Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir sur ses pas et rendre
gloire à Dieu ! »
(Lc 17, 11-19)

L’un d’eux, qui avait découvert comme les autres, qu’il était guéri, s’arrête, réfléchit et revient en arrière.
Ce lépreux qui s’arrête est un homme qui prend conscience, qui fait une prise de conscience. Qu’est-ce que cela signifie ? Il a su s’arrêter, il a mesuré ce qu’il « était » et ce qu’il « est devenu ». Il s’émerveille de cette transformation de son être et il prend conscience de l’homme nouveau qu’il est en train de devenir. « Il me faut remonter, dit-il, à la source de ce bienfait, et il me faut reconnaître celui qui a fait cela pour moi. »
Il constate avec joie qu’il est guéri, mais ce qui lui importe c’est de remonter à la source de cette guérison. « D’où me vient-elle ? Quel en est l’auteur ? Qui a fait cela pour moi ? »
La prise de conscience qu’a faite cet homme le fait accéder peu à peu à la véritable connaissance. Il est en train de naître à une vie nouvelle.
Vous vous souvenez de Nicodème : il n’avait pas accédé à cette connaissance… il n’avait pas découvert qu’il fallait renaître.
Le lépreux, lui, constate expérimentalement qu’il naît à une autre vie. Il en est bouleversé et émerveillé, et son regard se tourne vers l’origine de sa guérison. Le voilà mobilisé par ce qui lui est arrivé. Il reçoit sa guérison comme un « don » et non comme un « dû ».
Les autres lépreux : ils ont été bénéficiaires du même don, mais ils se l’accaparent. […]
Ils « prennent » et ne « reçoivent » pas.

Père Chevaleyre,
Bulletin 164, Homélie au Mouvement Sève