Nous pensons tous de bonne foi que nous aurions été de ceux qui n’auraient pas crucifié Jésus-Christ.

Peut-être cela est-il vrai, mais alors sommes-nous bien sûrs que nous n’aurions pas été de ceux qui l’auraient laissé crucifier ?

Le Christ, sous un visage ou sous un autre, est vivant parmi nous jusqu’à la fin du monde !

Qui d’entre nous, peut-être même surtout nous qui nous occupons tant de son règne, ne participe inconsciemment à l’entreprise collective de crucifixion ?

Car le Christ vivant « dérange » même ceux qui croient l’aimer et le veulent établir.

C’est dans les replis de nos cœurs qui, secrètement, refusent souvent le Christ pour ce qu’il est, que se cachent les innombrables points d’appui de son accusation.

Le Golgotha se vit tous les jours, à toutes les époques, au milieu de nous.

Il se trouve toujours :
un Judas pour trahir,
un Pierre pour renier,
des Pilate pour s’en laver les mains,
une foule aveugle pour hurler avec les loups… et réclamer Barabas,
quelques « bien renseignés » pour témoigner en accusation,
quelque docteur de la loi pour justifier la mort au nom de Dieu Lui-même,
quelque visage sans nom pour donner le coup de grâce,
des passants pour hocher la tête,
et des amis pour laisser faire !

Dimanche des Rameaux ! Vendredi Saint ! Que vous fûtes proches dans le temps ! Que vous êtes proches, ou même mêlés, dans nos pauvres cœurs d’hommes !

Marguerite Ph. Hoppenot
Extrait de « VERS LE ROYAUME »