Nous allons maintenant rejoindre Jésus et l’accompagner douloureusement sur le chemin de son calvaire, celui où la brûlure de son amour et l’incandescence de sa lumière lui font connaître un désert de solitude…cette solitude essentielle que nous pouvons percevoir à travers l’expression spontanée, déchirante, de sa souffrance humaine, qu’Il livra en quelques mots : « Mon âme est triste à en mourir » (Mt 26,38).

« Pour Jésus-Christ, la mort à laquelle Il s’est soumis fut révélatrice de Dieu, l’Amour sans limites.

Au Calvaire, parvenu au sommet de sa double passion d’amour et de souffrance, devant la mort – qui n’était pas la volonté de Dieu, son Père, mais qui était dûe au rejet des hommes, notamment celui  du double pouvoir politique et ecclésiastique du temps, ce scandaleux refus de ceux qui « savaient » et auraient dû l’accueillir – Jésus-Christ subit une ultime tentation du Malin : « Si tu es le Fils de Dieu, prouve-le, sauve-toi toi-même ». Jésus-Christ ne voulut pas se soustraire à sa condition humaine, Il ne voulut pas accomplir le miracle qui l’aurait délivré de la mort et qui aurait aussitôt manifesté sa divinité aux yeux du monde.

 A l’heure ultime pour Jésus-Christ, il n’était plus question de Lui, pour Lui. Il n’était plus question que de son Père. Sa fidélité à son Père était d’achever sa mission destinée à révéler au monde l’identité de Dieu son Père : « Amour sans limites ».

Tel est l’ultime témoignage qu’au Calvaire Jésus devait et pouvait donner. Le témoignage de sa mort fut le message qu’Il donna pleinement pour être fidèle jusqu’au bout. C’est alors, qu’Il aima jusqu’à la fin. En rendant amour pour non amour, Il donna et redonna son par-don d’amour, par delà toute offense, toute lâcheté, tout abandon, toute trahison, toute persécution et cela jusque et au-delà de la mort.

 Jésus-Christ prouva ainsi que cet amour sans limites, impossible à l’homme seul, ne pouvait être que Dieu Vivant.

Entendons la suprême prière de Jésus-Christ en croix : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23,34). Ne leur enlève pas ton amour, Père, ne cesse jamais de croire en l’homme.

Cet amour sans limites, révélé en Jésus-Christ, par delà « l’impossible communion d’amour » m’apparaît la plus haute forme de l’amour à laquelle Jésus-Christ nous appelle. J’ose le nommer l’amour de Rédemption ».​​​​​​

Marguerite Hoppenot
​​                             Pèlerinage aux sources , 23 mars 1987

Cherchons  dans notre vie comment il a été possible de redonner amour pour non amour. L’unique question qui se pose à un être tout au long de sa vie est donc celle de l’amour. Aimes-tu au-delà… au delà… toujours au-delà ?