je ne croyais plus en un Dieu que je cherchais à l’extérieur, dans les commandements que j’avais appris par cœur et que je m’efforçais de respecter à la lettre dans une confiance totale, avec un esprit perfectionniste dans tout ce que j’accomplissais. Ici, c’est un Dieu d’Amour inconditionnel qui s’est manifesté en moi, qui m’a appelée à le suivre dans une confiance totale pour le découvrir sur mon chemin de vie.

Qu’est-ce qui m’empêche de courir pour annoncer la Bonne nouvelle ?  Bien évidemment, comme Marie-Madeleine, j’avais envie de le dire, de le proclamer. Mais à Qui ? Qu’est-ce qui m’en empêche ?

A mes proches : troublés par une maladie me concernant liée au religieux, la peur se serait à nouveau installée.

A l’Eglise catholique : perte de confiance, déçue du non accompagnement suite à mes appels de détresse.

J’ai été accueillie par un pasteur Evangélique : Je lui parlais du Dieu Amour, oui mais c’est aussi un Dieu juste, me disait-il. J’ai ici été renvoyée à suivre des cours bibliques par correspondance : Le chemin de la Vie.

J’ai par la suite, visité des sites internet, où des témoignages me confirmaient que je n’étais pas seule à avoir expérimenté cette rencontre. Mais je souhaitais malgré tout vivement partager cette expérience avec d’autres personnes proches de chez moi. Jusqu’au jour où j’ai retrouvé dans ma bibliothèque le livre de Marguerite Hoppenot « L’homme est une histoire sacrée », et apprenant qu’elle était à l’origine d’un mouvement apostolique composé exclusivement de laïques, j’ai ainsi pris contact avec le mouvement SEVE. Et j’ai aujourd’hui la grâce de pouvoir partager mes expériences de vie avec celles des autres membres de SEVE. C’est pour moi une grande joie de me sentir unie à une communauté fraternelle.

Colette

VERS LA PANDÉMIE D’AMOUR

Un tout petit virus invisible à l’œil nu nous a envahis et mis l’humanité à genoux, nous faisant tous expérimenter notre vulnérabilité que plusieurs en étaient venus à oublier. La révolution technologique, fruit de la science à laquelle nous avons accordé tous les droits, a alimenté notre sentiment d’invulnérabilité et, par voie de conséquence, notre suffisance. Nous avons cru pouvoir tout obtenir automatiquement et immédiatement en un clic. Mais voilà que notre monde et notre vie ont été complètement chamboulés. Habitués à voir se développer nos capacités d’accéder aux confins de la terre voire de l’univers, nous voilà confinés chez nous et placés devant l’univers le plus négligé, celui de notre vie intérieure où tout à coup une solitude nouvelle s’invite à notre table.

Tous, qui que nous soyons, sommes forcés, sauf exceptions, à mettre de côté le faire et confrontés à regarder l’univers de notre être personnel, conjugal, familial, social et ecclésial. Au-delà des personnes affairées aux services essentiels, nous faisons l’expérience de notre inutilité apparente en étant appelés au courage et à la solidarité de rester chez nous. Nous sommes invités à apprendre à être en amont de nos élans à faire.

A la fois, une belle occasion nous est offerte de rester chez nous pour entrer en nous, en soi pour se regarder et regarder les nôtres en nous questionnant sur notre être ensemble. A quelle vie aspirons-nous ? A quel monde ? Que sommes-nous devenus personnellement et ensemble ?

Pour nous, membres de Sève, ne serait-ce pas le temps de revisiter la pertinence de la vocation dans laquelle nous sommes engagés ? Comme certains l’ont déjà fait lors de la célébration du 25 janvier dernier à Paris. Ne serait-ce pas le temps de nous questionner sur la pertinence de la merveilleuse devise qui nous a été transmise pour devenir les pierres d’assise sur notre chemin ?

Devant cette vulnérabilité nouvelle, que sommes-nous appelés à devenir personnellement et ensemble ? Comment sommes –nous interpelés à aimer pour devenir ces êtres d’amour issus des mains et du coeur de notre Créateur qui n’est qu’Amour et non ce Dieu punisseur qui nous infecte pour nous punir de nos infidélités ? Comment nous mettre au service de cet être amour en soi et entre nous pour faire advenir cette civilisation de l’amour ? Et alors, alimenter l’unité tant recherchée au travers et au-delà de la diversité de nos êtres uniques.

Et parmi ceux et celles qui déjà laissent libre cours aux élans de leur générosité pour venir en aide aux plus vulnérables, ne retrouve-t-on que des croyants imbus de piété ou plutôt la diversité des êtres de toutes croyances manifestant que tout être humain porte en lui ce germe d’amour appelé à germer ?

Découvrirons-nous, tous ensemble,  qu’il y aurait un autre « virus », celui de l’amour incarné qui pourrait envahir notre monde au cœur même de son humanité aussi blessée soit-elle, pour nous acheminer vers une nouvelle pandémie, celle de l’amour ? Notre liberté est questionnée : à quelle fidélité sommes-nous appelés ? Et chacun de nous est placé devant la question si percutante que Marguerite Hoppenot  nous a exprimée en posant sur nous son regard si perçant : « Veux-tu ? »

 Richard, responsable de Sève au Canada

NOUVELLES DE PONTAILLAC

Avec les nouvelles technologies, hier, 27 mars 2020, « Pontaillac » s’est réuni…
Échanges, dialogues d’une exceptionnelle profondeur avec le texte:
« Vie contemplative » (extrait de La Main de Dieu) qui était soutenu par quelques questions :

– Contemplation passive – Contemplation d’action
– Qu’évoquent pour moi, ces 2 termes ?

« … je compris par une sorte d’intuition vitale que Dieu seul pouvait donner Dieu… et qu’il ne se donnait qu’au désert. »

– Que signifie pour moi le mot « désert » ? Quelle expérience en ai-je ?
– Quels en sont les fruits ?
– Servent-ils « le bien commun », la fraternité universelle ?

Étonnant ! c’est notre aînée, 92 ans… qui a le mieux saisi le bon fonctionnement de notre nouvelle communication… cela a alimenté notre joyeuse complicité .

Nous avons décidé de faire nôtre cette intention partagée afin de nourrir notre communion pour l’apporter vers un univers élargi.
« Que ces temps extra-ordinaires,au sens propre, qui par ailleurs se superposent au carême de cette année 2020, soient pour chacun un temps de retour à l’essentiel, mais aussi de fécondité et d’ouverture aux autres (ces « autres » que paradoxalement nous ne pouvons plus fréquenter ni embrasser…). Cela nous fait comprendre que nous ne sommes plus dans des relations « mondaines », mais vitales.

L’équipe de Pontaillac qui vous salue !

Qu’est-ce donc que la prière ?

Vais-je vous scandaliser ?
Je reçois des messages qu’on me demande de publier à mon tour. Je ne peux pas publier car je ne suis pas d’accord. Pourtant ce qu’on me demande peut paraître bien.
Ce qu’on me demande : faire une chaîne d’un million de « Je vous salue Marie » pour qu’arrête l’épidémie du coronavirus. Derrière cela, ne voit-on pas encore un Dieu Tout Puissant qu’il faut être un grand nombre à prier pour qu’Il décide enfin de nous exaucer ?
Est-ce un Etre d’Amour qui veut le bonheur de ses enfants et pourtant qu’il faut supplier en multipliant les prières pour qu’Il agisse enfin. Dieu pourrait arrêter les guerres, détruire les virus et ne ferait rien sans être supplié ? N’est-ce-pas, comme dit une grande spirituelle, Marguerite Hoppenot , c’est « plutôt Dieu qui nous supplie » de ne pas détruire notre planète, de ne pas nous entre détruire.

Qu’est-ce donc que la prière ? N’est-ce-pas avant tout d’être à l’écoute de ce que notre cœur nous inspire, ce lieu où on peut rencontrer sa Présence aimante en nous ? Peut-être que, sans le savoir, des incroyants peuvent être à son écoute plus que des croyants. Pourquoi tant de gens ne croient pas en Dieu ? Je crois que c’est très souvent à cause du visage qu’on leur a fait voir de Dieu, un Etre Tout Puissant qui décide tout, qui domine et qui punit.
Et si Dieu était cette force intérieure plus grande que nous qui nous entraîne à donner notre vie pour les autres, pour une fraternité de plus en plus universelle, si Dieu était cette capacité d’aimer qui nous dépasse en nous et nous rend capable de donner notre vie… Le fondateur de Taizé, le frère Roger Schutz disait : « Dieu n’a que la puissance d’aimer ». Une autre grande spirituelle, Etty Hillesum, étant dans les camps de concentration, écrivait : « Je vois bien que Dieu est impuissant à nous aider (devant ce que les Allemands alors étaient en train de faire). C’est plutôt à nous d’aider Dieu en protégeant sa demeure en nous, en refusant d’y laisser entrer la haine ».

Alors, réciter des prières sert à quoi ? Cela sert si c’est une façon pour nous d’être en état de réceptivité, d’accueil de sa Présence, d’écoute des intuitions profondes pour ensuite travailler à bâtir un monde plus juste…Si réciter des « Je vous salue Marie » nous met dans cet état d’accueil et d’écoute intérieure, d’ouverture aux inspirations, c’est merveilleux.

Ghyslain Jullien, prêtre
​​​​​​​​du Canada

Célébration d’engagement le 25 janvier 2020

Christine et Anne ont  été impressionnées par le nombre.
Impressionnées aussi par la présence et l’engagement de Mgr de Sinety
– Christine, très touchée par l’engagement, même si elle n’a pas fait la démarche (« je me trouve encore trop jeune dans le Mouvement ») ;  la signature et le cierge allumé : « bluffant » ! Un seul regret : que toutes celles de Bordeaux ne se soient pas unies comme l’ont fait les huit de Marseille.
– Anne a été très marquée par la cérémonie de l’engagement et l’ « unité parlante » des protestants et des catholiques : un « rapprochement palpable ».
«  Du fond où j’étais, j’avais l’impression d’un corps, c’était massif, palpable ; et je me suis dit : on n’est pas chrétien tout seul. »
– Marie impressionnée aussi par la cérémonie de l’engagement, sur le moment et encore après, en y repensant. La longueur du temps de la signature et de la lumière n’était pas gênant, au contraire : on  avait le temps de prendre conscience de l’importance de notre engagement, de prier dans ce silence, de se faire un « coeur commun ». Et ensuite se retrouver dans la crypte et parler aux autres avec tellement de facilité !
– Catherine évoque l’envoi de Mgr de Sinety : non pas la fermeture d’une parenthèse, la fin de la messe,  mais une mission à venir : s’engager à éclairer le monde en prenant appui sur la vocation de Marguerite Hoppenot, avec la force d’un engagement donné, partagé, l’assurance que « nous ne sommes pas seuls ». Pour l’advenir du Royaume.
Equipe Acheminement Bordeaux

Témoignage des membres de Sève du Canada

Notre engagement au Christ a précédé notre engagement au Mouvement Sève, mais la vocation engendrée en Marguerite Hoppenot nous a permis d’éclairer notre intelligence du christianisme et de désirer la partager à ceux et celles qui portent des soifs d’aller plus loin.
La vocation Sève nous est apparue comme une formation précieuse à la vie chrétienne, nous invitant à épouser la grande cause qu’elle met en lumière : faire advenir, dans notre monde, la civilisation de l’amour…Et justement, nous continuons à expérimenter dans notre vie conjugale et dans l’accompagnement de couples les chemins d’incarnation visant à solidifier l’unité dans nos vies conjugales, sociales et ecclésiales pour l’avènement d’un monde plus fraternel.
Nous sommes toujours fascinés de constater que même auprès de croyants ayant un long cheminement de foi, la vocation Sève apporte des lumières sur l’essence même d’un christianisme adulte et fécond.
Et dans la vie de nos équipes ici au Québec, nous découvrons que cette vocation et ce Mouvement apportent une dimension sous-alimentée dans nos milieux d’Église : celle de la fraternité se vivant dans le don de soi, l’accueil de l’autre, afin de vivre une communion enracinée dans le Christ par l’Esprit d’Amour. La vocation Sève ne serait re-née ici au Québec que pour cette seule raison, qu’elle aurait répondu à un besoin urgent…
Nous nous joignons en esprit à cette célébration d’engagement du 25 janvier 2020.
Puisse-t-elle  contribuer à ouvrir de nouvelles terres d’incarnation pour la vocation et le Mouvement en ouvrant les esprits et les cœurs à l’urgence de redonner au Christ la place centrale pour l’avènement d’un monde nouveau.                         Richard et Christiane

Sève et l’accompagnement des malades

Je suis bénévole au sein de l’équipe de l’aumônerie de la maison médicale de soins palliatifs de Jeanne Garnier.
Ce qui m’a tout de suite interpelée à Sève, c’est ce regard du  Christ posé sur l’homme qui REDONNE VIE . Vous allez me dire qu’en soins  palliatifs les malades viennent mourir.  C’est vrai, mais je peux largement vous témoignez qu’à bien des reprises des malades arrivent à la maison médicale dans un état physique, psychique et spirituel très grave jusqu’à demander l’euthanasie.
Petit à petit, ils reprennent VIE psychiquement, spirituellement et même physiquement pendant un temps avec l’accompagnement progressif de l’équipe des médecins, infirmières et bénévoles. Grâce au regard d’amour de Jésus-Christ. La pédagogie du Mouvement Sève me donne des clés pour me mettre en attitude de rencontrer les êtres. Ces trois P. nos balises : Préjugé favorable, Pureté d’intention, Pauvreté de soi.
J’ai été témoin à plusieurs reprises de chemins magnifiques :

  • Je pense à Michel qui nous a confié ne jamais avoir été aimé comme cela, il a fallu qu’il « en arrive à ce point » pour comprendre qu’il est aimé. Du coup il passait son temps à dire aux siens qu’il les aimait avant de nous quitter.
  • Je pense à Juliette qui s’était enfermée dans sa maladie depuis des années, coupée de sa famille et de ses amis : cancer généralisé visible sur son visage depuis longtemps. Petit à petit elle a fait un chemin qui l’a emmenée non seulement à ne plus vouloir l’euthanasie mais à mourir en paix avec le Christ.
  • Je pense à Marie, mère de deux fillettes, qui en peu de temps, s’est laissé transformer par le Seigneur, ces échanges de cœur à cœur avec elle m’ont bouleversée.
  • Je pense à ce jeune père qui ne voulait plus voir son fils de 9 ans ; il se voyait tellement dégradé et n’acceptait pas son état. Progressivement, avec beaucoup de patience ce regard d’amour posé sur lui, lui a permis d’accepter de vivre le dernier mois de sa vie en présence de son fils.

Je pourrais continuer longtemps…
Quand j’arrive à Jeanne Garnier, je pense à cette phrase de l’évangile de Marc ch12 « Il le regarda et l’aima. »
Comme le dit Marguerite Hoppenot  « le plus souvent, le regard d’amour du Christ s’incarne dans le regard d’un frère. »
Je sais que c’est le Christ qui regarde et qui me regarde, très souvent, je repars avec ce supplément d’amour, de vie, et renouvelée dans ma Foi et Espérance.
Myriam

Sève et la vie professionnelle

Au début des années 80, l’âge de la fin de l’adolescence, l’acheminement, la pédagogie de Sève et la grâce des rencontres avec Madame Hoppenot, m’ont nourri et permis d’envisager la vie avec une toute autre dimension: celle d’un commencement et d’un chemin, celle des prises de conscience et des découvertes faites en équipe, en particulier que chacun porte en lui un germe divin. C’est depuis une clef de vie essentielle et éternelle dans ma famille et auprès de mes amis.
Il y a ensuite des années d’une vie dite active où, toujours chemin faisant, nous nous demandons comment, au-delà du «faire à 100 %», au-delà d’un projet de carrière, d’un développement, y compris personnel, il est possible d’avancer dans cet environnement professionnel qui n’est pas toujours hostile mais pas non plus toujours favorable :
– Comment je regarde ceux avec qui je travaille ?
– Quelle attitude en cas de conflit ?
– Est-ce que je construis, nous construisons un projet ensemble ?
– Ce projet a-t-il un sens ? Lequel ?
Il y a 7 ou 8 huit ans maintenant, un conseil proposé lors d’une formation professionnelle a tout changé.
En cas de difficulté relationnelle au Bureau, il peut être positif de simplement poser une question, droit dans les yeux, à la personne avec laquelle il y une difficulté.
Cette question est : Qu’est-ce que tu proposes ?
La conviction avec laquelle cette question est posée et le regard avec lequel elle est posée offrent à la personne de pouvoir donner sa réponse à une difficulté.
Cette question – qu’est-ce que tu proposes ? – a agi comme un révélateur.
Les découvertes faites il y a plusieurs années lors de l’acheminement s’incarnent aussi, au-delà du cercle familial et amical, dans la vie professionnelle. Et en plus, comme fruit, cela permet d’être en accord entre ce que je suis chez moi et ce que je suis au boulot : un lien d’unité entre la vie personnelle et la vie professionnelle.
Comme un nouveau clin d’œil, c’est peu de temps après que j’ai été accueilli par l’équipe Sève en entreprise et que nous avons cheminé et réfléchi, aidé par beaucoup d’entre vous ici présents.
Pourquoi et comment proposer un chemin de Sève, pleinement en Sève, incarné dans la vie professionnelle : ce qui est devenu Sève dans la vie professionnelle.
Les 80 ans du Mouvement nous ont aussi poussés, provoqués même, à concrétiser une proposition d’un chemin de Sève incarné dans cette vie professionnelle.
Ce chemin alors c’est quoi ?
C’est la devise de Sève, vécue en 5 étapes avec toujours ce lien entre la prise de conscience, l’appel et son terrain d’incarnation :
– Homme qui es-tu, qui es-tu dans la vie professionnelle ?
– Appel à être, appel à être dans la vie professionnelle
– Appel à aimer, appel à aimer dans la vie professionnelle
– Appel à servir, appel à servir dans la vie professionnelle
– Appel à unir, appel à unir dans la vie professionnelle.
Après une première session au Gaillardin le 15 mars 2019 qui a agi comme une confirmation que cela « est possible », pour Paris 12 personnes ont choisi de suivre ce chemin proposé de Sève dans la vie professionnelle. 5 réunions de 2h le mercredi soir sont fixées d’octobre à mai.
Une session au Gaillardin viendra ponctuer ces étapes et permettra de rassembler ceux ayant participé à ce chemin dans les différentes villes de France.
Il ne s’agit pas d’un acheminement comme nous l’avons connu pour la plupart d’entre nous, mais plus de prises de consciences personnelles essentielles incarnées dans la vie professionnelle pour un nouveau chemin ouvert à tous dans la vie professionnelle certes, mais aussi dans la vie personnelle.
Olivier

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La vie professionnelle est un champ d’expériences où, à côté de quelques moments de grâce, les problèmes sont particulièrement concentrés : Croissance peu soutenable, conflits sociaux, relations tendues avec l’actionnaire, difficultés à atteindre les objectifs fixés, réorganisation subie, manque de sens, manque d’une direction claire, sentiment plus personnel d’inutilité, solitude professionnelle, manque de sincérité, choc des égos, mauvaise communication, banquiers peu enclins à prêter, législation toujours plus contraignante, contentieux divers et variés, enjeux environnementaux… La liste pourrait être encore très longue.
Chez Sève Vie Professionnelle, nous nous attelons à expérimenter comment les 4 piliers du Mouvement, Être, Aimer, Servir, Unir peuvent nous aider à faire face à tous les challenges du monde du travail, en transformant le regard que nous portons sur nos vies professionnelles et en leur donnant du sens.
Chacune de nos réunions est un temps de rencontre unique, où, unis de l’intérieur, nous relisons d’une certaine façon notre vie professionnelle du mois écoulé. Que l’on soit juge, médecin, ingénieur, chef d’entreprise, instituteur, acteur de l’économie sociale et solidaire, notaire, experts des RH et du marketing dans de grandes organisations, un simple partage évangélique, pourtant loin a priori de l’exercice de nos métiers si variés, installe l’Esprit d’amour entre nous et révèle petit à petit, prise de conscience par prise de conscience, un sens dans ce que nous vivons au travail.
Nous qui sommes souvent des maniaques de l’action et de la réaction, nous découvrons aussi ensemble qu’il existe des attitudes, des manières d’être fondamentales qui permettent de faire face à toutes les situations. Ça ne diminue pas bien sûr ni le nombre ni l’intensité des problèmes auxquels nous sommes confrontés mais ça change complètement notre façon de les regarder, de les vivre, de les solutionner, et de les relativiser aussi. Et nous prenons petit à petit conscience que ce que nous appelons des « problèmes » sont généralement des opportunités profondes de progrès de notre vie intérieure, sans lesquels notre vie extérieure ne peut manifester tous ses fruits.
Ces attitudes reviennent toujours à une attitude fondamentale d’être amour. Pourtant amour et vie professionnelle ne semblent pas a priori former l’accord parfait. On penserait plutôt qu’il s’agit d’un paradoxe parfait. Mais si je vous dis écoute, regard bienveillant, être bien ancré dans le présent, ne pas bloquer sur les erreurs, ne pas juger ou alors préjuger favorablement, chasser les arrières pensées, rester calme en toutes circonstances, ne pas se prendre trop au sérieux, être dans la joie pour la transmettre autour de soi, favoriser les choses simples, poser clairement nos désaccords dans une ambiance sereine, établir la confiance, faire prendre conscience aux autres de leur potentiel, faire preuve de gratitude et de reconnaissance, sortir de sa zone de confort, regarder les problèmes en face, ne pas prendre les choses personnellement, qu’en pensez-vous ? Voilà des choses qui facilitent grandement les relations au travail et qui sont toutes des manifestations de l’amour.
Pour nous professionnels, Jésus Christ, l’incarnation terrestre de l’amour divin, est une source d’inspiration infinie. Il a fondé une entreprise (pas au sens économique mais au sens d’une aventure) toujours en vie 2000 ans après et qui rassemble dans une belle mosaïque de chrétiens, 2,5 milliards de ‘followers’. Personne n’a réussi un tel exploit depuis. En l’espace de 3 petites années, confronté à des problèmes d’une rare intensité, il ne s’est pas jeté dans l’action avec l’objectif démesuré de rassembler un tiers de l’humanité. Il s’est attaché chaque jour à être pleinement qui il était, pleinement homme et pleinement Dieu. Il s’est attaché à être pleinement amour. Il s’est attaché à être pleinement au service des humains vivant près de lui à cette époque et à les unir dans une même foi dans notre Dieu – Amour.
Luc

Sève et nos engagements dans l’Eglise

Comment cette lumière de Sève nous porte dans nos engagements dans l’Église ?J’aimerais témoigner de la manière dont les écrits de Marguerite Hoppenot et ce que je vis à Sève éclaire ma vie de chrétien, mon espérance et mes activités au sein de l’Église.Sève me porte dans la relation aux autres. Les 3 P. (Préjugé favorable, Pureté d’intention et Pauvreté de soi, dans le sens de se distancier de son ego) permettent d’ouvrir une relation en vérité et laisse une place à Jésus-Christ quand je rencontre quelqu’un. Marguerite Hoppenot parlait de « circulation d’amour » pour évoquer l’Esprit Saint, je tâche de laisser cette circulation agir entre l’autre et moi.
Pour donner un exemple, cette approche de l’amour vécu imprègne mon engagement scout. Responsable d’un groupe, je cherche à contribuer à l’épanouissement des enfants, des adolescents et des jeunes adultes. Récemment, une jeune adulte me confiait de manière touchante « Lorsque tu m’as proposé de devenir cheftaine, je ne savais pas si j’en étais capable, mais ta confiance en moi, à travers cette demande, m’a permis de m’affirmer dans ces responsabilités. » Cette étudiante s’est véritablement révélée dans ce rôle auprès des jeunes qu’elle encadre. « Tu portes en toi plus grand que toi. » Cette parole de Marguerite Hoppenot résonne en moi. Elle élargit la dimension humaine vers une perspective divine dans toute relation : à soi-même, aux autres et à Dieu.
Je crois que c’est cela que Sève apporte à l’Église : placer l’amour vécu au centre. Dans nos associations, nos communautés paroissiales et dans le monde, l’incarnation concrète de l’Évangile éclairée par l’esprit et la pédagogie de Sève nous amène à construire le Royaume là où nous sommes.
Bertrand

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