Pendant les quarante jours précédant Pâques, les chrétiens se préparent à revivre les derniers événements de la vie de Jésus-Christ, sa passion et sa résurrection.

En profonde communion de souffrance avec les responsables politiques ou religieux, face à la montée générale de la violence qui conduit visiblement le monde vers un destin absurde, notre vocation très précisément orientée à l’amour vivant nous appelle à la communion fraternelle effectivement vécue et donc à l’unité et à la paix du monde.

C’est dans cette perspective que nous proposons à tous les membres de Sève, spirituellement rassemblés des quatre coins de France et de l’étranger, de prendre ensemble une décision, celle de faire jeûner en nous toutes nos puissances d’agressivité et de violence. Ainsi contribuerons-nous, pour notre part, à faire advenir une certaine paix, d’abord dans notre propre cœur, puis, à partir de chacun de nous, sur les différents plans de notre vie qui nous interrogent personnellement, que ce plan soit conjugal, social, professionnel, racial, politique, voire ecclésial.

Forts de la conviction qui nous habite désormais de la relation vitale qui s’accomplit entre le personnel et l’universel, notre effort de fidélité à faire jeûner  nos pulsions agressives éveillera peu à peu en nous un dynamisme de foi et d’espérance (…).

Ce projet, qui habite nos cœurs, d’une ébauche de fraternité universelle portant un fruit de paix nous paraît trop souvent un rêve fou parce qu’insaisissable personnellement et concrètement, donc irréalisable.

C’est pourquoi (nous avons pris) la décision de contribuer, là où nous sommes, à transformer tout rapport de force en relation d’amour, afin d’être en vérité artisans du monde nouveau promis  par Jésus-Christ.
« Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu » (Mt 5, 9).

Ph Etre nouveau– Marguerite Ph. Hoppenot,
Un être nouveau pour un monde nouveau