Le monde a froid lorsque pénètre au cœur de l’homme le doute poignant de n’être pas personnellement « regardé et aimé »… Le monde a froid lorsque le merveilleux progrès qu’il engendre se tourne malignement vers sa destruction et fait peser sur les hommes une latente et mortelle angoisse… Le monde a froid lorsque la femme perd peu à peu la possibilité d’être vraiment femme… Le monde a froid parce que le rythme accéléré auquel il est soumis ne permet plus vraiment à l’homme de penser, d’aimer, de prier, en un mot de demeurer « avec » la nature, « avec » les autres, « avec » lui-même, « avec » son Dieu.
Le monde a froid parce que sur notre terre durcie, tant d’êtres sont sevrés d’espoir humain et par-là même privés d’Espérance, cette Foi en l’Amour qui leur permettrait alors d’affirmer : nous avons connu l’Amour et nous y croyons.

Marguerite Ph.Hoppenot
Le temps du feu