Mc 6, 30-34

Les apôtres se réunissent auprès de Jésus et ils lui rapportèrent tout ce qu’ils avaient fait et tout ce qu’ils avaient enseigné. Il leur dit : « Vous autres, venez à l’écart dans un lieu désert et reposez-vous un peu. » Car il y avait beaucoup de monde qui venait et repartait, et eux n’avaient pas même le temps de manger. Ils partirent en barque vers un lieu désert, à l’écart. Les gens les virent s’éloigner et beaucoup les reconnurent. Alors, à pied, de toutes les villes, ils coururent à cet endroit et arrivèrent avant eux. En débarquant, Jésus vit une grande foule. Il fut pris de pitié pour eux parce qu’ils étaient comme des brebis qui n’ont pas de berger, et il se mit à leur enseigner beaucoup de choses.

L’autre faim

Ce ne sont pas le luxe, le confort et les gadgets dont le monde occidental est en partie comblé qui peuvent apaiser l’autre sorte de faim qui se fait jour et ôter aux hommes le vertige du vide ou l’angoisse latente de l’absurde…


Ce n’est pas non plus par voie de statistiques, d’enquêtes sociologiques, de remèdes psychologiques que l’on peut radicalement satisfaire en vérité cette autre faim. « Si un enfant vous demande du pain, lui donnerez-vous à manger des pierres ? » (Mt 7, 9)
Non, c’est de raisons de croire, d’exister, de vivre et d’espérer que l’homme, consciemment ou non, est affamé. En fait, par des chemins de traverse, il est en quête d’une source vive de « plus-être ». Et dans cette quête, ce n’est pas moins que l’être universel et éternel qu’il porte en germe qui revendique incoerciblement de se développer en lui et par lui, afin de l’accorder ainsi au destin surnaturel qui est le sien. […]
« Plus-être » : combien cette expression significative est lourde d’exigence vitale et d’espérance universelle. Cette œuvre de l’Amour en chacun – source unique du « plus-être commun » – acheminerait enfin l’humanité vers cette communauté fraternelle faite de diversité, d’harmonie, de convergence et de liberté auxquelles tend désespérément le monde comme au porche du mystère insondable de son bien le plus précieux : la paix !

cette_vieMarguerite Ph. Hoppenot
Cette Vie qui m’est donnée