Jn 11, 1-45 Lecture brève 11, 3-7.20-27.34-35

« Les sœurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. »
Dès qu’il l’apprit, Jésus dit : « Cette maladie n’aboutira pas à la mort, elle servira à la gloire de Dieu : c’est par elle que le Fils de Dieu doit être glorifié. » Or Jésus aimait Marthe et sa sœur et Lazare. Cependant, alors qu’il savait Lazare malade, il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait. Après quoi seulement, il dit aux disciples : « Retournons en Judée. » (…)
Lorsque Marthe apprit que Jésus arrivait, elle alla au-devant de lui, tandis que Marie était assise dans la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te le donnera. » Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » — « Je sais, répondit-elle, qu’il ressuscitera lors de la résurrection, au dernier jour. » Jésus lui dit : « Je suis la résurrection et la vie : celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? »— « Oui, Seigneur, répondit-elle, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde. » (…) Il dit : « Où l’avez-vous déposé ? » Ils répondirent : « Seigneur, viens voir. » Alors Jésus pleura. »

La mort – la nôtre ou celle des êtres aimés qui établit entre eux et nous un silence irrémédiable – ne pose-t-elle pas en effet à chacun de nous, si nous sommes conscients, cette question capitale :
Fin ou commencement ?
Mort définitive ou résurrection ?
Néant ou ultime mutation de la vie ?
De ceux qui, aujourd’hui comme hier, demeurent spectateurs de la vie du Christ, ou même de ceux qui le suivent prudemment, rationnellement, en ne croyant que ce qu’ils voient, comment l’événement scandaleux et déconcertant de sa mort ne menacerait-il pas la foi ? Et comment la surprenante nouvelle de la Résurrection trouverait-elle crédit en eux ?
Par contre, à ceux qui, dans leur fidélité juvénile ou adulte, ont humblement ouvert leur cœur à Jésus-Christ afin de vivre sans réserve dans l’intimité de sa vie, une preuve irréfutable qui transcende la raison est, à l’heure nécessaire, donnée du dedans, tant il est vrai que le don de l’intelligence est très spécialement accordé à l’Amour.

Marguerite Ph. Hoppenot
Cette Vie qui m’est donnée
ch. La vie qui demeure