« Qui est mon prochain ?  » Lc 10, 25-37

Aimer son prochain comme soi-même, qu’est-ce que cela représente pour nous ? Je pense que c’est un peu se confondre avec lui, avoir partie liée avec lui. Est-ce bien cela que nous vivons ? Nous sommes avant tout « nous ». Et les autres sont « les autres ».Nous nous comparons à eux. Nous nous opposons à eux. Nous sommes spectateurs de ces autres.
Alors qu’aimer ce serait se projeter dans l’autre pour le comprendre de l’intérieur. Ce serait, en quelque sorte, « devenir l’autre », tout en demeurant « soi ».
Ne faire qu’un avec le prochain, s’identifier peu à peu à lui, est-ce bien l’attitude de notre cœur ?
Constatez notre aveuglement, la sècheresse de notre cœur envers ce prochain à côté de qui nous vivons, près de qui nous passons comme des étrangers. Nous ne le voyons pas, nous ne soupçonnons rien de ce qui, parfois, se cache de misère, d’inquiétude, d’espoir, d’attente, derrière tel masque ou telle apparence.
Notre objet final est la communion totale, dans l’éternité, à Dieu et à tous les êtres…en ce Dieu que nous aurons préféré. Ce sera la grande communauté d’amour. Elle ne se réalisera parfaitement qu’au ciel. Mais l’éternité commence dès ici-bas, et, si maladroits sommes-nous, il faut nous assurer d’y avoir fait les premiers pas.

Marguerite Ph Hoppenot,
Vers le Royaume, chapitre « Mon prochain comme moi-même »