Avec Marie-Madeleine devant le tombeau vide, efforçons-nous de revivre aujourd’hui, avec un cœur nouveau capable d’émerveillement, l’évènement qui, en quelques instants vint illuminer sa vie et, à sa suite, révéler à l’humanité tout entière la dimension de son propre destin.
Je voudrais ajouter le dialogue, chargé de tendresse, de Jésus Ressuscité apparaissant soudain à Marie-Madeleine demeurée là, en pleurs, en prière, auprès du tombeau vide, fixée par sa foi inébranlable en Jésus. Sa foi était bien simplement son espérance invincible en l’amour sans limites, cette qualité d’amour, inconnue jusqu’alors que Jésus avait révélée à son amour humain.
Rien n’est jamais fini pour l’Amour !
N’est-ce-pas surprenant que Jésus ait choisi de révéler sa résurrection à cette grande pécheresse ?… Marie-Madeleine, cette femme qui avait beaucoup aimé, mise au ban de la société par les bien-pensants, les justes, tous ceux qui sont extérieurement en ordre avec la loi et qui échappent ainsi au jugement du monde !…
Mais le scandale des «bien-pensants», des «justes» touche alors à son comble. Que ce soit à Marie-Madeleine, cette pécheresse publique, qu’Il ait confié la première annonce de sa résurrection aux hommes : «va dire»…va, cours vite ! Cours annoncer ma résurrection à l’humanité des pauvres pécheurs, ces bien-aimés de Dieu. Va dire que son Fils est ressuscité et que l’Amour sauveur est à jamais vivant ! Va cours annoncer ma Bonne Nouvelle.
Décidément Jésus n’en finira jamais de nous surprendre.

​​​​​​​​​Marguerite Hoppenot
​​​​​​​Pèlerinage aux sources 23 mars 1987

Or, le Christ nous précise lui-même : « Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs » (Mt 9,13) Il est venu sauver ces êtres qui, se connaissant pécheurs, ont soif de vie. De plus, la qualité d’Amour de Marie-Madeleine présentait une certaine affinité avec celui de son Maître car, quelque soient par ailleurs ses fautes et ses faiblesses humaines, en Marie-Madeleine rayonnait la munificence de l’Amour. Tout calcul raisonnable et toute parcimonie – qui si souvent rétrécissent et paralysent le cœur humain – étaient inconnus de la pécheresse. Nous le constatons dans l’épisode du parfum répandu (Lc 7,38).
Sans doute est-ce à cet Amour munificent que le Seigneur voulut manifester et confirmer l’évènement de la Résurrection. C’est à cet Amour-là, aussi, vivant au cœur de Marie-Madeleine, qu’Il confie la mission de propager la Bonne Nouvelle, peut-être afin que l’apparente folie dont ce message était porteur ne coure pas le risque d’être aussitôt désamorcée par la sagesse trop humaine d’un cœur raisonnable ou la redoutable complexité d’un cœur parcimonieux.

Marguerite Hoppenot 1969
​​​​​​​​​Cette vie qui m’est donnée

Suis-je, comme Marie-Madeleine, dans une telle joie, un tel émerveillement qu’elle courut annoncer la Bonne Nouvelle ?
Qu’est-ce-qui m’empêche de courir pour annoncer la Bonne Nouvelle ?