« Je suis le pain vivant qui descend du ciel. Celui qui mangera de ce pain vivra pour l’éternité. Et le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. » Sur quoi, les Juifs se mirent à discuter violemment entre eux : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » Jésus leur dit alors : « En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas en vous la vie. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
Car ma chair est vraie nourriture, et mon sang vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. Et comme le Père qui est vivant m’a envoyé et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mangera vivra par moi. Tel est le pain qui est descendu du ciel : il est bien différent de celui que vos pères ont mangé ; ils sont morts, eux, mais celui qui mangera du pain que voici vivra pour l’éternité. »
Jn 6, 51-58

L’Eucharistie est un mystère d’Amour, celui de Dieu. C’est l’aventure d’une relation d’amour, et l’amour ne se vit pas à soi tout seul. Il s’agit bien d’une double présence, d’une mutuelle présence : la présence de Jésus-Christ dont nous sommes sûrs – c’est un acte de foi – et la nôtre. Or, nous nous posons toujours des questions sur la présence de Jésus-Christ et bien rarement sur la nôtre. Comment sommes-nous présents au Seigneur dans nos rencontres eucharistiques ? Voilà ce qui doit nous habiter au plus haut point.
La communion avec Jésus-Christ nous engage à la communion avec nos frères. L’une est la branche verticale de la croix, l’autre, la branche horizontale. Le christianisme est « signe de croix » : croisement. (…)
Alors vient la décision, décision de vraiment réfléchir à notre présence à nous, à la qualité de notre présence personnelle – car la présence du Christ dont nous sommes sûrs engage la nôtre – mais elle nous provoque aussi à être présents aux autres, que ce soit dans notre foyer, notre famille, notre équipe, notre paroisse, avec les gens que nous rencontrons, avec les incroyants, etc. Après une telle communion, quel regard posons-nous sur les autres ? Si on ne pose pas si peu que ce soit le regard du Christ sur les autres, si on reste critique, sceptique, je ne sais pas ce qu’a été cette communion.

Marguerite Hoppenot
Bulletin n° 149 – 1981