« Il a été dit aux Anciens. Eh bien ! moi, je vous dis »  Mt 5, 17-37

Cette Parole est nécessairement inscrite dans une lettre. Toutefois, par-delà cette lettre, elle est d’abord esprit et vie. C’est pourquoi la plus grande erreur des hommes serait de figer à jamais en elle l’élan de l’esprit, que la lettre est destinée à nous livrer en langage humain, mais qui toujours la transcende. C’est ce qu’inlassablement le Christ répète à ses apôtres. «Qui a des oreilles, pour entendre ce langage, entende », « Qui a des yeux pour voir, voie ». Il s’agit d’entendre au-delà des paroles, de voir au-delà des images et des signes, de voir avec les yeux de l’esprit et de la vie.(…)
Pourrait-il être question de prendre du large par rapport à la Parole de Dieu ? Non, il s’agit de la recevoir en plein cœur, toute vivante de son Esprit dans l’aujourd’hui du monde, comme dans celui de notre propre vie.
De même que pas un iota de la loi ancienne ne fut annulé par la loi nouvelle –appelée cependant à la transcender- parce qu’elle devait en être à jamais la référence et le garant, de même la lettre doit être le garant de l’esprit mais non son geôlier.
En effet, comment la lettre pourrait-elle requérir une obéissance aveugle, alors que l’esprit qu’elle porte en elle est appelé à faire œuvre de liberté ?

Marguerite Hoppenot
Extrait de « Cette vie qui m’est donnée »