[…] Le but de la politique est-il qu’il y ait un vainqueur et un vaincu, en opposant sans cesse un camp, un parti à un autre ? Ou bien le but de la politique est-il, pour tous, l’avenir positif d’un pays ? N’est-ce pas en aimant toute la population qui le compose, en voulant promouvoir chacun, à sa mesure, mettre en valeur ses multiples et différentes richesses humaines et les unir, que tous pourraient se connaître responsables et avoir la fierté de pouvoir contribuer pour leur part, si minime soit-elle, au plus grand bien commun ?
Lorsqu’on fit enfin cette prise de conscience, combien décisive et urgente, inspiratrice de la « démocratie », ne se glissa-t-il pas cependant une erreur capitale ? celle de la fonder seulement sur la notion, certes primordiale, des droits de l’homme, sans la jumeler aussitôt avec celle des devoirs de l’homme, qui lui correspond essentiellement ? Peut-il exister des droits auxquels ne correspondent pas des devoirs ? Pour moi, droits et devoirs sont inséparables. Ils sont l’endroit et l’envers d’une même médaille. C’est le défi actuel lancé à l’humanité appelée de toute urgence à faire la paix…en ne lui offrant plus de subtiles possibilités de guérillas!
Osons nous poser clairement la question : sommes-nous heureux d’être les uns « contre » les autres ? Ou bien serions-nous heureux d’être « à côté », ou enfin, les uns « avec » les autres, pour que soient mobilisées ensemble toutes nos énergies vitales vers un vaste projet, celui auquel nous aspirons tous plus ou moins consciemment : l’harmonie du monde ?
L’heure infiniment difficile et grave du monde actuel ne nous appelle-t-elle pas à abandonner définitivement égocentrisme, individualisme, esprit de supériorité, goût du pouvoir de domination, loi du plus fort ?

Marguerite Ph. hoppenot
Un être nouveau pour un monde nouveau