Contemplant plus avant l’épisode des Mages et nous interrogeant sur ce que leurs offrandes signifient pour nous-mêmes, cherchons à discerner quelle lumière, toujours actuelle, le don de l’or, de l’encens et de la myrrhe peut projeter sur nos vies. Il ne s’agit pas ici de leur signification doctrinale enseignée par l’Eglise –là n’est pas mon propos-mais de  leur interprétation vitale.
L’or pourrait symboliser nos dons personnels, quels qu’ils soient, mais aussi toutes les valeurs positives de notre existence.
Offrir l’or de notre vie, c’est offrir les « talents » qui nous sont propres ou plutôt « les ouvrir » à l’Esprit d’Amour afin que, animés par lui, ils deviennent un service fraternel.
L’offrande de notre or nous appelle donc à vivre « la pauvreté de nos richesses ».
La myrrhe, utilisée pour embaumer les morts, pourrait représenter tout ce qui, dans notre vie, est ou paraît négatif : épreuves, souffrances, échecs, tout ce qui semble faire œuvre de mort, mais qui, ouvert à l’Amour, pourrait paradoxalement faire œuvre de Vie et devenir positif ?
L’offrande de notre myrrhe nous appelle à accéder à « l’essentielle richesse » à travers nos « pauvretés ».
L’encens peut être le symbole de tout ce qui, au long de notre existence, s’en va en fumée : bonnes intentions, élans sans suite, tout ce que nous rêvons et ne vivons pas.
L’offrande de notre encens nous incite à ouvrir tout ce qui, en nous, est illusion à Celui qui fait la Vérité, afin que ce qui est velléité en notre vie devienne peu à peu réalité.
Cet épisode des Mages se révèle d’une étonnante richesse spirituelle pour notre vie, si nous ne le réduisons pas à un événement historique sans lendemain.

Marguerite Hoppenot
Cette Vie qui m’est donnée