Combien ceux qui détiennent une part de pouvoir sur leurs frères, selon la hiérarchie des hommes, devraient souvent s’interroger pour connaître s’ils ne sont pas personnellement « le rideau de fer » de quelque captif, voire de quelque martyr innocent !
Ainsi plus s’accroît le poids du pouvoir, plus devrait apparaître et s’imposer à l’esprit des responsables de ce pouvoir, comme étant l’exigence et le principe vital d’une hiérarchie selon Jésus-Christ, une image aussi paradoxale qu’inhabituelle : celle d’une pyramide renversée.
Les racines d’un arbre, sa partie vitale, ne s’enfoncent-elles pas d’autant plus profond en terre que grandit l’arbre dont elles doivent assurer la vie ? De même l’exercice de tout pouvoir ne doit pas conduire à s’élever pour dominer et couronner l’édifice, mais à s’enfoncer pour le porter et le supporter.
A partir de cet essentiel renversement, tout m’apparaît pouvoir être allégé et libéré en la Maison du Père pour l’épanouissement, dans la fidélité, du peuple de Dieu.
Si tout détenteur de quelque pouvoir était un serviteur de l’Amour en regard de ceux sur lesquels il a autorité afin que cette dernière soit, en vérité, le fruit d’un pouvoir de pauvre, et s’il se comportait selon cette impérieuse logique, alors serions-nous proches, sans doute, d’aborder aux rives de cette sainte liberté des enfants de Dieu que l’Evangile nous fait contempler comme la promesse du Libérateur.

Marguerite Hoppenot,1964
Le temps du Feu