C’est au Calvaire, lorsque Jésus fit passer l’Amour du côté de « l’impossible à l’homme seul », qu’Il vainquit le péché du monde. Il assura définitivement le triomphe de la Vie sur la mort et nous donna le secret de la vie qui demeure.

Au pied de la croix, c’est Marie et Jean que nous trouvons.

L’espérance de ces deux êtres était déjà tissée d’immortalité. C’est pourquoi, lorsque survinrent les grandes ténèbres du Calvaire, ils étaient là, « debout » comme dit l’Evangile, fermes dans leur foi (Jn 19,25-27).

En eux, la réalité du mystère d’Amour, si pleinement vécu jusqu’au terme avec Jésus-Christ, ne laissait pas de place au doute. Certes, ils ne savaient pas ce qui était encore un secret de Dieu, mais en eux l’espérance était vive de cette foi qui laisse toutes ses chances à l’Amour et donc à la Vie.

C’est ainsi que, crucifiés eux-mêmes dans leur cœur de chair avec Celui qu’ils aimaient, mais pleinement debout dans leur foi et leur espérance, Marie et Jean reçurent ensemble les dernières recommandations qui tombèrent pour eux des lèvres du  Fils de Dieu : « Femme, voici ton Fils... » « Fils, voici ta mère … ».

Le lien vital qu’à travers ces ultimes paroles Jésus venait de tisser publiquement entre Marie et Jean prend, au pied de la croix une immense signification.

Il nous fait entrevoir l’autre aspect, visible celui-ci, de la Vie qui doit demeurer. Par la consécration de cette première communauté d’amour réalisée entre sa mère et l’apôtre bien-aimé, le Christ venait de faire connaître le germe vivant de toute cellule d’Eglise.

C’est la fidélité de l’Eglise à ce principe de communauté d’amour qui ferait d’elle, fondée sur Pierre et les apôtres, le vivant prolongement de la vie du Christ au milieu des hommes, l’anticipation du Royaume.….

La fidélité inébranlable de l’Eglise à vivre Jésus-Christ, l’Amour incarné, dans la totalité du mystère de sa vie, tel est bien l’unique secret de la Pâque dont elle a la mission et la responsabilité d’être pour le monde, et jusqu’à la fin des temps, l’annonce vivante.

 ​​​​​​​​​            Marguerite Hoppenot, 1969
​​                             Cette vie qui m’est donnée 

​​​​​​​​La mort – la nôtre ou celle d’êtres aimés – ne pose-t-elle pas à chacun de nous cette question capitale :   fin ou commencement ? mort définitive ou résurrection ? néant ou ultime mutation de la vie ?