Deux erreurs en puissance m’apparaissent en ce qui concerne la « place » de la femme dans l’Église :
– d’une part, celle de laisser grandir la revendication féminine, en raison de la soif commune des femmes d’être « reconnues » dans ce qu’elles « sont » et dans leur désir d’exister comme l’homme.
Le revendication est toujours négative car elle tend à durcir ; elle suscite alors la lutte sur tous les plans : lutte des classes, lutte des races, lutte des religions, lutte des sexes…alors que Jésus est venu tout unir, car la vie ne naît que de l’unité des diversités. La revendication de la femme tend en outre à faire « comme lui » donc à la masculiniser.
– d’autre part, celle d’être infidèle à la nature de la vie de Dieu qui est communion, en ne réalisant pas l’unité des charismes masculins-féminins au sein de l’être-Église.
Il faut promouvoir la femme dans l’Église en épanouissant toutes les virtualités qui sont en elle, le don de Dieu, et en lui donnant la possibilité de s’exercer, de se manifester, en un mot de contribuer à l’engendrement de la vie de Dieu dans son peuple et à Sa Gloire.
La place de la femme dans l’Église n’est pas seulement une question de revendication humaine. C’est un problème de justice qui nous dépasse, celle de Dieu.
Ce problème se fait sentir actuellement d’une façon pressante, en raison des méfaits que révèle davantage chaque jour l’absence de charismes féminins dans l’Église et dans le monde.
J’ai la conviction que l’ère qui s’ouvre verra l’heure de la femme, pour une plus grande « humanisation » et donc « spiritualisation » de l’Église et du monde.
Il s’agit de « l’égalité d’être » de l’homme et de la femme, dans le respect et la richesse de leurs diversités mutuellement complémentaires, pour être en vérité image de Dieu, si peu que ce soit, essence de son « Être Amour ». Et lorsque j’affirme cette conviction, il n’est nullement question de place, de fonction, voire de sacerdoce féminin. Je n’ai pas actuellement la grâce de cette vue. Il s’agit d’un appel à ne pas gaspiller les énergies divines dans le cœur des femmes, à ne pas trahir les vues de Dieu, à ne pas laisser se dénaturer son œuvre de vie, à ne pas être infidèle au mystère de la Vie de Dieu Trinité révélé par Jésus-Christ, Dieu communauté d’amour, Dieu Foyer d’Amour qui engendre la Vie.
Marguerite Hoppenot
Ecrits personnels – janvier 1985