Luc 22, 14 – 23, 56
Jésus crucifié

Amour sans limites

La passion de souffrance de son amour refusé est celle dont nous ne pouvons pas nous désolidariser, car qui de nous peut croire ne pas y avoir participé, si peu que ce soit, par ses propres refus d’aimer ? Qui peut se croire absent de ce vaste désert d’amour et de communion qui, actuellement, asphyxie l’humanité ? Ce refus d’aimer qui crucifie encore Celui dont le don d’amour absolu n’est pas reçu. Sans doute notre participation à cette souffrance de Jésus-Christ, de l’amour donné et non reçu à sa mesure, fera-t-elle écho dans le cœur de certains d’entre nous et donnera-t-elle à leur propre souffrance un sens plus profond, une lumière plus vive et une dimension nouvelle… éclairée par celle que Jésus donna à sa propre souffrance, celle de la communion à la souffrance de l’humanité. […]

A l’heure ultime, pour Jésus-Christ, il n’était plus question de lui, pour lui. Il n’était plus question que de son Père.
Sa fidélité à son Père était d’achever sa mission destinée à révéler au monde l’identité de Dieu son Père : « Amour sans limites ».
Tel est l’ultime témoignage qu’au Calvaire Jésus devait et pouvait donner… Le témoignage de sa mort fut le message qu’il donna pleinement, pour être fidèle jusqu’au bout… C’est alors qu’il aima jusqu’à la fin. En rendant amour pour non-amour, Il donna et redonna son par-don d’amour, par-delà toute offense, toute lâcheté, tout abandon, toute trahison, toute persécution, et cela jusque et au-delà de la mort.

Marguerite Ph. Hoppenot
Pèlerinage aux sources, « Passion d’amour, passion de souffrance »